TARKU. LE DIEU ET SON HIÉROGLYPHE
Aucune reproduction figurée ne nous permet actuellement de décrire la physionomie de Turku. L’archéologie nous fournit, il est vrai, une assez abondante collection de portraits représentant des dieux asianiques . Nulle part, cependant, nous n'avons pu trouver une image pourvue d’une légende explicative portant son nom en caractères connus et nous ne sommes, d’autre part, pas encore assez avancés dans le déchiffrement des hiéroglyphes cappadociens pour pouvoir procéder à des identifications excluant tout arbitraire (*). Force nous est donc d’avoir recours à une méthodes indirecte, qui nous parait, d’ailleurs, donner à notre enquête une base de départ suffisamment solide. Au reste, chemin faisant, si cette base est saine, nous ne pourrons manquer de voir des confirmations venir corroborer ces inductions initiales, trop vraiseMblables pour n’être pas justifiées, |
Comme on le sait déjà depuis longtemps, les religions asianiques procèdent d'un fond théo-cosmologique commun qui se retrouve chez toutes sans divergences bien notables et qui permet de les reconnaitre au premier coup d'œil,
La croyance à laquelle nous faisons allusion ici consiste dans l’interprétation religieuse que les peuples de la péninsule se sont donnée du phénomène régulier des saisons et de la fécondité terrestre annuelle-qui en est la conséquence normale.
Tous ont admis que, pour subsister et pour se propager, la vie universelle avait besoin de l’union périodique d’un couple suprême : dieu
(1) Lidsntiécation suggérée par E. MExeR, Reichu, Kultur der Chetiter (p. 134), n’est certainement pas exacte ; l’hiéroglyphe exprimant le nom divin diffère, en tous cas, entièrement de celui exprimant Tarku sur la bosse de Tarkondemos.
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générateur ayant pour arme et pour emblème la foudre-trident (:) ou hache bipenne (2); déesse mère incarnant la fécondité, dame de la nature et des animaux sauvages, symbole éternel de toute féminité. Du mâle divin elle est tantôt la mère, tantôt la sœur, ou l’amante ou l'épouse, suivant les temps ou les lieux et selon les combinaisons, plus ou moins savantes, des écoles sacerdotales (3). Le dogme central, toutefois, reste parfaitement net et absolument constant : pour qu’il y ait production il faut qu'il y ait copulation des deux puissances, auteurs et soutiens nécessaires de toute l'existence ici-bas.
Cette doctrine, dans sa simplicité, ne manque pas de grandeur et nous ne savons pas beaucoup d’anciennes philosophies de la nature ayant
résolu d’une façon aussi élégante, aussi large, le problème de la naissance
et de la mort qui se trouve placé à la base de toutes nos spéculations.
La consommation de ce mariage a lieu, dans le principe(+), au sommet des montagnes et le choix de cet emplacement s'explique assez naturellement si l’on songe au type agreste des deux époux. En outre, c’est sur les cimes inaccessibles que la nuée fulgurante entre d’abord en contact avec le sol qu’elle pénètre de l’ondée nourricière. C’est de là que ruisseaux et torrents dévalent vers la plaine où ils apportent fraicheur et prospérité. C'est là, enfin, que l’accouplement bienfaisant peut s’effectuer dans les conditions de mystère indispensables aux majestés immortelles non moins qu'à l’accomplissement d’un acte dont l’importance cosmique est absolument primordiale.
(1) Je serais, pour ma part, plutôt porté à considérer le soi-disant #rident comme une suyüvn (ou ot60vn, fin, suBivn, Enfivn, suyivn ; voir les variantes dans le Thesaurus), qui est une arme de jet rotyhuwyts, particulièrement propre à symboliser la foudre. Cette arme est d’origine médo-cappadocienne. Cf. G. CoLonna-CEccaLDr, Monuments antiques de Chypre, de Syrie et d'Égypte, Paris, 1882, qui a réuni les principaux textes concefnant cet ustensile.
(2) Pour la diffusion de cet emblème, cf. A. B. Cook, The Cretan Axe-Cult outside .
Crete, 3e Congr. intern. d’hist. des relig., Oxford, 1908, II, p. 184. Du même : Zeus (vol. I), Cambridge, 1914, chap. II ; PERCY A. NEWBERRY, À bird cult. of the Old Kingdom (Annal. d'Arch. et d’Anthrop. de Liverpool, II, p. 49).
