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QivW, pet ÔÈ pue VÉKTAPL, ATÀ,
La similitude originelle n’est pas niable. C’est la même orgie, accompagnée de tambourins frénétiques ; la même fête agreste et agricole en l'honneur de divinités montagnardes ; la même préoccupation de fécondité exubérante. Fauves sacrés, capridé mystique, dieu juvénile et amoureux désigné d’un noni qui le voile au lieu de le définir, Rien ne manque (1). S'il pouvait subsister quelques doutes, l’aveu formel de l’origine orientale de ce culte suffirait à les dissiper. La bipenne caractéristique
(x) Ce dieu mâle et guerrier mais non dieu de la guerre, en principe, porte en Crète le nom de Mapv&. On le retrouve également dans la ville philistine de Gaza. Etienne de Byz. s. v. l'éta, écrit à ce sujet : #v0ey (— p. ce que Gaza s’était appelée M{vwa) za +0 rod Kpntalou As nap ladtois alvau, Ov xat xa0 fus xdlouv Mapväy (les manuscrits donnent aussi Magvdv), épunveuduevov Konrayevà. Tàe rapÜévaus vae oûrus Kofites rposayooesouos Mapvéy, Meineke remarque à ce propos : corrupla haec et luxata. Il suffit pourtant de corriger en tobs rapÜévous pour que le texte devienne aussitôt des plus satisfaisants. Le Zeus crétois est le Koÿpos divin, c’est-à-dire le jeune guerrier (cf. EBELING, Lexicon Homericum, Leipzig, 1885, [, p. 878) en l'honneur duquel les Courétes chantent :
Méyiore Kodpe, yaïpe not Koôvie rayrpatèc Yépous BéBaxes
Datudvey &yupLEvos” Afxtav êc évrautov Ep-
me xai yéyab pLolra,… TATuv Odpe, xès ataluvia xa 06p'eürox'ë[s roiuuvta, #èç Ant] xapr@y 0doe
ès TeAeo[pÜpous sipfBloue] xt.
Ce culte naturiste à physionomie guerrière s’est, en effet, longtemps préservé en Crète, <omme on le sait. Certaines formules de serment, « par les sources, par les fleuves » (p. ex. inscription de Dreros; Dittenb, Syllag.3, I, p.771) prouvent qu’il y avait survécu jusqu’au 11e s. av. J.-C, L'Italie, on ne l’ignore pas, a connu un Mars agricole, hypostase Qu incarnation du même principe cosmo-théologique. L'on a voulu, sous l'influence
du « phénicisme sémitisant » expliquer le Mapväs crétois par Lis — notre Seigneur. A
L'on ne comprendrait guère, en ce cas, pourquoi et comment ce mot seul aurait conservé le suffixe pronominal de la première personne du plur. pour passer en grec. Il me paraît
beaucoup plus naturel de voir dans Masvés (ou Mapväs), le mot aryen-mitannien marianni - J désignant les hommes de l'aristocratie guerrière; cf.de védique AA wmarya=jeuneguer-
ne se retrouve-t-elle point, par surcroît, en Crète, comme on eût pu le prévoir ? ;
En Grèce, en Italie, dans l'Afrique du Nord, dans la vieille Egypte, mêmes constatations, qu’explique partout l'influence, plus ou moins appa rente suivant l'importance et l'antiquité de nos sources, de la croyance
asianique et de ses rites passionnés (®).
Cette foi très antique à des dieux peu nombreux et largement synthétiques ne doit pas nous être suspecte. Elle ne doit pas davantage nous faire accuser de généralisations trop hardies. Elle est, en réalité, conforme aux analogies historiques les mieux observées et les dégradations dont, au cours des siècles et des vicissitudes de l’histoire, ou de la politique, elle a pu faire l’objet n’ont, en définitive, rien que de parfaitement normal. Il s’en faut, en effet, de beaucoup qu’elle soit sans exemple. Le monde australien, entre autres en a connu l’équivalent.
