‹ Tarkondemos. Réflexions sur quelques éléments graphiques figurant sur le monument appelé "Sceau de Tarkondemos."Chapitre 26 sur 69 · CET · texte numérisé non relu

CET

Kéveuov et TMDIMIN ; Aüvvos et DATOR ; sella et NIDN ; mrokeuatos et

OMAN ; Toéronis (nom d’une ville phénicienne), et D'IATUN ; rafer- Népio et NIAON ; oocatoy et TON s Dcoi et NTIN (aussi VIN); etc. CE

Ce phénomène, qui. n'est ni sémitique, ni proprement grec, ni latin,. a, d’ailleurs, subsisté en Syro-Palestine (?) où il représente une intéressante survivance des vieilles habitudes phonétiques asianiques (3). Il se retrouve de mème dans le nom des Étrusques: ct. p. ex.: Tursci — Etrusci.

La nature d’un certain nombre de ces termes interdit d'admettre que cette prothèse représente soit un ancien article soit une préposition, soudés par habitude à la forme primitive. | Ce ne

Quant à la vocalisation, qui varie, et qui comporte, en pas mal de cas, un “wa, elle indiquerait manifestement une vocalisation originelle neutre, du type ?, que la variante Axafupiov Irafoprev permettait déjà de supposer (ce phonème paraît correspondre exactement au 7 lycien) (4).

La présence ou l’absence de cet 2 prothétique semblent, d’ailleurs, avoir été des plus facultatives comme le prouvent à la fois et les doublets asianiques et des formes telles que DtT11 pour "Apados ; P2 comparé à &VAXUW OS 5 rev p2 comparé à aydxkiroy ; TE rapproché de MON ; etc. |

(x) Les exemples marqués ici d'un astérisque sont empruntés au lexique de Lévy ; les autres à celui de Dulman. Partout ailleurs, dans le présent livre, ils indiquent, suivant l’usage, des restitutions théoriques. ;

(2) Cf. JRAS 1920, juillet, p. 306.

(3) Outre les formes lyciennes données dans le relevé des noms en Z27q“u, cf. Dederanuus (Reisen in Lykien Il, p. 57) et FSTATPAXME (TAM 29, 8).

(4) Ce son corréspond, tantôt au grec I : ‘Jepauévns = TPEIPMŸÈNP (44 © 12); tantôt à À : AptaëïsoËëou — TPTAVGGEPAIPÆT (44 b, 59 sq.) ; TPBBENP — ApBivvas (monnaies) ; MENPAT— Iivaga (26, 21 ; 44 b 30); tantôt à E : ‘Exaraios — AYITIEIP G23, 1); MTPEMPEFPI[T] = Mepipaua (27, 5); [eomñs — PAPEKAT+HT(67,2; 83,5 et sq. gén.); tantôt à w : Arokkmvièns — POATNIAP (6,1);,

etc. [Les n°s indiquéssont ceux des Tituli Asiae Minoris de KALINKA; T.I.]. À. SCHIEFNER

(dans Mélanges asiatiques tirés du Bulletin historico-philologique de l Académie ‘imp. des sc. de Saint-Pétersbourg, 1855, Tome Il, 4 livr., p. 406), signalait dès 1854 l'existence en TOSQUE caucasien d’un type spécial de vocalisme initial donnant, notamment pour lo et l’u, mais aussi pour a et e l'impression d’un 2. « Manche Würter haben im Anlaut eine mit grôsserer Betheiligung der Sprachorgane bewer kstelligte Aussprache des a,e,0, u, so dass man namentlich bei den beiden zuletzigenannten Vocalen fast den Vorschlag eines flüchtigen e zu hôren glaubt. » C’est là une particularité qui, à notre sens, rend probablement raison de la grande abondance d’2 qui se manifeste dans la langue des Gabas, où elle ne constitue, selon toute apparence, qu'une survivance des habitudes articulatoires asianiques antérieures. Comme on le sait, la proportion des voyelles franches et colorées devient beaucoup plus forte à mesure que l’on aborde des textes avestiques plus récents.

