‹ Tarikh es-SoudanChapitre 78 sur 405 · CHAPITRE DIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIEME

Les personnes qui le visitaient le plus souvent étaient les gens du Makhzen^les pachas, des personnages de moindre importance et des voyageurs de passage ; ils lui faisaient ces visites à cause de ses nombreuses bénédictions.

Tantôt il était expansif, tantôt, au contraire, il était concentré. Dans ses moments d'expansion il racontait à ceux qui l'entouraient des histoires singulières ou merveilleuses ; il riait tout le premier de ses récits. Parfois, au moment où il riait, il frappait de sa main bénie la main de son interlocuteur et mettait sa main gauche sur sa bouche. Il me frappa ainsi souvent sur la main. Lorsque, au contraire, il était concentré il ne racontait rien et se contentait de répondre à celui qui lui parlait. Dans ces moments ce que je lui ai entendu dire le plus souvent, c'étaient ces phrases : « Ce que Dieu veut sera ; ce qu'il ne veut pas ne sera pas. » Ou encore : « Dieu est mon appui et il me suffît » ^ que Dieu exauce qui l'implore », « il n'y a rien au-delà de Dieu » . Si quelqu'un, ayant éprouvé quelque malheur, lui demandait de réciter la Fatiha", il étendait ses deux mains bénies et après avoirdit la formule d'exorcisme' et le bismillah^il disait : Ya sin, etc.^ ; ô le plus clément des cléments, ô le plus clément des cléments, ô le plus clément des cléments. Ensuite il récitait la Fatiha trois fois et faisait trois fois l'invocation suivante : Que Dieu nous améliore ainsi que vous, qu'il rétabUsse nos affaires et les vôtres (ot), qu'il nous assure à vous et à nous une fin calme et heureuse.

Ce ne fut que vers la fin de sa vie, lorsque le moment

1. Le mol « Makhzen « s'emploie au Maroc et au Soudan pour désigner le gouvernement ou la cour du souverain. ^

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