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répond à ordprn et À oxeipw ; à côté de xéprakov l’on trouve xiproc (: ) etc. Ces alternances se justifient jusqu'ici malaisément (2).
De ces irrégularités lon a proposé diverses explications que nous n'avons, d'ailleurs, point à discuter ici, car c’est de phonétique asianique, exclusivement, qu'il s’agit en ce moment. Et la géographie linguistique nous a, d’ailleurs, appris à quel point le jeu des lois phonétiques se trouve compliqué et, parfois même, masqué par les interréactions des mots les uns sur les autres. S'il est un monde où il faille tenir le plus grand compte de ce facteur, c’est bien le monde asiano-méditerranéen, en raison de la multitude de clans et de colonies en perpétuel mouvement qui s’y croisent et s’y superposent.
L'examen des dialectes grecs d’Asie et des iles va nous donner peutêtre un peu de lumière.
Qu'y constatons-nous donc? Un ensemble de faits assez curieux. En Crétois, en Arcado-Cypriote, en Pamphylien, le groupe grec commun p—a/o se renverse assez souvent en ap. Ex. : Depuvé p. Soæyué ; orapre POUT otparo ; xdptoc pOur xpdroc ; mooti pour rpori. Ce changement, peu important en apparence, a, pourtant, comme conséquence d’accuser la valeur vibratoire de Pr et d’atténuer, dans une mesure légère mais sensible, la plénitude de l'élément vocalique qui l’accompagne. La liquide, grâce à cette métathèse phonétique, prend plus de relief ; son caractère sonant s'affirme davantage et la voyelle passe, pour ainsi dire, au second plan. À Mélos, Théra, Cyrène, anciennes colonies « phéniciennes », le groupe pa ne s’inverse pas, il est vrai, mais fait preuve néanmoins d’un obscurcissement marqué (5): ypdpwv, par ex., y devient yoéxh2v. Dans les îles doriennes, même tendance : l’on trouve, tout comme en lonie, en Crète, à Epidaure, ancienne base carienne, Eponv au lieu de 4oonv ; dépsoc au lieu de Oépsos, odsos ; avréyposoy au lieu d’évriypapoy. L'éolien, en particulier, montre des dispositions très marquées en ce sens : xpéres y devient xpérog ; dvd > ëv. En Lesbien ovparés > otpéroc ; naprept > xéorepa (uoprepé); Dpaséws > Oposius; narasraNd >> KAOTOAËU 5 OTOATYOU > TPOTAYOL ; YaAdot > YShauor ; Paper > Popñrar ; mrapués > Topos ;
(1) La même anomalie se constate en Arménien, en Celtique et en Balto-Slave.
(2) Elles n’en sont pas moins explicables comme je le démontrerai dans un prochain travail. Pour cette question, telle qu’on la considère à l’heure actuelle, cf. BRUGMANN- THUMB, Griechische Grammatik, p. 99, S 68 (et remarque) et l’Abrégé de grammaire comparée de K. BRUGMANN (trad. fr. Bloch, Cuny, Ernout [MeiLLer et GAUTHIOT], Paris, 1905, 128, rem, 3.
(3) L’on constate de Dane un obscurcissement vocalique en Etrusque (cf. SCHULZE,
Op. cit., p. 150, n. 4).
HAPVALEVOS > MOpvApEVOs ; de même éôuxnis > Upahos ; 2upahs bupahos > ôpo > Upar; [lptaucs > [epoapos (Ayepcavio g nit.) ; BNAésewe > Gnhorepsoc ; Kavorpios Z>: Kavoreppoc 5! “rpt-iperev, > TEPPhÇETOY ; TRÉTOS > TÉPTSS ; Aaporpuros > Aaponsptos ; ’Aypudos >> ’Ayepodviss ; en Cypriote àvébnze > dvéômue ; zapètz > 29pQa 3 FraTé- Fapyoy >> natéFopyov; pièaë, Doudaxrev >> Oo6daË, Gpedduov(); en Pamphylien ’Aooodigios >> ‘Agcpdiouus ; au mopri Crétois, correspond r£eti ; cf, rpotTÉdUAX > meotéÔwxa etc. (3:
De ces quelques exemples deux constatations peuvent être dégagées :
L'une, que nous avons déjà notée en passant, est la tendance à mettre plus clairement en évidence la valeur vibratoire du phonème liquide ou nasal.
L'autre, qui n’est, au reste, qu'une conséquence dé la première, est une sorte de neutralisation, ou mieux une « ewation » de l'élément vocalique accompagnateur. En d’autres termes, la plupart des vocables comportant un élément liquide ou nasal susceptible de prendre une tonalité sonante, font preuve dans ces dialectes d’un penchant très marqué vers la décoloration de la voyelle dont la contrepartie est une intensification d€ la résonance linguale caractéristique.
Ceci concorde bien avec ce que permettaient déjà d’entrevoir les variantes graphiques de Tarku dont nous avons donné tout à l'heure un certain nombre de spécimens.