La nasale finale offre moins de difficultés encore, car la nasalisation [facultative] est l’une des altérations qui affectent le plus souvent, en Asianique comme en Etrusque, les éléments vocaliques. Cf. par ex. : Lycien AXMŸMA (102, 3; 131, 4) — YXMŸ MP (111, 43 149, 9); TBTEPK (45,1; 70, 13 80, D) TBXENS (PAT SRE ete. )s MT (20, 1. 16,40 c8 etc.); et MW (44h47; 11,1: 16,1 etc.); SAŸMP (44 c 43), SAPMP (44 d 26), et SAŸMATE (44 c 40); +XPPOMA (monnaies) et +XPŸMP (37, 5 sq.) — Epoouos ; etc. Cf. également des variantes graphiques telles que AzySoavvèos comparé à Aaépaydos (KRETSCHMER, P+ 303); Ouaydaveis (n. m. Isaurie-Cicilie ; Srerrerr, Wolfe Exped., p. 69) et Ovavydauouc (n. m. Lycaonie; JHS XXII, p. 344); Koareac (n. m. Isaurie-Cilicie ; STERRETT, op. cit., .p. 91) et Kolariypapue (WILHELM, Beiträge x. Griech. Inschr., p. 224)- avec Kevéarsac et

cuavCageus (n. m. Isaurie; Ramsay, Studies, p. 40 sq.); [leppiveuydz et [Tepytvoders (Local. et démot. Lydiens A.M. XII, 250 et KRETSCHMER, Eïnl., p.316, 1); Tasxevdiuorec et Taprodtuoros ; Euvada et Duyvada (nom de lieu en Phrygie-Pisidie ; P.-B.); Moÿeu £oxix et Mopyev éctia (Cilicie ; P.-B. et Hiéroclès, 705, 3) ; Meos et Mousec (P.-B.et CIG Il, 4413 ; 4411; texte majuscule seul correct), Bhavdos et Bravv3oz (KRETSCHMER, p. 306) etc. ; qui témoignent dans le même sens.

Des mots grecs d’origine préhellénique tels que roéuudos réouuvhoc (Dior, Thesaurus, s. v. respuboe) ; acc. sg. £Aut0x (COLLITZ, 3340, 10. 20) à côté de £auvbes (forme d'HippocraTE, DIosCORIDE etc.), correspondant à des variantes pue Zayive () (cf. Dipor, s. v.), sur le type de Tipuvs; péopue, éputlos à côté de (s)uñeivhes (BoisAcQ, s. v.); 2opuvbeis à côté de xépube: etc., montrent le même procédé phonétique en action, et nous éclairent, par suite, en partie sur le processus formatif du suffixe méditerranéen -v5-, simple élargissement nasalisé de formes en voyelle. +6, conformément aux habitudes asianiques:

C’est, vraisemblablement, à la même influence qu’il y a lieu de rattacher, d'une part : la nasalisation, si fréquente en araméen biblique et targumique, ainsi qu’en hébreu post-biblique, à laquelle nous devons des formes comme ÿ"237 (Espr. VI, 9) plur. correspondant au sing. hébreu nT, la nasale tenant lieu du Dages ; YT32 connaissance, prudence (Daxiez IL, 21. V, 12) — hébr. YT ; D'ANIN — Hüvvos (pour Lx prothétique, cf. supra); NDN en regard de éAvvhos ; DEN comparé à imihoyos ; DIpain à ’Axÿhas ; Tordlio et PART ; rouxroÿuuoy et DY2 PP,

(1) Cf. la forme aramaïsante Mao — vers du blé (DALMAN, op. cit, s, v.).

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etpnp; vidopves et DNDI; Dagfäruv et JOIND ; ciguv et Nono É= aussi suugwvix, ainsi que giuowvoy) ; sampetptvoy ET PAVEND ; cependant que o7°yyos Est rendu par 320 ; casbiex par NMDED ; éyxivos par MAY ; upon par nota0 (aussi 5210) et oupfonx par 920; Valens par pô; xpépôn par N2D, N31, 2195 Méugié par DD; Gus par PRY; huÿos par NEPN (°); etc. Ce phénomène est fréquent en Elamite également.

Ces exemples suffisent à montrer avec quelle facilité — nous dirions même, quelle indifférence — la nasalisation des éléments vocaliques avait lieu. Pour qu'il en fût de la sorte il fallait, assurément, que les voyelles elles-mêmes comportassent une résonance nasale qui leur fût inhérente, quitte à la graphie à l’exprimer ou non. Es

Le même phénomène, on la déjà remarqué, se constate, au moins devant la gutturale, en Hétéen (2), qui rend le sumérien nig-gal-gal par ni-in-gal-gal, c’est-à-dire ni-in-kal-kal ; SAG par $a-an-kà ; UKKIN par un ki; aragubbn par ra-an-ku-ub-bu etc. (3).