(3) En ce qui concerne, par ex., Tammouz et I$tar, cf. Sr. LANGDON, op. cit. Chap. I.
(4) La propagation de cette religion en des pays de plaines, soumis à une inondation annuelle est, naturellement, susceptible d’altérer ce trait originel. Le fait paraît s’être produit notamment en Mésopotamie où la bipenne, toutefois, continue à figurer dans le culte commeemblème sacré (cf. ST. LANGDON, op. cit., p. 36 et 79, et pl. I). Cecitsuffit à montrer, toutefois, la connexion de Tammouz avec le grand dieu de la côte mysocaro-lydienne. Mention paraît également être faite de la double hache dans M. JAsTRow ET À. T. CLay, An Old Babylonian version of the Gilgamesh epic, New Haven 1920 (Yale Orient. ser., vol. IV, 3), p. 63, L. 31: ÿa-as-si-nu-um-ma ÿäni bu-nu-$i (remarque orale du P. SCHEIL).
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Depuis les époques les plus lointaines accessibles jusqu’à l'ère chrétienne cette conception a prévalu en Asie Mineure sans altérations bien sensibles. |
La littérature religieuse sumérienne, malheureusement moins ancienne que les documents d'ordre économique, nous la montre déjà constituée vers 2500 avant J.-C. Mais, en fait, elle est certainement bien antérieure et l’on ne se tromperait, assurément, pas beaucoup, en évaluant son antiquité au 4° ou au 5° millénaire avant notre ère, car elle apparaît manifestement comme étant la doctrine fondamentale sur laquelle s’est ensuite édifiée toute la théologie postérieure — superstitions locales mises à part, bien entendu. |
« Tammouz, seigneur, seigneur, pasteur du ciel, fils d'Éa tu es.
Époux d’Istar l'épouse, bouc conducteur du pays.
Revêtu de la ceinture, portant la houlette du pasteur.
Créant la semence du bétail, seigneur des étables. .. (*).
O seigneur, tu contenteras mon cœur. La bêche ne travaille point et les greniers seront comblés (2).
L’époux sacré de la céleste reine... est descendu...
Là ou l’herbe manquait, là l'herbe est broutée.
Là où l’eau manquait, là l’eau est bue.
Là où les parcs à bétail manquaient, là les parcs sont construits...
Les figues ont poussé charnues... » (3).
En Cappadoce, tout texte parallèle fait encore défaut, bien que l’on doive aujourd’hui s'attendre à en voir apparaître d’un moment à l’autre (+).
(1) S. LANGDON, op. cit., p. 35.
« Tammuz lord, lord, shepherd of Heaven, son or Ea thou art.
Husband of Ishtar the bride, leading goat of the land. Clothed in the girdle-band, bearing the shepherds staff. Creating the seed of cattle, lord of the stalls. »
Un autre hymne (p. 22) l'appelle « Seigneur des chèvres sauvages ».
(2) Ibid., p. 32. « O lord, my heart thou wilt make glad.
The spade labours not, and the granaries shall be heaped. »
(3) Zbid., p. 23. « The holy husband of the heavenly queen... descended …
Where grass was not, there grass is eaten.
Where water was not, water is drunk.
Where the cattle sheds were not, cattle sheds are built. .…. The figs grew large ;..., »
(4) Cette civilisation possède, entre autres caractères, celui d’avoir été foncièrement religieuse, Ceci s’entrevoit déjà dansles textes cunéiformes en langage d’Anatolie publiés par le British Museum (cf. Hittite texis in the cuneiform character from the British Museum, Londres, 1920) qui renferment une proportion importante de vestiges d'ordre rituel et
Mais nous n’en sommes pas, pour cela, dans l'incertitude, car la procession solennelle qu’un grand artiste a conçue et sculptée sur les parois rocheuses de Yazili-Kaïa fournit, à cet égard, toutes les précisions désirables.
