‹ Tarkondemos. Réflexions sur quelques éléments graphiques figurant sur le monument appelé "Sceau de Tarkondemos."Chapitre 24 sur 69 · MANN · texte numérisé non relu

MANN

MIO 6t 7129 ; PéAcapoy et FOOD ; Ardala et Eldata ; Arhavrsc et

Atapaytes ; nioonpts Et HioGNAIS ; Lapyapïitts Et na ; batop et “ro :

yapaxrhproy Et 112p) P92: yélropa et M2 ; xdprahhos et ñ9299 etc. G) L'autre est sa Re en. Z, NT dont nous avons eu un

échantillon dans Aepumvos Actunves, mais qui se retrouve encore en

Crète (Gortyne) sous la forme de pairue = paprvo-; dans les graphies Aprkos — Auwkoc; Zat ann — Yapnvns Arr = Apyiua; Banvcoëv —

Bapvouy (2). Rare, jusqu'ici en Grec, (cf. cependant aiyuris [nom préhellénique d’un oiseau] pour *éoyuriés = sscr. 7/ipya; Roserr, Noms des oiseaux..., etc. Bâle, 1911, p. 36), cette affection de Fr est, par contre, courante en Egyptien, comme le prouve, entre des centaines d'exemples, l’équivalence classique Meri-Amen >> Meiamen (— forme

AANNN\ traditionnelle Meiamoun) ; cf. également = 0 = Nerit = Nat; Karivos = Kapxwos. Les éHuitäler te coptes, comparés aux originaux

hiéroglyphiques, montrent, comme on le sait, de ne ne UD de cette altération : cf. par ex. : 1 = éril et ES LR Æ gerst

et KIAGG ; ETC.

3° La gutturale. — Après ce que nous avons dit plus haut des occlusives asianiques, il n’est, sans doute, pas très utile d’insister davantage sur le caractère propre de cette occlusive, qui, tout comme la dentale, peut se rendre, au point de vue grec, par un y, un x Où un 4.

Citons seulement quelques exemples tirés de l’onomastique asianique : Kakauvn — Kakæynvn (nom asianique d’une région assyrienne; Pape.- Bens. s. v.); Kawaywdos et Kauaydwhos (local. près Lebedos; Zhidem) ; Axparavrey et Axoxyas (HIÉROCLÈS ; nom d’origine préhellénique) ; Axekns et Ayshne (fleuve de Lydie] ; P.-B.); Kavos et l'auoç (= Gozzo ; nom méditerranéen préhellénique ; P.-B.); Axaoazxa et Ayapaux (local. Carie-Lydie ; BCH XIV, 233; STRABON XII, C+ 579; XIV, C. 649); L'exyavos et l'éxravix (nom du « Zeus » crétois, HÉsycHius, et de sa fête,

(1) L'on trouvera les exemples ci-dessus : les grecs, dans P.-B. ; les latins dans les Diction. étymol, de Bréalou de Walde ; les sémitiques dans l’Aramäisches W.-B. de DaL- MAN, 1 ; l’Égyptien, qu'il eût été aisé d'accompagner d’autres spécimens, dans les Dictionnaires de BRUGSCH ou de BUDGE, ce dernier peu sûr.

(2) Cf. P.-B

Lois de Gortyne, ComParerTI, Legg. di Gort., p. 24, n° tro, 1); l LI

MMA cdkn — VN — cyévn (bouteille ; objet manufacturé, originaire d’Asie Mineure); Mayerwvss — Mœyshover (groupe Colche ; Dion Cassrus, 68, 19 et ANON. Périple Pont-Eux. 42); Suxes et Dwyes (n. pr. aslanique ; P.-B.) ; Axynva = Aakiva — Nayuwa (Carie ; CIG III, 3956 et add.: et P.-B.); Kio; (Mysie) et Xs (Carie: P.-B. et Er. DE Byz.); AyBarava et ExSarava (ET: DE Byz. Susiane) ; Xactar et Kaoraoc (local. et démot. en Carie ; BCH XI, 237; IG I, 226); Kadsvn et Xaïdnvn (mère mythique des Solymes ; P.-B.) ; Kzyevnves et Xzumevnvos (démot. de Pisidie- Isaurie ; SreRRETT, Wolfe-Expedit., p. 271 sq.); IlXka-1002 et Etna-yous (n. pr. pisidien; LaNckoRoNskI, Die Städte Pamph. u. Pisid. II, n° 28; et BCH XXII, p. 289), etc.

