E XII
(11) E VI, 87; auquel il y a lieu de joindre, pour la même raison, VIL, 151.
(12) C'est pourquoi l’on trouve également la forme Thybris dans E VII, 331. De même dans VIII, 86 où Virgile parle du dieu-fleuve de l'époque qui apaise ses eaux.
(13) E VIII, 62-64. Pour les discussions auxquelles ont donné lieu ces variantes, cf. J. CarcoriNo, Viroile et les origines d’Ostie, Paris, 1919, pp. 561 et seq. Les conclusions auxquelles j'étais arrivé de mon côté, avant d’avoir pris connaissance du travail de l’auteur, concordent, on le voit, dans l’ensemble avec les siennes,
*Tmpre [ou *Tüpre], est également attestée (*) et se retrouve, au reste, dans l’onomastique “ troyenne ”. Ex. : @uyfpos, ami de Dardanos (Er. DE Bvz. s. v. Ouu.2ox); TeuBon (FL. de Phrygie; Ramsay, S/udies, p. 189); Quufoux et Oesuoux (v. de Carie; P.-B. s. v.; remarquer le jeu de la sonante nasale); Tuyfoixe et TiuBouxs en Pisidie (P.-B.) ; Thymbriani et Tymbriani (démotique lycaonien ; PLINE V; 95); Tuypravaacos (v. de Pisidie (Ramsay, Cities et bishopries etc., p. 322 et sq.) ; Ouufpapa (local. lydienne; P.-B.) et, avec l’a prothétique que nous connaissons bien, ApvuBoa (v. de Carie; P.-B.) etc. |
Ce n’est, toutefois, pas le seul spécimen offert à notre observation et l’on pourrait aisément en ajouter d’autres, tels que Pometice et Iwyevrtov ; Arretium, Arrentium, Arruntium et Arn; -et- et -ent-; sciate et sciante ; ardal et arnbal etc., prouvant, sans conteste possible, que le Tosque, sur ce point tout comme sur les précédents, suit exactement les mêmes procédés phonétiques que les idiomes asiano-anatoliens (2).
Il est temps de clore cette longue mais indispensable analyse. Nous le ferons en peu de mots.
Au cours de notre investigation nous avons constaté plusieurs faits essentiels :
(x) Cf. Parr-BENSELER. Pour le caractère spécial de la dentale initiale, voir plus haut, p. 48.
(2) L'on trouvera un exposé précis et clair de la nasalisation en Etrusque dans le CIE
I, p. 59 et sq. Je me dispense donc d’y insister. Le latin présente, comme on le sait, un phénomène identique ; cf. par ex. Aëz0ç et lanx; Éyus et anguis ; sac-er et sanctus ; frag-or et frang-o; plag-a et plang-o ; ud-us et und-a et les graphies comme cosul pour consul, etc. Jaurai, dans mon prochain volume, l’occasion d'y revenir. Notons, en tout cas, que des formes comme levenna — levis (AULU-GELLE XVI, 7, 10-11) ; haru-spex (aussi harispex CIE 786 Clusium ; haraspex CIE 8352; arispex, arespex, arrespex : BRÉAL, Dict. étym. latin., p. 123, a ; remarquer le jeu de la sonante r et la faiblesse de l’aspirée initiale) dont une moitié est latine et l’autre moitié étrusque prouvent entre le latin et le tosque une intime compénétration, constatée également, d’ailleurs, pour les noms propres (v. à ce sujet W. SCHULZE, op. cit., pp. 80 et 314 : die grosse Masse der scheinbar lateinischen Cognomina auf -0 [besteht] in der That aus verkleideten etruskischen -u- Formen). L'on comprend que, dans ces conditions, il n’est pas toujours aisé de faire le départ entre ce qui ‘est proprement étrusque et ce qui est proprement romain. L'on doit donc envisager une explication d’après laquelle le latin, dont tant d'éléments de tout ordre ont leurs origines profondes dans l’Etrusque, a profondément subi l'influence linguistique des premiers organisateurs du pays (cf. DENYS D'HALICARNASSE : thv Puunv abtiv noAlot réiv cuyypapéuv Tuponvida rôkw elvar brélañov., ... et les remarques de ScHuLze sur Romulus et Remus, noms se rattachant à des gentes étrusques ; index, s. vv.). C’est, à mon avis, la méconnaissance de cette compénétration mutuelle qui a pu faire oublier que, malgré ses ressemblances avec le latin, l’hétéen pourrait bien être autre chose qu’une langue exclusivement indo-européenne (voir mon chapitre sur les langues de l’Asie ancienne dans « Les langues du monde », Paris, Champion, 1922, à ce sujet).