liturgique. Une confirmation curieuse de ce fait se trouve dans l'Odyssée, X, 302 et seq. à propos du uv. De cette plante, aux vertus magiques, le poète dit, en effet (v. 305): uéhu Dé puv xæhéouat Dent... Or Dioscoride, qui était originaire d’Anazarbe (Cilicie), rapporte que ce vocable était un mot cappadocien : Kaæhoÿot Dé rives rnyavoy &yprov xat ro dy + Karradoxia xa ro èv 79 xarù thv Acta l'ahatig keyépevoy ph... Kahodar dé rives
# s r / sx à Al x 4 adro dpuaha, Eüpor Enousä,.… Karraddnar dè pô, nel xatarosov qufet Thv RpÔS TO :
uélu éppéperav,..… (Dioscoripr, édit. C. G. Küan, 2 vol., Leipzig, 1829-30, t. I, liv. III, ch. xLvI (Lu); le même terme p&kv désignait, suivant l’auteur (III, ch. xxI (xx1v) l'épéyyrov, autre « simple » cappadocien. De cette constatation, l’on peut tirer avec certitude plusieurs conclusions intéressantes. La première, qu’a déjà fort judicieusement déduite M. F. Cumont (Textes et monum. fig. relatifs aux mystères de Mithra, I, p. 33), que ce sont « les doctrines des mages de Cappadoce dont ce mot atteste l'existence dans l'horizon homérique au temps de la composition de l'Odyssée, dans le milieu des aèdes ». La présence de Mithra dans le monde mitannien d’une part, d’autre part, le frappant parallélisme existant entre les noms propres mitanniens et l’onomastique grecque « héroïque » (voir plus loin à ce sujet) rendent cette inférence des plus légitimes. Mais ce n’est pas tout. Puisque u&@Av est un mot cappadocien et que, suivant Homère, c'est également un vocable de la langue des dieux, il s'ensuit nécessairement que les dieux parlaient une langue cappadocienne. Ceci nous fixe déjà sur leur origine immédiate et c'est un fait dont les conséquences, tant pour l’histoire que pour la philologie, sont importantes. L’on en peut, en outre conclure à la présence dans la religion anatolienne de ce même élément enthousiaste et orgiastique que l’on retrouve dans la religion de Tamimouz, du Zeus crétois, d’Adonis, de Dionysos. Strabon à propos du temple d’Artémis Sarpédonia en Cilicie, note que: tobs… yensmobs Évbeor rpofeoriTouoty (XIV, c. 676). Suivant de LAGARDE, en effet (4bh., p. 173 et seq.), le Haoma est rendu dans le de Iside et Iside (ch. 46) non par son nom iranien, mais par u@Av (Didot écrit "Ouopu) ; en Lydien pühaëË, visiblement dérivé du même thème avec suffixe -ax (qui rappelle le suffixe étrusque -ay), signifie oïvas (HÉSYCHIUS, s. v.). Or, le vin, à raison de son caractère originairement religieux et sacré, est, lui aussi, un ancien haoma, et ses vertus enlhousiastiques et prophétiques justifient amplement cette assimilation (cf. par ex. le fragment d'Euripide cité plus bas); cf. aussi l’Ion de Platon (V). Soma Haoma se rattachent, d'ailleurs, l’un et l’autre à la V sav/hau = pressurer, terme qui n’a rien de limitatif et qui peut s'appliquer à toute liqueur fermentescible obtenue par pressurage. Notons, en outre, que u&@haë a un sens religieux, Suivant Hésychius, c’est : ra év rois Gpxiois oxevdopevoy [eidos otvou scil.]. Ce n’est, d’ailleurs, pas le seul mot cappadocien que nous retrouverons dans le vocabulaire cultuel grec ; citons encore ayfpasia, désignant une plante médicale à baies — appelée aussi 6crevs — en Cappadoce (cf, Dioscoripe, 1. IIT, chap. cxx [cxxx]) : Botpus rôa éatey On pnAlvn,.……… rai radrny aufpasiav Karradozat xahobar,..... confirmé par chap. cxix (cxxIX) du même livre, Nous voici donc renseignés sur la nationalité de mots helléniques anciens et importants, restés jusqu'ici sans étymologie, Nous pouvons, du même coup, conclure que 4ahale, nom de l'oiseau xépuvèts dans la langue des dieux (IL1ADE, XIV, 291), est, lui aussi, un mot cappadocien. Il en résulte que
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Voici comme la décrit l’un des derniers ouvrages consacrés au monde anatolien (*) :
