‹ Tarikh es-SoudanChapitre 68 sur 405 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Ahmed-ben-Mohammed-ben-Said, fils de la fille du jurisconsulte Mahmoud-ben-'Omar. — Jurisconsulte, théologien, érudit et professeur, il assista une fois aux leçons de son grand-père sur la Risala et le Mokhtasar de Khelil. Il étudia sous d'autres maîtres le Mokhtasar et la Modaououana. La population profita de ses talents de l'année 960 (1553) jusqu'au moment de sa mort, survenue en moharrem, le premier mois de l'année 976 (juillet 1568).

Le jurisconsulte, notre maître Mohammed et son frère Ahmed également jurisconsulte. — Celui ci étudia sous la direction du précédent* la Mouatta^ la Modaououana^ le Mokhtasar de Khelil et d'autres ouvrages. Il est l'auteur d'une glose marginale sur Khelil où il s'occupe à la fois et de la forme et du fonds. Il naquit en 931 (1524-1525). Jel'ai connu étant tout jeune et ai assisté à son cours.

Mohammed-ben-Mahmoud-ben-Abou-Bekr, le Ouankori, le ïombouctien . — Il est plus connu sous le nom de Baghyo o [ba avec la voyelle «, ghàin avec le djezm^ y a avec la voyelle o et 'aiUi avec la voyelle o). Il fut notre maître et notre protecteur. Jurisconsulte, théologien, érudit, vertueux, pieux, dévot (li), il était une des meilleures créatures vertueuses de Dieu, un savant pratiquant, un homme empreint de bonté ; il était d'une loyauté parfaite, d'une nature pure. Il était tellement porté au bien et à croire que tout le monde était comme lui qu'il avait une excellente opinion des autres et qu'il les considérait, pour ainsi dire, comme étant ses égaux en bons sentiments et n'ayant aucune connaissance du mal.

Il s'occupait des affaires des autres, se nuisant au besoin pour leur rendre service. Il était indulgent pour leurs fai-

1. Cette notice est fort mal rédigée. Après avoir parlé des deux frères au début, on ne parle plus que d'un seul et le nom du personnage sous lequel l'auteur étudia n'est indiqué que par un pronom qui semble se rapporter au savant Ahmed dont la biographie seule est donnée.

blesses, cherchait à les mettre d'accord et les engageait à aimer la science, à suivre ses enseignements, à y employer tous leurs instants, à fréquenter les savants et à être d'uue docilité parfaite. Il prodiguait à tous ses livres les plus précieux, les plus rares et auxquels il tenait le plus; jamais il ne les réclamait ensuite, quelle que fût la science dont ils traitaient. Il perdit ainsi une grande quantité de ses livres (Dieu lui en sache gré !). Parfois un étudiant se présentait à sa porte et demandait un livre ; il le donnait sans même savoir à qui il avait affaire. C'était vraiment étonnant qu'il agît ainsi ; il le faisait pour être agréable à Dieu, malgré la passion qu'il avait pour les livres qu'il collectionnait avec ardeur soit en en achetant, soit en en faisant copier.

Un jour j'allai le trouver pour lui demander des ouvrages de grammaire. Il chercha dans sa bibliothèque et me donna tous ceux qu'il y put trouver. Il avait une grande patience pour enseigner ; il y consacrait tous les instants du jour et et quand il s'agissait de faire apprendre quelque chose d'utile à un bélitre, il ne se décourageait pas et ne se rebutait jamais. Les personnes présentes en étaient obsédées, mais lui n'y prenait point garde. C'était au point qu'un jour j'entendis un de nos condisciples, étonné de sa patience, dire : « Je crois que ce jurisconsulte a bu de l'eau de Zemzem ' pour n'être point rebuté de l'enseignement. » Cela ne l'empêchait pas de se consacrer aux actes de piété.

Il ne croyait pas à la mauvaise foi des gens et avait toujours bonne opinion des autres tant qu'ils n'avaient commis aucune faute et même s'ils avaient commis quelque faute. Il ne s'occupait que de ce qui le regardait et s'abstenait de prendre part aux bavardages ; il s'était drapé dans le plus

1. Les eaux du puits de Zemzem, puits situé dans l'enceinte du temple de La Mecque, passent pour avoir la puissance de guérir bien des maux et de donner nombre de vertus.

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