Le même phénomène se constate dans les transcriptions grecques des noms propres anatoliens où l'élément formatif hétéen aka- est rendu en cunéiforme par aha-, ah(h)a-, agi- et, en grec par aua-, aye-, ave-, sye- etc. Ex. : Axxa (BCH XVIII, p. 327; lycien); Aysane Axeïns (P.-B.; f. de de Lydie); Axzparx Ayaoxxx (oppid. caro-lydien, BCH XIV, RES Strabon XI, c. 579; XIV, c. 649); Axxpaococ (Lycie, P.-B.); Ayoonosc (Carie ; Zbid.) ; et, vraisemblablement aussi des noms de même origine, tels que Axadquos — Exadmuos — Eyedquos (P.-B.) ; etc. (").

(1) Pour la finale, cf. Tapzovnuos ; Axraônuos [BCH IV, P. 306]. — Axadaus est un nom d'une ville en Lydie (P.-B.). — L'on a beaucoup médit, hous ne lignorons pas (cf. encore dernièrement A. Ficx, dans ses Hattiden u. Danubier in Griechenland, Gôttingue, 1909, pp. 1 et sq.), des transcriptions grecques de nom propres. Il faut, d’ailleurs, reconnaître qu’au premier abord cette sévérité pouvait paraître se justifier par d’excellentes raisons. Jeux de mots, étymologies absurdes, allusions mythiques, préoccupations grammaticales, littéraires, souci du « bon ton », hellénisation Systématique et intransigeante ; que ne leur a-t-on pas reproché? À en croire certains, un nom grec ce serait encore, ce serait toujours de la littérature, et la littérature la plus dangereuse de toutes, celle du mythe, de la légende. Il reste à savoir, cependant, si cette sévérité est bien justifiée. Car il ne suffit point d’accuser les Hellènes de fantaisie et d’arbitraire. Il faudrait encore prouver que leurs transcriptions résultent d’un parti-pris nationaliste. Or, qui ne voit l’invraisemblance, l’absurdité d’une telle supposition, l’onomastique. méditerranéenne étant bel et bien fixée longtemps avant qu’il y eût, à proprement parler, une unité hellénique et une civilisation véritablement grecque. L'examen des inscriptions épichoriques a, du reste, démontré que ces déformations n’avaient rien de systématique puisque, à côté de formes prêtant à l’« l’adaptation » littéraire, l’on en constate d’autres qui n’y donnent nullement lieu. Dans un travail prochain sur la Carie, qui est en préparation, je reviendrai, au reste, en détail sur cette question. D’ores et déjà notons, cependant, que ces transcriptions trouvent en grande partie leur raison d’être, en même temps que leur justification, dans le type spécial du phonétisme asianique et que l’on ne doit, en aucun cas, les assimiler aux fantaisies anecdotiques qu’historiens ou géographes grecs en mal d’étymologie se sont, en bien des cas, complus à accumuler.