« En tête du cortège des déesses s’avance, pleine de majesté, une imposante figure qu’une panthère, qui chemine sur des cimes, porte sur son dos... L’animal ralentit déjà sa marche, car le dieu se dispose à rencontrer la déesse... Quant à celle-ci, elle n’est autre que la divinité que nous retrouverons plus tard comme souveraine de la presqu'île. C’est la grande déesse-terre, celle qui se plaît à parcourir les sommets montagneux et qui règne sur les bètes des bois. Sur sa tête est posée la couronne murale. À sa suite, cortège enflammé, la troupe des Corybantes Ja célèbre dans l'orgie, au son des tambourins et des armes entrechoquées. C’est la Grande Mère des dieux de lIda, de Dindymos, de Pessinonte : Cybèle, Agdistis, Ma, Ammas, la Rhéa crétoise, l’Artémis d’Éphèse..... Puis vient.... son fils (2), probablement, le dieu Teëup, seigneur de l'orage, monté, lui aussi, sur une panthère que des crêtes supportent. Au-devant de la déesse le dieu suprême arrive... ; dans sa main droite il tient le sceptre; sur sa hanche son glaive est campé... C’est le grand dieu de l'Asie Mineure; celui dont le sculpteur, auteur de la scène, a
. voulu représenter les épousailles avec la déesse-terre. Nous avons devant les yeux la grande fête du printemps qui, partout dans la péninsule, se célèbre au moment de l’éveil de la végétation. A cette cérémonie, fait pendant celle, non moins tumultueuse, qui correspond à la mort du feuillage. L’on sait quelle place importante ces cultes étranges ont occupée dans la religion de ces contrées ; l'effort dépensé-par les fidèles pour s'associer aux destinées de ces dieux, pour participer à leurs vertus, pour partager leurs souffrances. Et cette recherche ira même jusqu’à provoquer l’inversion des sexes (5). »
ALahx6s, dérivé en -0$ du même thème, provient également du même stock. C’est donc par l'intermédiaire de Cappadociens que les Grecs ont connu l’airain. Métaux et culte; ce sont là des influences civilisatrices capitales. Ajoutons y puods = TT — huräsu, sans étymologie, ni en Grec, ni en sémitique, qui reparaît dans le Mitannien Harubba (MEs- SERSCHMIDT, Mitth. Vorderas. Gesellsch., 1899.4 ; lexique, s. v.). Ce seul emprunt symbolise l’action économique et politique du monde asianique sur le monde grec,
(1) E. MEYER, Reich u, Kultur der Chetiter, p. 88 et seq:
(2) Le dieu s’est dédoublé ici en hypostases distinctes. Le caractère confédératif du gouvernement cappadocien et l'existence d’un panthéon officiel — œuvre nécessairement diplomatique et factice — dont l'équivalent se retrouve dans le monde romain, justifient amplement cet accident. L'unité du système primitif n’en est, néanmoins, nullement compromise. Cf. p. ex, E. DurknerM, Les formes élémentaires de la vie religieuse, Paris,
1912, p. 409 et seq.
(3) Semblables à çes êtres fotaux, résultant de l’adjonction permanente de deux per-
Si la comparaison des textes liturgiques n'est pas encore praticable, les formules théologiques, on le voit, se superposent exactement.
Il en va de même dans toute la région côtière, depuis Canaan jusqu’en Troade et sur les rives du Pont. Aux pieds du Taurus, le Sandan de Tarse n’aura ni d'autre caractère ni d’autre fonction que celle du dieu suprême d’Anatolie (*). Etce parallélisme s'explique, d’ailleurs, aisément par lés rapports anciens et intimes que cette avant-garde asianique a conservés avec la souche ancienne demeurée dans le haut pays (2).
En Carie-Mysie-Lydie, les Zeus de Labranda (5), Osogo (+), Karios (5), simples variantes paroissiales et tribales d’un original qui ne change point; le Teëub ou Teisbas de Mitanni (%), de l’'Urartu ; le Sabazios phrygien ; le Zeus Dolichenos de Commagène ; sans compter d’innombrables incarnations citadines et locales dont la multiplication s'est trouvée favorisée par la longue période féodale qui a précédé la constitution des unités poli-
sonnalités qui se complètent, dont le banquet de Platon a évoqué l’image (x1v etseq.), ces deux divinités ne sont parfaites, au p. de.vue cosmique, que lorsqu'elles sont unies. De là leur tendance à prendre des attributs inverses à ceux de leur sexe. Cf. P. FoucaT, Le Zeus stratios de Labranda, Mon. Piot, t. XVIII, me; cf. également un exemple bien caractéristique dans E. MEYER, op. cit., p. 139. De la conception à la génération, il n’y a, d’ailleurs, au point de vue théologique, qu’un écart très faible.
