CHAPITRE DOUZIEME
de Bergou', mais il ne put y parvenir. Sa dernière expédition fut dirigée contre le pays de Gourma^
Aussitôt que Sonni-'Ali fut investi de l'autorité souveraine, le Tombouctou-Koï, le cheikh Mohammed-Naddi, lui adressa une lettre de vœux et de salutations. Dans cette lettre il demandait au prince de ne pas lui enlever son argent, car il se considérait lui-même comme un des membres de la famille du prince \
A sa mort, le cheikh fut remplacé dans ses fonctions par son fils Omar. Celui-ci écrivit à son tour une lettre qui était tout l'opposé de celle que son père avait adressée au prince. Dans cette lettre, en effet, il disait que son père avait quitté ce monde sans posséder autre chose que deux pièces d'étoffe de lin. Quant à lui, ajoutait-il, il avait de nombreuses forces à sa disposition (lo) et tous ceux qui voudraient lui faire obstacle verraient quelles étaient ces forces. En recevant cette lettre, Sonui-'Ali dit à ses compagnons : « Quelle difTérence entre l'esprit de ce jeune homme et celui de son père! L'écart qui se manifeste entre leurs discours est égal à celui qui existe entre leurs esprits. »
Sonni-'Ali entra à Tombouctou le 4 ou le 5 du mois de redjeb de Tannée 873 (29 ou 30 janvier 1468), la quatrième ou la cinquième année de son avènement au trône. Il exerça dans cette ville de grands, d'immenses et terribles ravages; il l'incendia, la ruina et fît périr un grand nombre de personnes.
Dès que Akil avait entendu parler de la venue de Sonni-