‹ Tarikh es-SoudanChapitre 69 sur 405 · CHAPITRE DIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIEME

magnifique manteau de la discrétion et de la réserve. Il tenait ferme en sa main le solide étendard de la continence. Calme et digne, d'une nature d'élite et d'une modestie qui rendait faciles les rapports avec lui, il avait séduit tous les cœurs. Tout le monde était unanime à faire de lui le plus grand cas. On ne voyait que gens épris de lui, le glorifiant et faisant sincèrement son éloge.

Sa longanimité était telle qu'il ne refusait jamais d'enseigner à un débutant ou à un esprit borné. Il passa toute sa vie à enseigner tout en s'occupant activement des affaires du peuple et des affaires des cadis. On n'aurait pu lui trouver un remplaçant ni rencontrer son pareil.

Le sultan lui offrit le gouvernement de son palais ' ; il refusa d'accepter l'offre qui lui était faite et la rejeta après avoir insisté auprès du prince (lo); il fut ainsi délivré par Dieu de ce souci.

Il s'adonna à renseignement surtout après la mort de Sidi Ahmed-ben-Mohammed-ben-Saï'd. Quand je le connus, il commençait ses cours aussitôt après la prière du matin et les continuait jusqu'au grand doha'^ en variant les sujets qu'il traitait. Alors il rentrait chez lui et y faisait la prière du doha\ puis, parfois, il allait alors chez le cadi s'occuper des affaires des gens ou les concilier entre eux . Après cela il continuait d'enseigner chez lui jusqu'à midi; il faisait la prière du dohor avec tous les fidèles et reprenait ses cours jusqu'à V'asr. Cette dernière prière faite, il se rendait dans un autre endroit pour enseigner de nouveau jusqu'au crépuscule ou à peu de chose près jusqu'à ce moment. Après le maghreb^ il ensei-

1. Lesmss. A et B donnent H^ qui signifie « armée ». Il ne serait pas impossible d'ailleurs que le prince eût songé à lui confier le commandement de ses troupes; on sait que le cadi Asad dirigea une expédition en Sicile. Le ms. G écrit Jaï» et le sens serait alors de « palais » ; celte dernière leçon est plus probable que la première.

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