(x) L'opinion de JENSEN, Hittiter u. Armenier, 1898, p. 175, me paraît, à cet égard, très fondée. Comme on le sait à côté de la forme Xavydns (aussi Edyôaxoc, Edvdwv, Eévdavos) se trouve également une forme dialectale Zépdwv (STOBÉE, Floril., VII, 65). Cette substitution de l’r à l’n se retrouve dans la phonétique étrusque : cf. Méuvov = memrum ; "Ayauéuvwy = aymemrum (cf. PONTRANDOLFI, Gli Etruschi e la loro lingua, Firenze, 1909, p. 129). De Sandan le Surdus pater a, dès lors, bien des chances de n'être qu’une réplique, de même que Zréptwv, frère du Carien Phoroneus (PsaUsANIAS, II, 16, 4), ancêtre du fondateur de Mycène (St. Byz. s. p. Muxävar) (cf. la graphie lydienne de Sardes — 49A83 = 7720 dans le bilingue araméo-lydien publié par E. LITTMANN, Sardis). Les traditions légendaires relatives à AGpos indiquent, d’ailleurs, la présence dans le monde dorien d’un élément oriental, auquel le livre des Macchabées fait également allusion, comme on le sait.
(2) Cf. p. ex. le mariage de Pixodaros de Carie avec la Cappadocienne Aphnéis (STRA- BON, XIV, c. 657).
(3) Cf. ELIEN, N. A., XII, 30. Zebs 0è Aabpavdebs Üous Adépw xtA. Cf. MONUMENTS Prior, t. XVII, 2, p. 46, fig. 1. Cf. Catal. of greek coins (Caria), p. 99, n° 3; 185,n05.
(4) Ce Zeus, lui aussi, est manifestement gardien du trésor des eaux. Cf. PAUSANIAS, VIII, 10, 4.
(5) Cf. Catalogue of Greek Coins (Caria), p. 25, note ; 99, n° 1, 2; une monnaie de Ceramos (ibid.), p. 78, n° 8, représente l’un des types du Zeus carien suivi d’un capridé.
L'origine anatolienne de la labrys paraît résulter, comme l’a indiqué M. P. Foucart (op.
cit., p. 153), de la tradition rapportée par PLUTARQUE, Quaest. gr., 45. (6) Apparaît comme élément formatif de noms propres dès la première dynastie à Babylone (TeSup-ari, A. UNGNAD, Vorderrsiat. Ichriftdenkmäler, VII. 72: 10).
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tiques importantes ; ce sont là autant de répliques, multiples en apparence, mais ne différant guère, en réalité, que par le nom ou par des attributs visiblement secondaires, du même éternel personnage. Partout, le complétant, apparaît sa parèdre, collaboratrice indispensable au mystère de vie annuel.
Homère, du reste, ne s’y est point trompé.
Lorsqu'il a voulu nous décrire, en un tableau voluptueux et brillant, le retour du printemps en cette terre troyenne qui incarne la fortune des peuples asianiques et sur laquelle se décident leurs destinées, il a fait descendre au sommet de l’Ida, riche en sources, le nuage épais ou le dieu se dissimule pour aimer. Les époux s'unissent, conformément au rite antique et, sitôt après, la terre fleurit, fécondée (").
Dans toutes les régions où l’influence asianique a laissé une trace durable et profonde attestée soit par l’histoire soit par la tradition, le même culte reparait, quelquefois plus ou moins altéré par des circonstances locales, bien reconnaissable, néanmoins (?).
En Crète, l'archéologie (3), commentée par Euripide (+), nous l’a révélé de la manière la plus certaine :
& Dahauevpx Kovorruv Cabeot re Koñtac
(1) Iliade, XIV, 312-349.
(2) FRAZER a, dès longtemps, signalé la parenté du culte d’Osiris avec l’Asie Mineure, auquel sa légende le rattache, d’ailleurs (cf. son Adonis, Attis, Osiris). Il serait, croyonsnous, possible de pousser la démonstration plus à fond.