L'autorité des dieux suprêmes « n’y est pas limitée à une seule tribu ; ... elle est également reconnue par une pluralité de tribus voisines... Il arrive même que cés différentes mythologies se mêlent, se combinent,
rier, héros, époux, jeune homme dans la fleur de sa force ; qui a également le sens d’éfalon (cf. Moxier-WiLLiAMs, Sanscrit Dictionary, Oxford, 1899, p. 791, c. ; BHTLINGK ET ROTH, Sanskrit W.-B., t. V, Saint-Pétersbourg, 1865-1868, p. 589 — Mann-Geliebter, Freier ; Mas ; Maritus) ; c’est l Epoux. Ce mot sert également à désigner les hommes réunis à occasion du sacrifice ; R. V., 1, 6, 3 ; VIII, 45, 37. C’est donc exactement le sens de x05pos, x05pns.
Er ANS Le terme s’est conservé comme emprunt étranger dans l’égyptien K | | K$ (et var. cf. BUDGE, Hierogl. Dict., Londres, 1920, p. 315 a) merina, marina). Vu les
habitudes phonétiques des dialectes préhelléniques, asianiques et étrusque (cf. plus loin à ce sujet) la disparition de l’i devant sonante nasale est des plus normales. Dès lors Magväc — Marianni (ou -as) — Koÿoos. La correction de l'absurde ràs raplévous en rods rapÜévous est justifiée par l'emploi du masculin rapfévos à partir du Nouveau Testa-. ment (Apocalypse, XIV, 4; Suipas, s. v. "Afex ; Mekytosdéx ; etc.).
(x) Nous aurons à revenir sur chacun des termes de cette affirmation. L'influence asianique sur la Grèce a été dès longtemps dénoncée par E. KRETSCHMER dans son Eïnleitung et dans l’Einleitung in die Altertumswissenschaft de Gercke et Norden: (1912), vol. I, ainsi que par A. Fick, Vorgriechische ortsnamen etc., Gôttingue, 1905, et Haltiden u Danubier (1909) [sans grande critique, malheureusement, malgré la valeur de ces deux ouvrages]. Cf. également A. MEILLET, Aperçu d’une hisloire de la langue grecque ?, Paris, 1920 (chapitre INT). Pour l’Italie, l’Enéide, à elle seule, constitue un dossier important. L'importance des relations de l’ancienne Asie Mineure avec l'Afrique du Nord n’est pas moins visible. L’onomastique en porte le témoignage, ainsi que la tradition (cf. lo et Libye). Les inscriptions égyptiennes montrent d’ailleurs la liaison existant entre des groupes préhelléniques ayant leur base en Asie et des clans fixés en Libye. Quant aux rapports au culte d’'Osiris avec celui d'Asie Mineure auquel la tradition, d’ailleurs, le rattache, l'ouvrage classique de Frazer les a, dès longtemps, signalés.
se font mutuellement des emprunts. Ainsi, la plupart des tribus qui croient en Baiame admettent aussi l'existence de Daramulun ; seulement elles lui accordent une moindre dignité. Elles en font un fils ou un frère de Baïame, subordonné à ce dernier. La foi en Daramulun se trouve ainsi répandue sous des formes diverses, dans toute la Nouvelle-Galles du Sud.
‘I s’en faut donc que l’internationalisme religieux soit une particularité
des religions les plus récentes et les plus avancées. Dès le début de Phistoire, les croyances religieuses manifestent une tendance à ne pas se renfermer dans une société politique étroitement délimitée ; il y a en elles comme une aptitude naturelle à passer par-dessus les frontières, à se dif. fuser, à s’internationaliser (*) ».
Qu'il en ait été également ainsi dans le monde oriental et méditerranéen c’est ce qui, à raison des tendances fondamentales de l'esprit humain serait, a priori, vraisemblable. S'il est, d’ailleurs, un coin de la terre où une grande religion internationale ait pu trouver des conditions favorables à son élaboration, c’est bien, semble-t-il, dans cet antique carrefour des peuples dont la légende de la tour de Babel nous a conservé l’image mythique mais, en somme, fidèle.
Nous avons toutefois, mieux à notre disposition que des inductions d'ordre aussi général ou des mythes. Des expressions comme Shemsou Herou (?), comme Baal 5y2 et wn Aserah employés comme collectifs (3);
QG) E. DurkHelm, Les formes élémentaires de la vie religieuse, Paris, 1912, p. 413.
