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(3) Je considère, en effet, que le nom du vautour — — aiyérioc <*apyurtos —= sScr. rjtpya a passé en Grèce par l’intermédiaire asiano-égéen. Ceci résulte du rôle éminent du vautour comme oiseau augural. L’autour, ou le faucon, dont l'importance, à ce point de vue, n’était pas moindre, est également désigné par un terme d'origine religieuse : tépaë.
(4) Cf. E. F. WEïDNER, Séud. 7. heth. Sprachw., À, p. 19.
(s) II, 37. Quant aux villes égyptiennes de Tonyrs et de Tapryeai (ou Tapryntat), l’on doit y suspecter, à notre avis, la présence du même élément théophore. Le site de la première est inconnu ; les autres, celle de Mendès et celle de Canope (Er. DE Byz. s. v. Tagryéa) se trouvent dans le Delta, terre internationale par définition, que commande, économiquement, le grand port préhellénique de Pharos. La présence dans cette région
* de comptoirs aux noms asianiques constituerait donc en soi, un phénomène absolument
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L'on peut donc, croyons-nous, considérer comme certaine l’équivalence Ilararoe — #2 -*Tapnos, équivalence qu’un examen plus détaillé de la question religieuse nous permettra, d’ailleurs, dans un travail postérieur, de justifier plus en détail (").
L'influence des immigrés asianiques sur Misraïm, au même titre que celles des colonies européenne, syrienne, arménienne sur l'Egypte moderne, a été considérable (?).
La présence de négociants provenus de ce stock a été constatée dès l'Ancien Empire (3). L'invasion des Hyksos a contribué, pendant quelques siècles, à accentuer plus fortement encore la compénétration mutuelle des éléments asianique et indigène. Et, là comme partout, comme en Grèce, comme en Italie, ces étrangers ont agi à la manière d’un ferment.
L'âge classique de la littérature et de la langue égyptienne coïncide, en effet, avec le Moyen Empire et avec les débuts du Nouvel Empire (Or ce sont là, comme on le sait, les époques du contact maximum entre les deux groupes.
De cette période date une organisation politique nouvelle. Les échanges économiques s’activent. La langue administrative se fixe et demeurera, désormais, sensiblement pareille à elle-même jusqu'aux Saïtes — à part quelques inscriptions officielles de la xx° dynastie rédigées dans l’idiome courant du N.-E. (5) —. C’est là un indice certain d’organisation intérieure, de traditions administratives stables, d’accroissement de la culture moyenne dans le monde des fonctionnaires.
naturel. (Pour l'ancienneté des établissements « Phéniciens » en Basse-Égypte, ct. Currius, H. grecque |trad. Boucné-Lecrerco], Paris, 1883, t. I, p. 53. L'auteur y considère, il est vrai, ce peuple comme sémitique. Mais cette divergence avec nos propres résultats n’affecte en rien la valeur chronologique de la présente référence).
(1) L'examen de cet aspect de la question m'entraînerait, en effet, à des développements qui ne sauraient trouver leur place en ce volume que je considère comme un simple préliminaire. |
(2) Si, en effet, l’on élimine virtuellement les raisons sociales ressortissant de ces colonies de la statistique des maisons du commerce en Egypte moderne, l’activité mercantile propre du pays se trouve réduite de 95 9/0.
(3) Cf. W. M. FLINDERS PETRIE, Kahun, Gurob & Havara, Londres, 1890, 36, 38, 40- 45 ; Illahun, Kahun & Gurob, 1891, pp. 14, 21, et mes remarques à ce sujet : « Phéniciens », P. 108, n. 3. x
(4) Cf. par ex. A. ERMAN, 4g. Grams, p. 4 (= $ 6* b), qui limite cette période au Moyen-Empire. Je crains que cet auteur n’ait sensiblement exagéré l'écart linguistique séparant la langue du N.-E. de la période antérieure. La langue a évolué, c’est certain, mais cette évolution reste très modérée et le modèle classique sous-jacent y est encore nettement accusé.
(s) Ibid., S 6 d.
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L'ancienne littérature magico-religieuse, dont les textes des Pyramides constituaient, jusqu'au M.-E., le principal spécimen, s'enrichit de genres nouveaux et profanes : contes, mémoires, « moralités », chants lyriques, proverbes. Certaines inscriptions même — tenu compte de la prandiloquence égyptienne — prennent de vagues airs d’épopée.
Visiblement, l’âme de Qemit, que son penchant naturel porte à fuir l'effort continu pour se confiner dans une indolence toute orientale et provinciale, se réveille et s’épanouit. Le monde extérieur, avec lequel elle communique largement, l’incite à l’action.
De même que l’Hellade sous ses chef achéens (1), que le Latium avec ÆEnée puis sous les Tarquins (2), l'Egypte, renouvelée, prend l'offensive. Offensive économique ; car c'est de ce temps que datent la plupart des objets égyptiens retrouvés dans toutes les contrées que baigne l’Egée (5); objets attestant l’intensification des rapports de la vallée du Nil avec les peuples méditerranéens. Offensive diplomatique ; voyages d’information en Palestine et dans les Grandes Iles; expulsion des colonies étrangères « indésirables » pour raisons politiques ou autres ; organisation militaire sérieuse due en grande partie à l’incorporation d’importants corps de troupes asianiques qui ont permis, à leur tour, une offensive politique efficace, sinon réellement victorieuse, contre les Cananéens et la confédération hétéenne. Des relations se sont nouées avec le roi de Kheta. Les princes féaux, soumis, demeurent en repos et paient leurs tributs. Misraïm, rafraichie par cet influx d’énergie étrangère, confante en ses forces, fière de sa richesse accrue, jouit dans toute la mer orientale d’une audience sans précédent. Elle s’affirme vigoureusement avant de sommeiller à nouveau. Ces faits sont bien connus.