[ci encore, le témoignage phonétique de l’hébreu postbiblique et du targumique confirme les indications des monuments anciens et démontre la persistance des vieux procédés articulatoires sous le masque grécosémitique qui recouvre la Péninsule. Citons par ex. : &Acypusov et OT ; cisogdyos et PET (avec chute de la première syllabe); yeux et EN ; delegator et NP) ; arobnuagrer et NYIPITNIEN ; Ayxvoa et NAN ; quaestor et MODMN ; xvvavouwTros et DENT ; aauh et VPN; Aezxtiria et

NOTA DA : vaxnve et D; xheïorpov Et [HI MOD) : Goyidixos et NPYTIDN ; EE RE. 0 = - 9 \ TT: : 2 PL D Ur A) Ne Baxyidns et D722; drpatos et VUUN; Syhos et NIDDIN; axosyüpn Et MD IDD; dimenhis et NT9PT; dlonos et DTPDT; xAegudoa et 11109 M ;

Vive EE :

apadpa et DIT; 122 et xxhOÔv ; 172 et ghaiva; yhapos et

dgrakhes et 12272; Xahnis et 7222; yoAn et NNV92 ; yahiioy et ATOUT; x di 4 Pre M | Mots: 1 w T rt

ahuwvos et DY2393 ; pic:

La comparaison de certaines graphies assyriennes telles que Kummub avec le grec Kopyay-évn (°) ; celle de Hilakku, avec bn et 72 (°) témoignent dans le même sens. Cette gutturale n’était ni sourde, nisonore, ni aspirée au point de vue tant hellénique que sémitique et se présentait donc dans des conditions similaires, sous certains rapports, à celle de la dentale.

Inutile, pensons-nous, de rappeler que la gutturale correspondante en Étrusque présente absolument les mêmes particularités, que confirment, d'ailleurs, les transcriptions latines :

Cf. par ex. : Acsi (CIE 3821, 3824, 3825, 3826, 3972, 4044) et Ayst (3089 et seq.); Alcsenire et Elaysanire (Pontrandolfi, p. 128); racb (Agram V, 8) et rayf (Agram IL, 103 IV, 9, 10, 13, 21, etc.) ; cemnac (Agram IV, 213 V, 18; X, 10) et cemna, (VIIL, 16); clan (CIE 378; 714 et seq., etc.) et lan (408 et seq.); Zicu (CIE 1416; 1418 Clusium) et Ziqu (t414, 1415 Clusium) ; Velcaia (509 Clusium) et Velyaia (s 10 Clu-

sium) ; Ucumzna (CIE 964 Clusium}) et Uyumzna (639 Clusium); enac,

(Agram VII 113 X y 4; XÏ 2, 4; etc.) et enay (Ibidem, XI, 4); Tarena (Fabretti, p. 1760); Tarynd (Ibid., n° 2379 Caere512562% 23622 2366; 2368; 2369 etc.); Srencve (Agram IL, 12; IV, 11; V, 8) et Srenyve (Ibid., IT, 10; UX, 13, 16; IV TO IXATSONTETE.

Cf. également les variantes latines : Maculnius (CIL XI, 6720; X, 6999) et Magulnius (UE, v. 7213; X, 6327; XIV, 3008; 3160 etc.); Macilius (KI, 3044); Magulnii (XIV, 2906); Maculo (JuvENAL, VI,

(1) Cf. E. SACHAU, Ztschr. Jr Assyr. VI, 1892, p. 102. (2) Monnaies de Tarse ; cf. BABELON, t. IL, 2, p. 404.

40); Vercna (CIE 3392, 3946 et sq.; 4878) et latin Werginna, Vercinna, Verconnius etc. (SCHULZE, p. 100); Hercenna, Hergenna, Hergenius (ScHuzzr, index); Culcius (Keÿhos ; Koÿayroc), Colgius, Colchius ; Culchius, Culciana ({bid., p. 157); Licovius et Liguvius (p. 405); etc.

Cette gutturale présente, cependant, certaines particularités sur lesquelles il ne sera pas inopportun d’attirer ici l'attention.