L'examen des phonétiques juive post-biblique et targumique vient,
(1) Le vocalisme o tend également à s’y muer en u. THuMB, Hdhuch der gr. Dial. p. 207 (1909). De même l’a en av(— > 0) dégvn >> Daÿyva. Le même phénomène apparaît en Etrusque. Cf. par ex. des variantes comme Claniu et Clauniu; de même raf, raufi (SCHULZE, p. 221) ; satura (CIL IX, 6415) et saturinus (IX, 1320) comparés à Sautri (CIE 4301) sauturine (CIE 4159; 4443 et sq.).
(2) Comme autres alternances curieuses en grec, mentionnons: Opuuis — Dpayis (pois- ,
son ; la plupart des noms de poisson sont méditerranéens); Axephat et Axptkkuwy (Ibidem et HiéRoctÈs, Synecd. 684, 5); Zapuxrat — Zavpoudrat — Evppdtar (P.-B. s. v.); Taponvot — Tuponvot (ET. DE Bvz.s. v. et P.-B. s. v.); "Afeporyives — Afopryives (P.-B. s. v.); Mepunsods = Mopuuooés (Et. de Byz. s. vv.); Kafiékla — KafÿAn (P.-B. s. v.) ; Kopôvn = Kopñvn (P.-B. s. v.); Teo&nv et Toutéva (HIÉROCLÈS, Synecdomos, 647, 1; VAN HERWEERDEN, s. v.) ; Ko£aæhx et Ko£ula (en Grande-Arménie; P.-B.); Kursaura — Garsaura (nom de région hétéenne A. H. Sayce, JRAS 1920, oct., p. 605) ; Képxupæ et Kopxvea (P.-B. s. v. et Fick, Hattid. u. Danubier, pp. 1-2) ; [lupopoot — Ilepopoot (P.-B.). Alléguer la fantaisie étymologique grecque dans la circonstance, c’est, en réalité, se refuser à voir combien cette soi-disant fantaisie trouve d’excuses et d’explications dans la phonétique asiano-méditerranéenne si différente, à tant d’égards, dans ses procédés, mais si parallèle, par çontre, ici, à ceux de la phonétique caucasienne.
à à SNS Éd Se ts à.
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au resté, confirmer les indications qui précèdent (*). Cf. p. ex.
xahfues et PP (m. plur.); Caligula DPM ; réun et NOTE ; hoOT AG DEN (2); Xévrrov NON ; ROYAN NDS ; péhalpov NITIN ; bardaïcus et Parthicus — Vun et l’autre NPYTN2 ; Bepndaercs NTTT2 ; ne bete NOM2 ; uuou DOM ; raptaxov Tprau et PP 3 TpiBorot 5270 et 92 : Tpwv JAY ; roéyos NDNO et DO ; roma JPENTL et ND YA ; Topuevrov NOJIDNU ; rÜpævvos NIWO et NTM ; Oocos et ONU ; Tésouy et V0 ; fracta (couche de pâte de gâteau feuilleté) Sup et Nupye : zpurkino POPNA et NIÔPIS ; ’lauboñe DID! et Da: Lrbiuvay, et MAVO; tprpopoy et raprémooo — l’un et l’autre MONOVO ; Pupoudhs et BNO; sodyauz NOUTD; NOYATO ; youcés VTT [hébreu biblique, mot d’origine asianique; cf. hjarubha mitannien]; ävéxwnos pa 3 Pouÿaos, ‘Epuÿhos DIN OMDIN 3 dopopayos et NODMT ; yépdios MINT et NTI : ARNO NA 227 ; ALAOAU LX 212 ; Xaric DYp92 et D'p912 Lee |
C’est bien, on le voit, toujours le même flottement entre les timbres a, e, 1, u, Sans formule phonétique fixe que nous avons constaté pour Trku. Assombrissement de la voyelle; développement de la valeur sonante de lai consonne, développement qui va même, parfois, jusqu’à provoquer Pintroduction d’une voyelle de résonance anaptyctique analogue au Maryandunien Bogmos pour Bwpues (ou Pwpues); au lycien Texunosss — Tekeurosos ; au Cananéen Ar-wa-da et Uri-wa-da ; apyé et TV etc.
L’Etrusque, lui aussi, offre la même particularité phonétique (5).
Que l’on veuille bien examiner, p. ex., les noms ou mots ci-après : acale (Agram VI, 14), nom probable du mois Aclus (— Juin ; Rhein. Mus., LVI, 638 sqq.) ; acrnis (CIE, 312 Clusium); Abrpa (— Atropos ; Pox- TRANDOLFI, p. 129); Alcsentre — elaysantre — elysntre — "AXéEavÈooc (PONTRANDOLFI, pp. 128 et 130 ; cf. l’Alakÿandu d’Arzawa, MDOG, 35 P- 41) ; aprûe (CIE 3806 et sq.) Aprte (4892, 4894) ; Apurte (3802 et seq.) ; apurte (4893, 4985) ; Arndal (180, 182; 211 Sienne); Arnbalisa (178 Sienne); Arnbar (16; Fiesole) ; Arnôial (111 ; Volaterra); Arnt (LPS 386); Arntle (346, 348 et seq.) tous dérivés du thème A4rn0 — (cf. CIE p. 59) > Ar(rhuns, Arruntius (cf. Aruntle, CIE 347; Arunbia 177
(1) Ce qui a été dit de l’* n’est pas moins vrai de l*}, et de ln, del’*n. Aussi les exemples ci-contre sont-ils indifféremment choisis parmi des mots comportant l’un de ces quatre types de sonantes.
