INTRODUCTION XIII
fréquente que la première. Dans la série des ancêtres qu'il énumère on ne trouve que des noms arabes; on n'en doit pas conclure cependant d'une façon affirmative qu'il fût de race arabe pure, car les musulmans d'origine berbère ou autre cherchentvolontiers à s'anoblir en arrêtant ainsi à temps leur généalogie, en sorte qu'elle ne contienne aucun nom étranger. L'ethnique Es-Sa'di, s'il est exact, en ferait un descendant de la tribu des Benou Sa'd à laquelle appartenait le nourrice du Prophète et l'apparenterait en outre aux princes saadiens qui ont régné au Maroc.
Quoi qu'il en soit, Es-Sa'di appartenait a une famille honorable de Tombouctou et c'est dans cette ville qu'il est né pendant la nuit du 28 mai 1596. Chargé d'abord des fonctions de notaire à Dieniîé, il cumula cette charge avec celle d'imam de la mosquée de Sankoré, comme suppléant d'abord , puis comme titulaire en 1 627. Dix ans plus tard, il fut révoqué de cette fonction d'imam et il revint alors à Tombouctou où, peu de temps après son arrivée, il fut nommé imam dans cette ville. Enfin il reçut plus tard le titre de kâteb^ ou secrétaire du gouvernement, en récompense des services qu'il avait rendus. En effet, dès 1629, on le voit prendre une part directe aux affaires de son pays et jouer fréquemment le rôle de médiateur auprès de divers princes du Soudan. Ce fut probablement à cette occasion qu'il conçut le projet d'écrire une histoire qui permît de rattacher les événements actuels à ceux du passé.
Il avait d'abord arrêté son ouvrage à la date du