L'un est le caractère tout spécial des occlusives asianiques, occlusives qui ne sont ni de vraies sourdes, ni de vraies sonores, mais des sortes -de douces non sonores à très faible occlusion qui permettait de les percevoir, à l’occasion, comme des aspirées, phénomène normal, en somme, en linguistique asianique et dont léquivalent se retrouve en Sumérien, en Elamite, en Mitannien, en Hétéen et dans un certain nombre de langues modernes du Caucase. |
Nous avons remarqué, en outre, le type hourdonnant des liquides /, m, n, r; le large emploi que ces idiomes en font comme sonantes et la variabilité des transcriptions helléniques et juives de ces phonèmes.
Le type faiblement occlusif de la gutturale, sa qualité labio-vélaire, et son amuissement occasionnel en h et en zéro ont été également signalés, ainsi que la nasalisation courante des éléments vocaliques (°).
Chemin faisant, nous avons, en mainte occasion, constaté un frappant parallélisme entre les processus phonétiques de l’Etrusque et ceux des idiomes asiano-méditerranéens auxquels tant de liens traditionnels, bien que non vérifiés en détail jusqu'ici, les relient.
: Nous avons, également, noté l'utilité d’avoir recours, à titre de témoins des habitudes articulatoires asianiques, tant à l’iranien ancien, qu'au juif post-biblique et à la langue des targums (?).
C'’étaient là des indications dont l’utilité éventuelle ne saurait échapper à personne. Nous nous bornons, pour le moment, à les avoir signalées sans rien vouloir en conclure encore, ce qui serait peut-être prématuré.
Nous voici maintenant en mesure, néanmoins, d'aborder avec plus de confiance l'examen des aires de diffusion de Tyq"u (5). C'est ce à quoi nous allons procéder, sans plus tarder.
(x) Cette tendance à la semi-occlusion a, d’ailleurs, ont le sait, survécu en grec moderne. Les phonétismes ont, en effet, un type singulièrement plus durable que l'apparence graphique ne porterait à le supposer.
(2) L’araméen paraît, en particulier, devoir, au point de vue lexicographique, être d’une utilité appréciable et avoir conservé un nombre relativement important de termes asianiques. Le 2 (ou 2%3) qui désigne une fosse, semble n'être qu’une réplique du lycien kupa dont le sens funéraire est, manifestement, des plus voisins (cf. KALINKA, op. LPO LL 12: 100 106,1 114% 2ret0r):
(3) Remarquons, en passant, l'extraordinaire ténacité de ce nom qui apparaît dans l’histoire et dans la géographie vers le 3e millénaire avant J.-C. et qui, nous le verrons dans la suite, reste encore vivant aujourd’hui,
« Datur hæc venia antiquitati, ut, miscendo humana divinis, primordia urbium augu- : stiora faciat. »
Trre-Live, Préface, $ 7.