M. Cuny remarquait, il y a quelques années (*), à propos des timbres vocaliques asianiques, la présence fréquente entre l’occlusive et la voyelle subséquente de phonèmes de transition du degré w (ou #) > oxetil rappelait, à ce propos, des formes comme Tofipousz — Téaipoupa (?) et celle, plus démonstrative à mon sens, de Boavnoyée — #27 32 (Marc IE,

17) — les fils du tonnerre — vioi Bpsvrie. Il en induisait, non sans vraisemblance, « des habitudes de prononciation rappelant celles du petitrussien : bo-, po-, Ko-, au lieu de b6-, p6-, k6-; B“6%e — Dieu, pour Bôxe ; KW6ÿa — peau pour kôÿa, ou des patois lorrains #“*ädi pour mardi ; kvat pour cartes ».

Or, l'examen des variantes révèle effectivement l’existence de ce type de gutturale en Asie Mineure asianique. Cf. par ex. : Kavn — Koavr (Troade ; Er. DE Bvz. éd. MEINEKE, s. v. Kéva, p. 352, note |. 9); Kedar (3) et Koua-dareme (BSA XVI, 114; cf. XVII, 213); “Kivda- dans KevSa@ugus (n. pr. m. Reisen in Lydien, I, p. 93) Kuvdavufas (n. pr. m. Lycie, CIG IL, add. 4315") et Kouwda (Cilicie; n. loc. Pape BEns.); *Kadr- dans Kaÿozua (Lycie; Pape-B.) et KuaSonv2< (démot. Isaur.-Pisid. STERRETT, Wolfe Exp., p. 271 et seq. ; cf. JHS 1912, p. 158); Kidzors (n. pr. fém. Isaur. SrERRErr, 76) et Kfmôaots, Kfedtaoic (pren pisidien BCH XXII, 281; et cilicien, HEBERDEY-WiLHELM, Keisen in Kilikien, p. 76); Apra-xanva et Apra-roava (P.-B) ; Bayavdxunvn et Kaypavaunvn (+) (P.-B); des formes telles que Koacs (JHS XIE, p. 229); Komosvèeus (Reisen in Lykien 1, p. 156); K<{oouy (Heserpey-WiLHELM,

(1) Revue des Études anciennes, 1918 (XX), p. 230, n. 2.

(2) Ibid., 1913, p. 403.

(3) IG I, Index. La comparaison avec Aarasas (BCH XVII, p. 323) Aarapas (Reiser in Lykien II, p. 35), Aoua-darume (CIG IT, 4314), Eolua-darims (Reisen in Lykien Il, p. 67) montre que c’est bien ainsi qu'il convient de décomposer les éléments initial et final.

(4) Le B initial n’est que le vestige semi-vocalique de lancienne labiovélaire dont l'élément guttural s’est amui, suivant une caractéristique particulière aux parlers du groupe anatolien. Cf. WEIDNER, Sfudien zur hethitischen Sprachwissenschaft T, p. 25-27). Cette évolution tient au caractère semi-occlusif de ce phonème, phénomène fondamental qui domine toute l’histoire linguistique de la Péninsule et dont l'influence sur les idiomes postérieurs a été déterminante. Cf. plus bas à ce sujet,

Me Eu" SLT Cnil FRETRERUT Hal Te D 1 no PTE A OT GS TM é Li Wa ‘

Reisen in Kil., p. 58), Kozpuue (lbid. p. 58, 2) Karuas (CIG IT, 4260; texte en majusc. seul correct) ; KBauoxs (HEBERDEY-KaLiNKA, Kersen im Südivestl. Kleinasien, p. 51); K£oXkhkas (WiLHELM, Beitr. x. griech. Inschrk., p. 224) com Fe à Kovñxc (Ramsay, Luke the Physician, * 360);

Kov£arezs (Ramsay, Studies, p. 40 sq.) comparé à Kouav£apexs (ibid), etc;

certaines graphies araméennes de mots du fond non-grec tels que ND — troupes auxiliaires (<< suwpæyix) (7), indiquent la présence, au moins en certains cas, après l’occlusive gutturale, d’un élément labio-vélaire analogue au g latin de quis, quatuor, quinque, etc.

