CHAPITRE DIXIÈME
nous le jour de notre malheur *. Ce fut la dernière fois que je le vis. Plus tard j'appris qu'il était mort un vendredi de chaououal de l'année 1002 (juin-juillet 1593); il était né, m'avait-il dit, en 930 (lo24). Il est l'auteur de notes et de gloses marginales dans lesquelles il a appelé l'attention sur (£ V') les erreurs commises par les commentateurs de Khelil et autres ; il avait relevé une à une toutes les erreurs contenues dans le grand commentaire de Et-Tataï, et provenant soit de la rédaction de l'auteur, soit de ses citations. Ce travail extrêmement utile je l'ai condensé dans un de mes opuscules (Dieu fasse miséricorde à ce maître !). Ici finit l'extrait que je donne du Edz-Dzil-,
Un des seigneurs des gens de Sankoré, — le fait a été transmis de source sûre, — avait versé une aumône de 1000 mitsqals d'or entre les mains du cheikh, du jurisconsulte, le vertueux Abou-Abdallah. c'est-à-dire le cadi Moaddib-Mohammed-El-Kâbari ; celui-ci la distribua aux pauvres à la porte de la mosquée de Sankoré. Voici ce qui s'était passé : La famine avait éclaté à ce moment-là. Le cheikh parlant un jour dans sa medrasa dit : « Quiconque fera l'aumône de 1000 mitsqals, je me charge de lui procurer le paradis. » Ce fut alors que le généreux personnage en question donna cette somme qui fut répartie entre les pauvres. On assure que plus tard le cheikh vit en songe quelqu'un qui lui dit : « A l'avenir ne prends plus d'engagements en notre nom. »
Comme le saint, l'ascète, le jurisconsulte Abderrahman, fils du jurisconsulte Mahmoud, racontait l'aventure précédente pendant son cours qui se faisait à la mosquée, on raconte qu'un homme lui dit : « 0 monseigneur, croyez-vous
1. Le jour de la prise de Tombouclou parles troupes marocaines sous la conduite de Djouder.