CHAPITRE DIXIÈME
se dérangeât pour eux. On' lui apportait de l'argent et les cadeaux affluaient chez lui. Il était libéral et généreux.
11 fut nommé cadi en l'année 904 (1498-1499). Il rendit bonne justice en toutes choses, se montrant énergique en faveur du droit et menaçant envers ceux qui avaient tort. Sa justice était célèbre au point qu'on ne lui connut point de rival sous ce rapport à cette époque. Il s'occupait aussi d'enseigner. Le droit dans sa bouche était chose douce et aisée, facile à comprendre, prompte à s'assimiler, et n'imposant aucune fatigue *. Nombre de gens profitèrent de ses leçons. La science , grâce à lui, vécut dans son pays ; les étudiants en droit devinrent plus nombreux ; beaucoup d'entre eux se distinguèrent dans cette étude et devinrent de vrais savants. Les ouvrages qu'il faisait surtout étudier étaient : la Modaouoiiana^ la Risdla\ le Mokhtasar de KheUI, YAlfiya^^ la Seldldjiya, Il fut le propagateur de l'ouvrage de Khelil au Soudan et couvrit son exemplaire d'annotations qu'un de ses élèves fit paraître, sous forme de commentaire, en deux volumes.
Il fit le pèlerinage de La Mecque en l'année 915 (1510), et fut en relations, au cours de ce voyage, avec des maîtres, tels que : Ibrahim-Kl-Moqadessi, le cheikh Zakariya, El- Qalqachandi (disciples de Ibn-Hadjar), les deux El-Laqqàni et autres. Là il fit apprécier ses mérites, puis il revint dans son pays où il s'appliqua à se rendre utile (^r^) et à faire triompher le droit. Sa vie fut longue et il connut à la fois les pères et les fils.
Il enseigna durant environ cinquante ans et ne s'arrêta qu'à sa mort survenue en 955 le jeudi soir, 16 du mois de ramadan (19 octobre 1548). H atteignit à un haut degré de gloire et jouit d'une très grande réputation. La renommée
1. La langue du droit musulman eslsouvent obscure pour les profanes.
2. La Risâla d'Abou-Zeïd-El-Qaïrouâni est un ouvrage de droit malékite très répandu.