(2) La vibration de la liquide initiale a, ici, eu pour conséquence de favoriser le développement d’un élément vocalique prothétique assez fréquent en asianique. Voir plus loin à ce sujet. De même dans le mot subséquent..
(3) Pour les mots dont la variante étrusque n’est pas indiquée, référence implicite est faite soit aux transcriptions latines, soit à l'évidence du sonantisme,
Sienne); Atrste— Atresle = Adousros-Aensres (Pontrandolf, p. 130); Afrce (CIE 1819 ; Clusium) ; Afrces (589 Clusium) ; Ayni (690); Aynei (691). Cf. Achonius, Acontus (PONTRANDOLFI, p. II4 Et seq.) et Ayunt (CIE 552 et seq. Clusium); Caecna, Ceicna (SCHULZE, p. 567) et Caecina ; Casntra (PONTRAND., 129) — Cassandre ; Cilôl, (Agram IL, 8; V, 6, 12223: VIIL EPA 21); Clutmsta, à côté de Clutumsba et Clutumsta (PONTRAND., p. 129, 130); cnl (Agram X, 7; FABRETTI, 1914, A 19 et À 24) et can (FABR., 1933; 2); cnticn9 (Agram VII, 19; XL, s) ; cninam (Agram VII, 12 ; XI, 14); ebrse (Agram I, 5 ; IE, 21 APT) etc.) ; eimlnei (CIE 692 Clusium) ; vw/nbes (316 Clusium) ; vestrnalisa (392, 394 [-alisa]) ; vestrnalsa (395 : Arrezzo) ; vinm (Agram IV, 14) — p.-è. vinum (Jbid., IV, 9 ; 22; VID: 68 4 4 SE DENT SO zailyne (Agram VIIL, 13); hetrn (Agram V, 18; VII, 15 etc.) ; huslne (Agram VII, +, 2) ; Oaclôi (I, 19 ; VI y 4 (?)) ; Ourmana (CIE 1378); Ourmna (CIE. 1377, 1379, 4264 et seq.) ; Ouramna (4264); Thormena (4269) ; Oufllas (446 ; Cortone) = Ouplhas (445); Latin (469 Cortone) ; Latini (zo1 et seq. Clusium); Lalni (316 Clusium) ; Latrnei (533 Clusium) ; Lecne (265 et seq. Sienne) = Licinius ; Lemrena, Lemrecnal, Lemrcmei (CIE 4029 et seq. Pérouse) ; Leprnal (304 Sienne) ; Macstrna (FAB- RETTI, 2163) — Maxtarna (qui et Servius Tullius) ; mealyl (FABRETTI, 2340) ; meblna (CIE 231 et séq. Sienne); Melne (230; Ibid.) ; Menrva (PonrR., p. 129); Meneruva (FABRETTI, 2489) ; Menarva (B. d. Istit. Lomb. 1873 p. 8 sgq.); Preu (92 Volaterra) ; Precu (or ; lbidem ; 4116; 3650 et seq. ; aussi Preyu) ; Pumpna (CIE 93 Volaterra ; cf. Pumpana 1403 et Punpuna 1788) ; Putrnei (174 Sienne) et Puturnalisa 175 (Ibidem) ; Rutlnis (ro Volaterra); Seplna (322) et Sepulna (337); Setrni, Sethrnei (2726 et seq.) ; Subnei (CIE 944) et Subanei (943) ; Suplnai, Supelna, Juplu, Suplunia (SCHULZE, p. 151); Tarcna (FABRETTI, p. 1760) et latin Tarquenna ; Tarynas (FABRETTI, 2377 Et SEQ. ; 2381; 2383 et latin Tarquinius ; Taryna (FABRETTI, 2364, 2366, 2368 etseq. 2374, 2377 Etc.) et Tarquenna ; Titlnei (CIE 432 Arrezzo); Titini (313, 314; Clusium); Titulni (315 ; Ibid.) ; Tlamunus (cf. grec : Tehauwvios ; Pontr. 130); Tantle (CIE 4074/6 Pérouse) et Tavræhos ; etc.
A nese placer qu’au point de vue strictement graphique, il est évident que, dans les cas qui précèdent, , m,n, Tr, semblent jouer un rôle de sonantes /, #”, n, r, tout à fait comparable à celui des phonèmes asianiques 7 et / par ex.: dans le Lydien Mrslas, $rfastid (*), ou le Lycien Trhbè, Flluwi, Trqqix. |
(1) Le premier de ces mots (cf, LITTMANN, Sardes, p. 84) est douteux; le second, ibid., chap. I, F, (L. 13), 1. 3, p. 51 est sûr.