Le fait est d'autant plus intéressant à noter que le Hétéen, d’une part, comportait ce complexe phonétique (*) et que l’Etrusque, de son côté, en était également pourvu comme le prouvent des noms propres du type Tarquenna = Taryna : Quirinal —"qurnal, qurunal (App. de GAMURRINI, p. 23,n° 178; p. 40, n° 448 ; CIE 570, 571 Clusium) (3).

Dès lors les flottements du sémitique entre le g, le k et le h, et du grec entre le +, le x etle y s'expliquent, semble-t-il, encore plus naturellement. La présence de cet élément labiovélaire, accompagnant une gutturale de type déjà semi-occlusif, donnait à celle-ci une résonance spéciale que ni les graphies grecques ni les graphies sémitiques n'étaient en mesure d'exprimer autrement que par des à-peu-près. De là leurs indécisions.

À cette première particularité s’en ajoutait une seconde, simple consé-

(1) M&yn, terme d’art militaire, en grec d’origine obscure, est vraisemblablement allogène (cf. Borsaco, Dre étym. de la langue grecque, s. v. udyohat), mais le mot se

a. À S S retrouve. dans l’Égyptien K l l | K l € #f NU \ 1 l € #f mekhi,

mekhäou, makhiiou — battre, se battre, combattre (BUDGE, Dictionnaire égyp., 1920, p. 320 b) et, vraisemblablement aussi dans l’Hébreu Nm (EZÉCH., IsaïE, PsAUMES) — battre ; 2 coup, dont l’origine est inconnue et, sans doute, égéenne, vu le caractère

guerrier d’une partie de ces peuples. Pour ces sortes de verbes mixtes et pseudo-sémitiques, cf. p. ex. le dictionnaire de Dalman, s. v., DEU Partic. pucal : DPUE ; Itpacel , popun <T à 7&Ëiç : signifie équiper, équipé, être prisé ; forme araméenne Du, meltre en ordre, préparer ; DD2, 2° p. sg. impf. Pacel DYDIn — —= tu rends inquiet ; Ttpacel 2° p. plur. impf. FDOINN vous vous rendez malade [d'inquiétude] << à vÔcos ; ; DNT (aussi au Picel < à

HAIQTE "93 et aram. DE << à yAdgw; 2e p. m. sg. Noa — ‘tu sculpteras; DD2 (< à Bäois) — établir, fonder [au Picel]; au Jtpacel DDANN étre fondé, etc. Je reviendrai, d’ailleurs, dans un prochain travail, sur cette question.

(2) Cf. par ex. le relatif kwiÿ, correspondant pour le sens au qui, latin.

(3) L'on peut en conclure, je crois, que le signe W, lorsqu'il sert, comme en Étrurie

et en Lycie à rendre une‘occlusive gutturale, doit, au moins dans une partie des cas, être rendu par g” et non par y.

CU fe On ON te cl RE CE CRNSSNT Or qu fe RUE LR RP ES ER RE KE dE ET ae V5 Eu: FHUEE jeds Lan s

Fe BASE PHONÉTIQUE DU NOM 71

quence, d’ailleurs, de l’occlusion imparfaite signalée ci-dessus : l’extrème faiblesse de cette gutturale asianique, faiblesse qui est telle, que celle-ci se résoud facilement en h, et s’'amuit même totalement à l’initiale ainsi qu’à l’intérieur des mots. |

De cette évolution phonétique vers zéro, le grec, ainsi que le sémitique, nous ont conservé des spécimens assez nombreux. Nous citerons seulement, du côté hellénique, des variantes telles que Kavdwros (ou KavdovAoc) et Avèsuhoc ; Orus et Koruç (1) ; V'Spauouas (2) et Kudoapouas (3) ; Oporn et Koporr (4); Xovoapôic et Evoaptic (5); Y'owuos — Evpuuos et *Kuowos (CIA 230-239 Kopwune — Y'pwunce) (9); Karevvexs et Etevverc (7) ; Avderpos et Pavdeipcc (5); Apveroc et Kapveros (2); plus quelques doublets de mots grecs allogènes et sans étymologie satisfaisante à ce jour tels que tyha = xéyÂn; amoç = xhnos etc. (1°).

