CHAPITRE DOUZIÈME
milier tous les savants qui étaient restés à Tombouctou. Il donna pour prétexte qu'ils étaient les amis des Touareg, leurs courtisans, et que c'était pour cela qu'il était irrité contre eux. Il fit emprisonner la mère du jurisconsulte Mohammed qui était Sata\ la fille de Anda-Ag-Mohammed ('^'v), et il fit mettre à mort les deux frères de cette dame, le jurisconsulte Mahmoud et le jurisconsulte Ahmed, tous deux fils du jurisconsulte Anda-Ag-Mohammed. Bref, il ne cessa d'infliger misères sur misères, humiliations sur humiliations à tous les savants (Dieu nous préserve d'un pareil sort!).
Un jour il donna l'ordre de lui amener, pour en faire ses concubines, trente vierges, filles de savants. Il se trouvait alors au port de Kabara et voulut que ces jeunes filles fissent la route à pied. Elles partirent donc, sortant pour la première fois du gynécée ^ Un serviteur du prince les accompagnait; il les fit marcher jusqu'à ce que, arrivées à un certain endroit, elles furent absolument incapables d'aller plus loin. Le serviteur en avisa le prince qui ordonna de les mettre à mort toutes, ce qui fut fait fie Ciel nous préserve!). L'endroit où elles s'étaient arrêtées est situé à l'ouest et tout près d'Amadagha et s'appelle : Fina qadar el-ahkdr^ .
Après le départ des savants pour Biro, Sonni-Wli investit" des fonctions de cadi le jurisconsulte, le cadi Habib, petitfils du seyyid 'Abderrahmàn-Et-Temîrai, et il eut les phis grands égards pour le cousin paternel de ce cadi, El-Mamoun, père de 'Ammâr-Ida-El-Mamoun. C'était au point qu'il ne l'appelait que « mon père »*. Aussi, quand le prince