Conformément à un parallélisme que nous avons déjà eu l'occasion de constater, l’Etrusque offre-t-il ici un caractère phonétique analogue ?

Sans aucun doute; et le Tuscus anis, dans la seule Enéide (+), pourrait

suffire, à la rigueur, à constituer un exemple démonstratif.

Virgile n'emploie, en effet, les formes latines de cenom, Tiberinus (5) et Tiberis, que dans les cas où c’est lui-mème, poète ou narrateur, qui parle

(1) L'on trouvera tous ces exemples dans l’ouvrage précité de DALMAK, S. V.

(2) WEIDNER, op. cil., P. 31.

(3) Des variantes telles que wbara et umbard ; ukkin et unkin ; gun et gû; kän et kd; kin et ki; gän-la et ga-la; dingir et digir; munsub et musub (voir Sumerisches Glossar de Fro. DecrrzscH, Leipzig, 1914, pp. 40 ; 435 533 111; PASS AIO 13450398 193) etc. prouvent que le même phénomène était courant en Sumérien. Jusqu'à quel point n'est-il pas vraisemblable que Le S-m-r-ien soit une beaucoup plus ancienne forme de la langue des Dusot (S-w-r-iens ; p. M/W, cf. Assyrische Grammatik de DecrrzscH) c’est ce qu’il est encore malaisé de décider pour l'instant. Mais l’indistinction originelle des sourdes et des sonores dans l'écriture; l'absence de différenciation morphologique des genres ; le jeu des préfixes, infixes et suffixes, qui gardent, nonobstant, leur existence bien distincte; de curieuses analogies dans les procédés de formation des mots; certaines particularités du vocabulaire ; la parenté manifeste des conceptions religieuses et, notamment la « théologie » de Tammouz, pourraient inciter à prendre cette hypothèse en sérieuse considération.

(4) ENËIDE VITE, 473-4 (c'est Evandre qui parle : binc Tusco claudimur amni, || Hinc Rutulus premit et murunt circumsonat armis. Cf. également GÉORGIQUES I, 499 : quae Tuscum Tiberim et Romaha Pulatia servas,..… et VIL, 242 : Tyrrhenum ad Thybrim etc.

(5) Voici les passages : Tiberinus, nom propre : E VI, 873 ; VIL, 30, 797; VIL3T ES 125 ; adjectif : G IV, 369; E, 13; X, 833 ; XI, 449. Tiberis G I, 499; E VIL, 715.

ou lorsqu'il veut évoquer, au cours d’une vision prophétique, le dieufleuve devenu Romain. ;

Partout ailleurs, que le sujet parlant soit Junon, ancienne déesse de Mycènes et d’Argos (); Vénus-Aphrodite, divinité asianique et mère du TFroyen Enée (2); Apollon, le grand dieu de PAsie Mineure (5); Andromaque (4), Créuse (5), Enée (9), Pallas (7), fugitifs réchappés d’Ilion ; ou Turnus (5), Evandre (>), Latinus ('°), la Sibylle (qui parle forcément la langue du pays et la langue religieuse) (*); anciens habitants du sol italique (2) dont certains, comme Evandre, immigrés de l’Arcadie pélasgique; tous affiliés, en tous cas, au vieux monde continental méditerranéen ; enfin, le dieu lui-même (55), qui, nous l’avons vu, est qualifié soit de tosque, soit de tyrrhénien; le poète, guidé par ce scrupule délicat de la couleur locale et des convenances archéologiques dont il donne tant de preuves, préfère la forme étrusque, ou, si l’on préfère, pré-romaine, de Oupre (cf. par ex. : CIE r637 Clusium) dont la transcription latine donne Thybris; mais la forme Thymbris, qui suppose une variante asianique

CHRENMIESOS.

(3) Cf. mes « Phéniciens » pp. 18 etseq. ; cf. STRABON, XIII, C. 618 entre autres; et l'hymne homérique à Apollon Pythien où s’accusent les rapports étroits du dieu avec le monde crétois. Cf. également CurTIus, Histoire grecque (trad. BOUCHÉ-LECLERQ), Paris, Leroux, 1883, t. I, p. 68 et seq.

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