PTOLÉMÉE, V
(7) Dans mon prochain travail je montrerai pourquoi il y a vraisemblablement lieu
Mentionnons enfin, à date sensiblement plus basse (rrr° siècle av. J.-C.)
Tasrouws, n. m. en Egypte (°). 3
Tyq“u reparaît encore, sous un aspect phonétique légèrement différent, bien reconnaissable, néanmoins, dans l’appellatif divin — et nom propre — Ilaraxos (accentué tantôt Ilézarmos, tantôt [arainéc)..
Ce terme, où l’on a voulu autrefois retrouver une forme grécisée du sémitique Eine (2) — sculptures, dérivé de la \/ nn? (au Pi‘el seulement) — graver, ciseler, désignait, comme on le sait, au singulier, l'Héraclès « phénicien » (5), dont laffinité d’origine et d'essence avec Tyq“u peut passer pour certaine.
Sous sa forme plurielle, il servait, en outre, à dénommer des statuettes
de rattacher à ce nom celui de 95D dans 7207", ville cananéenne (cf. mes remarques au sujet de YANN NP dans mes « Phéniciens », p. 66 et n. 12, ainsi qu’au S II ci-
dessous sur les usages de l’onomastique asiano-étrusque). Il est bien évident que les
Cananéens, qui n’élaient bas des Sémites, ne pouvaient pas donner à une de leurs villes. > 4 ; P
fortes le nom sémitique de Cité du Livre, en entendant 92D au sens hébreu. Par contre il paraît sensiblement plus probable, que l’hébreu 99D = livre est, lui-même, un ancien n. pr. dérivé d’un centre de diffusion de librairie : 990, au même titre que le grec 66A0c procède de Bu6aoc/B1620<. L'activité littéraire précoce de l’Asie Mineure; l'importance des temples dans la préservation des archives ; le rôle de copistes de manuscrits tenu par les scribes sacerdotaux mésopotamiens, tout comme par leurs émules occidentaux du moyenâge ; l’origine certainement religieuse de la culture en Asie Mineure ; rendent cette déri-
vation des plus probables, à notre avis. L’on sait que Sippar, dont le nom n’est pas sémitique,
était à la fois un important centre de culte, en même temps qu’un dépôt de livres sacrés (les Livres par excellence) que Xisouthros y avait portés. Vu le déplacement de l’activité économique de l'Orient vers l'Occident (Hérodote I, 1), et de la Phénicie vers la Grèce, il paraît à peu près certain que Sippar est à 120 ce que Bu6os/Biéos est à 666A0c/6t6hoc. Dans les deux cas, c’est donc un foyer cultuel et religieux qui, le premier, a approvisionné les amateurs de lecture et donné son nom à ses « publications ». Comme noms
de produits dérivés de noms de localités, cf. par ex. : calicot et Calicut, Mossoul et mous- | è
seline, nepotxôv — pêche (ou citron); goinË — pourpre ; Portugal — orange (à Nice), bilbo — épée (SHAKESPEARE, Merry Wiv. of Windsor, Acte I, Sc. I) — prop. lame de Bilbao ; Egypt. mod. 5 — drap [du Thibet] (S. Sprro, Arab.-Engl. vocab., p. 68 b); EL — sorte de jarre fabriquée à Ballas (p. 55 b) ; fullam — dés pipés [fabriqués à Fulham] ; (SaakesP., loc. cit., etc.). Le mot livre a donc, selon nous, pour origine, en
grec comme en hébreu, un nom propré désignant, en principe, un centre de culte et de
science sacerdotale. La chose nous paraît trop normale pour ne pas devoir être considérée comme certaine. Cf, ae un Elzévir, un Lemerre, etc.
(1) Kio, op. cit., pp. 162, 214.
(2) BocHaART, H. De Pre etc. Cf. W. MUSS-ARNOLT, ne of the Amer. philol. assoc., "vol. 23 (1892), p. 52.
(3) HEésyon., s. v. v. l'iyypuv et Ebypdènç, Cf. HÉRODOTE, I, 37. vo -
Lu ét: ie Po NRENIC PME, en 2." si “A er A pete ee Go SES Sans EE à N éi LARRONSE: : ;
protectrices que les « Phéniciens » attachaient soit à la proue, soit à la poupe dé leurs vaisseaux.
Or Iaraxos, n'est qu'une forme égyptianisée, pourvue de l'article
NN — pa, de Trq“u ; forme parallèle à Ilrauros, Ilaartç, IlaauvAns,
[ave (°), du type de x K° — pa Ka, x J EE pa
Bü'/1 — Baal, etc. L'article s’est incorporé au nom, comme dans /ierre ou lendemain. Mais, à cela près, le nom divin demeure bien reconnaissable.
Nous avons, en effet, eu l’occasion de remarquer (2) que le passage de lr à la semi-voyelle z dont il y a des exemples en phonétique méditerrânéenne (5), constituait dans la vallée du Nil un accident courant. Dès lors, une forme égyptienne [laruxos — ra -*Tapxos est des plus normales.
Reste, il est vrai, l'emploi du pluriel [laraxo: qui pourrait susciter quelques réserves. Heureusement, les archives hétéennes viennent à point nous fournir la preuve-que notre assimilation est linguistiquement légitime. L'on y voit que Trq“u s'était, à l’instar de Soutekh, fractionné en personnalités multiples, douées jusqu’à un certain point d’individualités
indépendantes.
Un texte cappadocien inédit (+) mentionne, en Se l'existence de dieux Tarq“u : AN Tar-qu-mai. Cette pluralisation, où il convient,
selon nous, de voir une simple résultante de ces spécialisations locales dont nous avons parlé chapitre I, ne saurait, évidemment, prévaloir. contre l'unité originelle du dieu. Mais elle suffit à écarter l’objection grammaticale que l’on croirait devoir déduire de la formule PIHTEe employée par Hérodote (5).
(1) HésycH., Suipas, s. v. ITérarmor et P.-B. s,vv.