La persistance de cette même prononciation en Asie Mineure est également attestée par les transcriptions sémitiques de mots grecs. Cf. par ex. : mardhuotç et NNDYON, DYJON et PUY; xoyyn et NITN; NTIN — ND1p ; xpôxos et T'PIN (m. plur.) ; etc. (1).

L’extrême faiblesse de cette occlusive gutturale paraît avoir favorisé son emploi, pour ainsi dire, ad libitum et des variantes comme Hadi et Adad ; Humba et Umba; Harri et Aryens; Ha-pi et "Are ; Hu-ud-ra-an et U-du-ra-an ; Hu-ru et *Qpo ; His-mi-tik et Iÿ-mi-tik, Kakens et Kane, montrent que, dans tout l'Orient méditerranéen, cette alternance gutlurale/ zéro était courante.

Cf. de même en Hétéen Hu-a$-ÿu-wa et A-aÿ-ÿu-wa ; ho-op-par et oppar ; ba-aÿ-ÿo-o-e-it et aÿ-ÿo-o-e-it ; a-ra-b-êi-na-aÿ et a-ra-Ëi-na-aÿ (7), etc.

(x) P. ce nom et le précédent, noms préhellénique et paphlagonien, cf. P.-B.

(2) Corzrrz. SGDI 1264 (Pamphylie).

(3) Lancxoronski, Stüdte Pamphyliens u. Pisidiens, T, n° 69 (Pamphylie).

(4) Ville d’Eubée avec un oracle d’Apollon, dieu d’origine asianique (P.-B.).

(s) Pare-BenseLer et FHG III, 570, 5 (ancien nom de Thyro ; PHir. DE BYBLOS, frs):

(6) En Carie. Voir mes ‘ Phéniciens ”?, Index, s.v.

(7) Peuple de Pisidie (P.-B.).

(8) Affluent du Scamandre en Troade (P.-B.).

(9) P.-B. Nom de mois, donc de comput chronologique d'origine forcément religieuse, en rapport avec le culte d’Apollon (Pausanras III, 13, 4) et qui se retrouve dans la légende d'Europe (Scor. Tnéocr. V, 83) ; cf, également HÉsyCHIUs, s. v. Képvos.

(10) Hésycius, s. v. J'ai déjà, dans mes « Phéniciens », attiré l'attention sur cette particularité (p. 20, n. 4).

(11) DALMAN, op. cit., s. v. v.

(12) Cf. WEIDNER, op. cit, pp. 25/6.

Ici, encore, l’Etrusque nous offre un parallélisme remarquable (*). Comparer par ex. : Elaysantre et Elsntre (PONTRANDOLFI, 0p. cit. p. 129); cialqus et cealux (ibid. p. 153); Fraucni et Frauni (CIE 405 Arrezzo et CIE 1183 Clusium) ; Marhio = Marcio ; Marhiesa — Marci (CIE 8362 Ager falisc.; cf. SCHULZE, op. cit. p. 360) etc. Cette tendance a, d’ailleurs, persisté en phonétique toscane, comme le prouvent des formes telles que fuobo, havallo, poho — fuoco, cavallo, poco etc. (2).

Les caractéristiques essentielles de ce phonème pouvant être considérées comme suffisamment définies, il ne nous reste plus qu’à déduire de ces prémisses les conclusions pratiques.

