XII INTRODUCTION
férence de style entre la première et la seconde partie qui elle n'est bien sûrement pas de Ahmed-Baba puisqu'elle est en grande partie postérieure à sa mort. Partout on retrouve les mêmes incorrections grammaticales, les mêmes locutions qui n'appartiennent qu'à la langue parlée et qui n'existent point dans le dictionnaire biographique écrit par Ahmed-Baba et dont nous possédons des copies. Enfin il n'est même pas prouvé que Ahmed-Baba ait fait une histoire du Soudan.
Tout ceci, bien entendu, n'implique pas que Es- Sa'di n'ait point pris dans d'autres ouvrages les matériaux de sa première partie; ce que nous ignorons c'est dans quelle mesure il se les est appropriés, in extenso ou en résumé. Il était impossible d'ailleurs qu'il agît autrement : l'histoire ne s'invente pas et il est de toute nécessité, pour les faits qui lui sont antérieurs, que l'historien les emprunte à d'autres travaux ou à des récits transmis par la tradition. Il lui est loisible de les présenter sous une forme nouvelle, mais il lui est interdit de rien changer au fond, à moins d'apporter des preuves certaines à l'appui de ses dires.
Es-Sa'di fournit au cours de son ouvrage les seuls renseignements biographiques que l'on possède sur son compte jusqu'à ce jour. Il suffira donc de les résumer ici puisqu'on les trouvera plus loin.
Son nom complet était : Abderrahman-ben-Abdallah-ben-'ImrAn-ben-'Amir auquel s'ajoutait l'ethnique Es-Sa'di ou Es-SA'îdi, cette dernière orthographe moins