‹ Tarikh es-SoudanChapitre 96 sur 405 · Ou Berkou · texte numérisé non relu

Ou Berkou

2. Ou « Korma ». Il s'agit ici sans doute du pays de Gourraa qui se trouve dans la boucle du Niger.

3. J'ai adopté la leçon du ms. G qui remplace ^Ilj par 4IU. Il est impossible de conserver la leçon du texte imprimé, même en supposant que le cheikh demandait à ne pas envoyer ses enfants comme otages à la cour parce qu'il se considérait comme appartenant à la famille du prince.

'Ali, il avait fait venir mille chameaux et, emmenant avec lui les jurisconsultes de Sankoré, car leur sort était ce qui le préoccupait le plus, il était parti pour Biro. De cet exode faisaient partie le jurisconsulte 'Omar-ben-Mohammed-Aqît, et ses trois enfants bénis : le jurisconsulte Abdallah, le jurisconsulte Ahmed qui était Taîné des trois, et le jurisconsulte Mahmoud qui était le moins âgé. Ce dernier, à cette époque, était un enfant de cinq ans, incapable aussi bien de se tenir sur une monture que de marcher à pied. Il fallut le porter sur les épaules et ce fut le grand-père de Makkanki, un de leurs esclaves, qui eut la charge de ce fardeau jusqu'à l'arrivée à Biro. Dans le groupe de ceux qui firent ce voyage se trouvait l'oncle maternel de ces jeunes gens, le jurisconsulte El-Mokhtâr, le grammairien, fds du jurisconsulte Anda-Ag-Mohammed qui connu! l'imam Ez-Zemmouri (Dieu lui fasse miséricorde!) à Biro et obtint de lui le diplôme pour l'enseignement du livre de Ech-Chifa du cadi lyâd (Dieu lui fasse miséricorde!).

Le jour du départ, on vit des hommes d âge mûr, tout barbus, trembler de frayeur quand il s'agissait d'enfourcher un chameau, et tomber ensuite à terre aussitôt que l'animal se relevait. C'est que nos vertueux ancêtres gardaient leurs enfants dans leur giron, en sorte que ces enfants grandissaient sans rien savoir des choses de la vie, parce que, étant jeunes, ils n'avaient jamais joué. Or, le jeu à ce moment, forme l'homme et lui apprend un très grand nombre de choses. Les parents regrettèrent alors d'avoir agi ainsi et lorsqu'ils furent de retour à Tombouctou, ils laissèrent à leurs enfants le temps de jouer et se relâchèrent de la contrainte qu'ils leur avaient imposée.

Le tyran, le libertin \ s'empressa de faire périr ou d'hn-

\. L'auteur emploie souvent ces deux épithètes pour désigner Sonni-'Ali.

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