Trq“u en Egypte
Les relations de l'Egypte avec le monde d’Asie Mineure étaient anciennes et fréquentes. Aussi la présence du nom divin en terre pharaonique n’a-t-elle surpris personne,
Nous l'y retrouvons, en effet, plusieurs fois, depuis la xix* dynastie jusqu’au nr siècle avant J.-C., dans des noms propres portés, soit par des anatolo-cappadociens, soit par des asianiques se rattachant à la même souche. |
Tels sont :
| l N- K a K o | eo — Tärganou}nasa (*), combattant,
conducteur d’attelage, sans doute l’un des « grands » du roi de Hatti (?);
(1) Lepsius, Denkm., III, 165, à gauche, derrière le char de Ramsès IT. Sa fonction
est définie par son titre de = DN “ K A A Le — «conducteur » (kadjen) du vaincu de Kheta. |
(2) Le mot hétéen $falliÿ — grand, que le sumérien rend par # NIG-GAL-GAL et l’assyrien par Sd ra-pa-a-ti (cf. WEIDNER, Séudien zur heth. Sprachw., I, p. 129) n’est autre que le L'an hébreu, qui désigne également les « héros » compagnons du roi (II Koïs,
IX, 25; VIL, 21, 17, 19 3 IX, 25 ; XV, 25)etles guerriers de choix. L’on a cherché, bien que
sans grand succès, à interpréter ce terme en le rattachant à LOT — trois; cf. GESENIUS-.
Buuz, W.-B.s. v. L'interprétation par le hétéen, que justifie non seulement la présence de tribus de ce stock parmi les clans cananéens, mais aussi la. valeur et l’organisation militaire de ces contingents, explique et justifie cet emprunt lexicographique. Je reviendrai
plus à loisir sur cet aspect de la question dans « Sidon et Canaan » et me borne à signa.
ler la chose en passant.
PNR TE DES MEL RSS a Le TE Ars
Wa K | VRg'e F \ = Türgatädjasa () (Tapxerus ou
Tœpyiraos ou UE chet des gens de Nagbesou (?) (2) NT | NN. 11"... Larganou...., «héros » conducteur du
char, qui tombe percé d’une flèche (5).
Ces noms, remarquons-le en passant, sont tous portés par de grands personnages. Le dieu en question jouait donc un‘ rôle éminent dans lPonomastique — par conséquent dans les croyances — de l'aristocratie anatolo-cappadocienne. Et cette constatation corrobore, du reste, ce que nous savions par ailleurs de la popularité du dieu parmi les tribus ayant fait partie de la masse hétéenne.
La littérature égyptienne nous a conservé, en outre, le nom d’une région de Kheta dont Tarq“u représente également un composant.
\ Cette région, non encore ar est le pays de ml Ü — LÉ aa SNS pe N18fNle) — Sapirtairgessou (+), qu'il y a lieu de
couper en sapir + En comme le prouve l'existence distincte de l'élément s-?/p-r dans l'onomastique asianique et étrusque : cf. par ex. : Dabapra (5) (n. m. en Pisidie), Xarop3a (Loc. en Pisidie) (5), Saburius, Saburra, Sabernius, Saburra, Saprinius, Sepurius, Sepernas, Sepre, (CIE 1310 sqq. Clusium); Sepria (2996, ibid.) ; Sepronei (2798 ; 4888 ; Cluin) etc.(7).
(Gi) LD, I, 160. Son titre est = RE . J l Ça — chef (à ce titre,
comme les « héros » d’Homère, il es monté sur un char d’où une flèche le « descend ») de Nagbesou (pays ou province de localisation inconnue). 165 le même nom se retrouve
mutilé Tärgatà......
(2) Ce peuple n’a pas encore été Mentne Vu les étroites relations ayant uni le monde « troyen » avec l’Afrique du Nord et la région des Syrtes (cf. p. ex. la légende de Kadmos Noxus, XIII, 333 sqq. ; PINDARE, P. V, 103-111), la « liaison » évidente — liaison d’aristocraties, sans doute — ayant existé entre les « peuples de la mer » et le monde Lybien, l’on pourrait songer peut-être à des NuyfBnvor asianiques, homonymes et parents des NuyGnvo: et Nuzxxtor établis sur la côte des Syrtes.
(3) IL, 165, derrière le char de Ramsès.
(4) W, GOLENISCHEFF, Epigraphical results of an excursion to Wadi Hammamat, Saint-Pétersbourg, Se 4, 9, 10.
(5) Klio, op. cit., p. 192. La coupure Saba-r(a}-ija suggérée par Sundwall est loin de s'imposer et paraît te par l’onomastique étrusque dont nous montrons S‘IT l’intime connexion avec celle du monde asianique.