La labio-vélaire indo-européenne ayant évolué vers le p et le +. et vers la siflante (ou soufflante), cf. par ex. latin : quis ; osc-ombr. pis = rw — cypr. ge, sis etc., il paraît au moins très vraisemblable que le g asianique a subi les mêmes traitements (3). De ce chef, l’on doit s'attendre à

(x) La phonétique égyptienne offre également maints exemples de ce passage de la gutturale à l’aspirée simple où je ne serais pas éloigné de voir des traces d'influence pho-

#— nétique asianique ; l’on verra pourquoi ci-dessous, chap. III. Cf. parex.: =, J TS

; S 6 khadeb et î Fo J hedeb (BuDGE, Dre; p. 522 a); à NS khetkhet et fnfa hethet ; (p. 516 b), etc.

(2) Le fait a été signalé par NissEN, Landeskunde 1, p. 494 ; par SCHUCHARDT, Slavodeutsches u. Slavo-Italienisches, Graz, 1884, p. 13 et sq. Il est contesté, à tort selon nous et sans raison bien sérieuse, par SKUTSCH (dans PONTRANDOLFI, op. cit., p. 115). Il est juste de faire observer, d’ailleurs qu’en 1909 (date du livre de PONTRANDOLFI) nos connaissances en linguistique anatolienne étaient à peu près nulles. La forme fwoho a été recueillie par l’auteur lui-même au cours d’une petite enquête phonétique menée dans la campagne toscane (région de Fiesole) ; elle résulte de quinze observations faites sur des sujets différents, d'instruction rudimentaire et ignorant qu'ils fissent l’objet d’une expérience linguistique.

(3) À en juger d’après l’équivalence hébreu DD — sscr. açuas — equus — *xros = txx0ç (Tarente, Epidaure ["Izxos n. pr. dans ces deux localités]) = îrzos, cette évolution

peut même être considérée comme acquise. Cf. également TioevoeuBoav et TEK1O-

KYPPŸY (KaziNKka 25, 1) ; l'intermédiaire a dû être l’aspirée ou la palatale. Pour cette raison je serais assez porté à voir dans Je mot philistin po (Josué XII, 3 ; Juces JE, 3; XVI, 5 etc.) rapproché par Klostermann de rüsawvos, une autre forme de zoipavos, terme. militaire de type asianique en -ano-. Les deux mots me paraissent, d’ailleurs, devoir être des variantes dialectales d’un même vocable asianique originel. Pour v à la place de la diphtongue cf. les ex. ci-dessus des orthographes de AatpfBnvos (p. 57 et p. 46) et Tooïav = Toottny (COLLITZ, 3325, 204.219 Epidaure). L’u et l’o se substituent constamment l’un à l’autre dans les transcriptions grecques des noms d’Asie Mineure, comme le prouvent les différentes graphies de Tarq“u données en tête du chapitre. En réalité, la forme primitive devait être à 7 sonant, quelque chose comme *g“7. Quant au doublement de la nasale dans Topayvos, c’est un accident courant dans les mots de cette provenance; cf, par ex. : Aua

3 ERA ele tn RS Ne a IEEE

ce que Z7g® prenne, à l’occasion, les formes Typ- et Trs- (ou Trz-). Cette évolution n’a, d’ailleurs, rien que de très normal, car elle est en parfaite harmonie avec les expériences de la phonétique générale.

Le passage à la sifante (ou chuintante), que le grec et le latin classiques n’ont connu qu’exceptionnellement, est, par contre, une altération constante en phonétique égyptienne (*), comme le prouvent les doublets

ci-dessous : cf. par ex. : © 77 = Hefhtef — sefsef (Bunce, 738 a);

SE o K KA — klemem — ÿemem (739 b; 740 a) ; CO CE K — ben |

& es) — $en (743 a); | — Heton — ÿetou (721 b); [Fa © Ne — souarek?

= — Mesken — messen (Ibid.,s. v.); & —rek? — res (1334) — Pepe — Sepes (736 b) ; etc. L'on peut donc envisager la possibilité, pour certaines formes dialectales, influencées par la phonétique égyptienne (2), d’une évolution de Trk/Try en Tré/s. Bien entendu, ces assi-

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