(2) Les Semson Herou ont descendu le Nil, mais bien des indices montrent que Heru, à l'origine, était le grand dieu des régions situées à l'Orient de l'Égypte. Cf. Cu. KUENTZ, Autour d'une conception éoyptienne meconnue, L'Akbit ou soi-disant horizon. Extrait du Bulletin de l’Institut français d'archéologie orientale, t. XVII (1920), pp. 121-190, notamment pp. 173 Seq. Voici la conclusion (p. 190) : « En fait,.… si l’on s’en tient aux réalités,
$S a | PHorus Ke c’est le Faucon originaire de l’Est et du Sud-Est qui, à la tête de
ses tribus,.… est venu s'établir sur les bords du Nil et a conquis l'Egypte en donnant un essor décisif à sa civilisation encore naissante, » Cf. P. 182, la signification de la
re 184 la terre du Dieu, qui désigne « jusqu’à l'extrême nord-Est… le pays des Hétéens, et même par extension, la Crète »: cf. à ce sujet, mes Phéniciens, pp. 125-127. L'expression $Semsou Herou constitue donc un argument. qui n’est pas négligeable en faveur de l'unité originelle du concept divin de l’Asie Mineure.
(3) Malgré le nombre des Baals locaux, maints passages bibliques témoignent que l'unité de ce concept théologique n’était pas moins clairement perçue que celle du Sutekh hétéen (cf. p. ex. : I Rois XVI, 31-32; XVI, 21 et seq.; xIX, 18, etc.). Ce terme’ n’est, au fond, qu’un équivalent d’ IN "Adwv ; il a, en outre, fréquemment le sens d'époux (cf. II Sam. XI, 26; Ex. XXI, 3; Os. I, 18; Joël I, 8; Deut. XXII, 22 etc.), qui
correspond parfaitement au rôle femelle de l'Ajérah. Si nous n'avons pas affaire C. AUTRAN. — Tarkondemos. 2
18 Hu ke ee 4 21 TNICHAPITRE : PREMIER |
le nom commun de Sutekh appliqué à tous les dieux individuels des cités hétéennes, prouvent bien que, par delà la multiplicité apparente de sanctuaires et des cultes spécialisés, la conception de divinités à vaste envergure est loin d’être restée étrangère à la plus haute antiquité.
Le Re-Veda, dans nombre d'hymnes, témoigne que cette idée était, dès longtemps, familière au monde aryen : |
tväm agne dyübhis tväm äçuçuksänis tudm adbhyds tvam äçmanas pâri | ivdm vänebhyas tuim ésadhibhyas
tuäm nrnäm nrpaie jàyase çüci | I brabmä cäsi grhépatiç ca no däme || 2
tvdm agna indro vrsabhäh satäm asi
tudm visnur urugayé namasyäh |
tom brabma rayivid brahmanas pate 3 tvdm agne rüjà véruno dhrtävratas tudm mitré bhavasi dasmà idyab | tudm aryamä satpatir yasya samblnijam. ... 4
CPE SES EE PS Sd un US: (0 En 1 a 7" CE 16 26, 1. 4 Lsis sa
tuam agne rudrô dsuro mäh6 diväs tuäm çrdho märutam prksd ïçise | 6
iväm deväh savitä ratnadha asi | tvam bhdgo nrpate väsva içise td payér dâme yàs té ‘vidhat () ||. “07
À une adaptation sémitisée d’un mot aryen tel que ST bala- — vigoureux, fort, pa.
ou ACT bal — vivre d'où le causatif ATAATA balayati — faire vivre, nourrir (cf. Fa e
bogü}, 5ÿ2 est l'équivalent exact de Mapvés et de Koÿpos. Il n'existe donc aucune raison décisive obligeant à admettre, comme le voudrait R. KITTEL (Die Religion des Volkes Israels, Leipzig, 1921, p.11) que Baal a commencé par être plusieurs avant d’être un. L'exemple de bien d’autres personnages célestes plus modernes témoigne bien plutôt, à notre avis, en faveur de différenciations locales progressives d’un type originel. Une théologie, ne l’oublions pas, est, avant fout, tn système du monde. Cela suppose une synthèse préalable. Pour le monde Sumérien, cf. les rem. de FrDR. DELITZSCH, Die grosse Täuschung, 13°-14e mille, Stuttgart-Berlin, 1921, pp. 14-15. @) Re-Veda VX, 1.
Toi, à Agni, tous les jours, toi désireux de briller ;
Toi du sein des eaux, toi du sein du rocher,
Toi des bois, toi des plantes [tu nais],
Toi, des hommes 6 pasteur, tu nais splendide. |
CN" TELT