(3) Voir le passage dE. MEYER, cité supra, et D. FIMMEN, Die Krelisch-mykenische Kultur, Leipzig, 1921, ainsi que les ouvrages de Cook précités.
(4) Bacchantes, v, 120-144 (édit. N. WEcKkLEIN ?, Leipzig, 1880).
O retraite des Courètes; saintes grottes crétoises où Zeus a vu le jour ; cavernes sacrées où, coiffés de leur casque à triple cimier, en mon honneur les Corybantes ont inventé
ce tambourin; unissant, pour célébrer Bacchus, son rythme aux doux appels de flûtes
phrygiennes, ils l'ont déposé entre les mains de ma mère Rhéa, pour scander les « évohé » des Bacchantes. Mais les satyres en folie l’ont obtenu de la déesse et associé à leurs danses triétérides, auxquelles se plait Dionysos. Ah ! que Bacchus est beau, dans la montagne, quand, du milieu des thiases courants, ilse jette à terre, vêtu de la sainte nébride. Chasseur avide du sang des boucs, mangeur de chair crue, il s'emporte jusqu'aux cîimes phrygiennes, aux monts de Lydie. En tête du chœur, voici Bromios ; évohé ! Flots de lait dans la plaine, flots de vin, flots du nectar des abeilles, etc.
Comment et pourquoi le nom du grand dieu cananéen 117, nt, 1, qui n’a pas en sémitique de sens raisonnable (cf. les tentatives malheureuses de la Bible pour en rendre raison; cf. également les remarques toutes récentes de FRDR. DeLrrzscx, Die Grosse Tüuschung, Stuttgart-Berlin, 1921, 2e partie, pp. 74-75 à ce sujet) se rattache originellement au même ensemble théologique c’est ce que je me réserve de démontrer, le moment
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venu, d’une manière complète. Je tiens, toutefois, à signaler d’ores et déjà l’équivalence de” nn, 19, Vr'avec Maoväs et Koëpos dans le sens de jeune homme, homme jeune, dans le
monde aryen. Cf. le védique yah-vé (nominatif yabuds, forme de visarga yahväh), variante
morphologique de yahü = jeune. Cf. la formule R. V., VIIL, 60, 13 sdhaso yahds, qui core respond exactement à sdhaso yüvan R. V., 1, 141, 10; V yi = être jeune ; cf. yah-vdnt
— pourvu de jeunesse (cf, le latin juvenis, juvencus et peut-être Jovis) ; v. également R. Ÿ: I, 127, 1, où sdhaso yuvan est remplacé par sdhasah sanüh = le fils, l'enfant de la force. Cf CES WALDE ?, s. v. juvenis, Le sens de jeune n’est pas indiqué expressément par BÔHTLINGK et
RorTH, non plus que par MONNiEr-WILLIAMS, qui lui substituent à tort ceux, tout voisins,
de: gross; rastlos; continuus, beständig (B. R.) ; restless, swift, active, continually moving (M.
W.). B.R. sur la seule autorité du Naighantukakända, II, 3, qu'aucune étymologie ne justifie; quant à M. W., il se voit contraint d’invoquer une « racine perdue » (?) yah = to speed, , to be quick, Le sens du mot n’en est pas moins assuré par les parallélismes indiqués ci-
dessus, ainsi que par le contexte, dans tous les passages du Rg Veda où ce terme se rencontre. Noter, d’ailleurs, que la signification de la forme féminine en - = Jah =
jeune femme est constante. Cf. p. ex. l'hymne à Apäm näpät = le descendant des eaux (l'une des incarnations aqueuses d’Agni), R. V., II, 35, 9 d, où celui-ci est représenté
entouré d’une ronde de « jeunes femmes couleur d’or » hirauyavarnäh | péri yanti yahvih. L’épithète en question s'applique tout spécialement à Agni, et à Indra, sa réplique orageuse, ainsi qu’au soma, emblème d'Agni. Quant à la présence d’un nom d’origine aryenne en Canaan, elle n'y est pas plus étrange que celle de Mitra, de Varuma, des Nasatyas dans les monuments mitanniens. Je reviendrai, du reste, plus tard et en détail sur la question. Pour l’origine relativement récente de ce nom, cf. ExODE, VI, 3.
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