Ce qui le paraît moins; ce qui, en tout cas, n’a, nulle part encore, fait l’objet de notices tant soit peu explicites, c’est la trace qu'a laissée dans la propre langue de Misraïm ce vocabulaire « prohéllénique » d’origine asianique dont la présence simultanée en Grèce, en Italie, dans l’Afrique du Nord nous demeure comme un témoin, témoin fugitif sans doute, mais témoin inestimable, de l'unité de culture méditerranéenne réalisée jadis
(1) Aïnsi que je l’ai indiqué dans mes « Phéniciens », p. 72, les Achéens sont d’anciens Cananéens. Voir plus loin à ce sujet.
(2) La remarquable expansion ‘économique de Rome sous la dynastie Tarquine a été, depuis longtemps, signalée par MOMMSEN.
(3) L'on trouvera un excellent résumé de cette question dans P. FoucarT, Les Mystères d'Eleusis, Paris, 1914, chap. I et dans D. FIMMEN, op, cit., pp. 168-180. Les trouvailles s’échelonnent de la vre/ve à la xixe/xxe dyn. Elles se multiplient à partir du
sous l'influence des « colons » venus de l'Est et dela mer (:); vestiges précieux entre tous, puisque, corroborant les indications fournies par
les traditions, les histoires, les archéologies, ils nous permettent de per-
cevoir et, à l’occasion, de mieux analyser la nature propre de cette culture, ses techniques essentielles, en même temps que son extrème complexité (2).
Que l’on veuille bien examiner, par exemple, la liste suivante (5) :
aie — chèvre et î EE : hegs = chèvre sauvage (+) ; äorn — harpé ; 2) (forme radic. harb; toutes époques) ; glaive ‘et
(1) L'on peut, à bien des égards, comparer ce vocabulaire au vocabulaire technique et spécialisé qui, outre quelques termes d’usage courant, constitue aujourd’hui le bien commun de toutes les civilisations occidentales ou occidentalisées. Il y a longtemps que P. KRETSCHMER, dans son Eïinleitung, A. Merrer, dans les MSLP, XV, fasc. 3, p. 161 sqq. ; Aperçu d'une histoire de la langue grecque*, Paris, 1920, ch. IT; A. Cuny, dans ses Questions gréco-orientales (REA) y ont attiré l'attention. Cf. aussi mes « Phéniciens »
pp. 11 sqq., 45 et sqq. Je reprendrai l’étude d'ensemble et détaillée de ce vocabulaire dans
mon prochain travail.
(2) Une fois pour toutes, prière de noter que DE réfère aux Dict. étym. de Prellwilz? et de Boisacq, pour le grec et de Walde: pour le latin, ainsi qu'aux Dict. de GESEN.-BUHL et d’E. KoniG pour l’hébreu. À ma connaissance, le côfé égyptien de la question n’a point encore été abordé. Ce que l’on trouvera ci-après est le résultat, très partiel, d’investigations personnelles.
(3) Tous les termes ne figurant pas soit par eux-mêmes, soit par leurs dérivés, dans le lexique épique sont marqués d’un *; en pareil cas l’origine en est indiquée.
(4) Origine prob. religieuse, le nom de la chèvre occupant place importante dans théo-
logie et onomastique égéennes. Ce nom même en dérive. Le mot paraît indigène à l’Asie
Mineure, Cf. Arménien aic — chévre et p.-ê. avest. izaënam — de peau, de cuir. Etymologie peu claire. (D.E.). L’aspirée initiale de lEgyptien ne prouve rien. Cf. par ex. ci-
à ie, * = dessus, s. v. Éonts; cf. aussi DA D Hap = "ATES —, = Herou our = *Apoënex, etc. Les « Phéniciens » ont fait un grand commerce de chèvres (cf. VARRON,
L.L., Il, 1) et la relation de ce commerce avec le nom d’‘HpaxAÿs prouve qu'il ne
s’agit évidemment pas, dans le principe du moins, de Phéniciens sémitisés. La Cilicie, comme on le sait, possédait une superbe race. Il n’est donc nullement nécessaire
d'admettre avec BupGE (Egypt. Dict., p. 514 b) une méthathèse de UN î Le — gehes — gazelle dorcas (Brucscn, Dre Eg.; IV, p. 1519). Cf. p. ce dernier terme l’hébreu 7ÿ &z ; assyr. enzu, dont l’origine est également peu claire et la nasalisation peutêtre secondaire, avec le tosque caucasien gaz plur. gax-ar — chèvre (SCHIEFNER, op. cit., p. 409). L'abondance du bétail en Cappadoce est chose bien connue (cf. E. CHANTRE, Mission... 1898, p: 42 ; Recherches anthropol. dans le Caucase, Paris-Lyon, 1885, t. £ p. 76). Provenance vraisemblablement tauro-anatolo-caucasienne. Pour le terme égyptien, cf. Buncr, Dre Eg., p. 514 b; sans référence. Époque : ? d