C. AUTRAN. — Tarkondemos
130 l CHAPITRE Il
Dans cette phrase, il n’y a de doute que sur le sens du mot prinawalë dont nous nous occuperons tout à l'heure.
Tous les autres termes sont; ou dûment connus ; Ou, COMME 7e, de sens évidemment accessoire; ou des noms propres. (1) est le démonstratif; (2) désigne le monument funèbre ; (3) probablement -ci où -là ; (6) (7) et (8) sont des noms propres. Toüro 2 pyiua ont donc leurs correspondants lyciens définis.
Il ne reste, par conséquent, pour répondre au grec épyésayre, que les vocables Iyciens ne et prinawale.
Que le premier de ces mots ne puisse être un verbe, c'est ce qui s’impose de prime abord à tout observateur réfléchi. Car ce monosyllabe, partout identique à lui-même, également dépourvu partout, soit de préfixe ou infixe variable, soit de désinence personnelle ou temporelle, ne saurait en aucune manière répondre au minimun de conditions extérieures auxquelles doit satisfaire toute forme verbale.
Une seule hypothèse demeure, en apparence, possible: cest que prinawatè — £pyasayto.
Sans plus tarder, nous allons examiner ce que vaut cette assimilation, que l’on a, jusqu'ici, admise. De la sorte, nous aurons fait place nette et pourrons, grâce au tête-ä-tête enfin obtenu avec l'énigmatique monosyllabe, contraindre celui-ci à nous livrer son secret, à nous dévoiler son véritable état civil grammatical.
Le cas de prinawalé est, du reste, assez simple.
Ce vocable nous est, on le sait, parvenu sous plusieurs formes : prûnawate, prinawati, pranawale et prinaluw]latè, sans compter prinawäûle, cité plus haut (*).
Les variantes ne portent que sur la nasalisation d’une voyelle intérieure — phénomène normal et courant, nous lavons vu, dans les idiomes asianiques — et sur le suffixe désinentiel.
Le correspondant lycien de +o5re étant identifié, ce mot à finale variable ne saurait être, certainement, qu’un mot à flexion. C’est, par suite, soit un | nom, soit un verbe; l'hypothèse d’un adjectif, qui se retrouverait, selon toute apparence, dans la version grecque, paraissant devoir être exclue.
Les préférences ont penché, jusqu'ici, en faveur de la deuxième explication. Et les TAM, pour ne citer que le dernier et le meilleur recueil, affirment sans hésiter que prinawale — aveoneudsaro (tout comme prinawatè), et que prinawûté — Epyäsavre (°).
(1) Cf. TAM 12. V. ci-dessus p. 129.
(2) V. Index TAMs.v.v. £
TRQ'U : DIFFUSION DE SON NOM Hi
Cette équation parait, au premier abord, acceptable, du fait que le vocable le plus important de la proposition Îycienne semble devoir se superposer au terme correspondant de la phrase grecque : épyäcavto.
À la réflexion, pourtant, des scrupules surgissent.
D'une part, l’on évoque l'exemple de certaines constructions sanscrites, Ou caucasiennes, où le verbe s'emploie sous une forme non personnelle, telle que le participe passé (ou un équivalent); constructions que tien, à priori, n'interdit et que bien des raisons permettent d'admettre comme possibles en lycien, langue où les influences tant Caucasienne qu'’indoiranienne, en raison de la situation linguistique et géographique des Lycies, doivent être considérées comme certaines GE
Rien ne prouve donc que Prnawatë ne signifie point etpyasuévey et non épyäoavre. Mais cette rectification serait, après tout, secondaire, il faut bien l'avouer, puisque le sens fondamental du terme n’en demeurerait, En somme, pas moins acquis ; et c’est là l’essentiel.
En principe, d’autres possibilités demeurent, cependant, d’autant plus dignes de considération que la structure et le fonctionnement du verbe : lycien restent des plus obscurs. Abstraction faite des formes faisant l’objet de la présente discussion, la somme de nos connaissances, à ce point de vue particulier, est trop minime encore pour nous permettre d'affirmer une identité morphologique quelconque.
En soi, eipyaouévoy est, par conséquent, tout aussi légitime que tp4- OAVTO.
Ce n’est, toutefois, pas seulement la modalité verbale mais la signification même du terme qui nous paraît suspecte.
Ceci nécessite quelques explications.
Si l’on essaie, en effet, de se rendre compte des motifs qui ont incité les lycisants à opter pour l'égalité prinawaté — ipyäsavre, l'on ne parvient, quelque ingéniosité qu'on déploie, qu’à une seule conclusion : cette interprétation a été choisie parce que, somme toute, elle pouvait passer pour défendable.
Si l'argument, on le voit, n’est pas dépourvu de valeur, il n’en reste pas moins assez précaire.
L'examen des suffixes désinentiels rt, -ê, -l, Suggère, en outre, une deuxième remarque.
Ces désinences concordant avec des désinences casuelles nominales
(1) V. plus loin, à ce Propos ; p. 133,n.2. La construction à laquelle nous faisons allusion n’est, on l’a deviné, que celle du type sscr. fenokläm — tena + uktäm — dit par celui-ci — celui-ci a dit, qui, en bien des cas, tient lieu de la construction active directe. Dans toute la région qui s'étend du Caucase au Thibet ce procédé est des plus communs
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132 CHAPITRE IIl
bien connues par ailleurs : -e, -i -& (*), l'assimilation de prinawate à un substantif ne suscite aucune objection de principe.
Dès lors, entre l'identification hypothétique de ce vocable à un verbe — d'aspect et de fonctionnement encore mal défini — et son classement dans la catégorie des noms — dont la déclinaison comporte des finales identiques — le bon sens, autant que la prudence, incitent à récuser l’interprétation ordinaire et à lui préférer la deuxième solution.
Cette dernière, en effet, a pour elle la vraisemblance morphologique. Elle peut, en outre, invoquer un argument très fort que nous indiquerons un peu plus bas.
Mais, si prinawatè est un substantif, quel peut bien en avoir été le sens ? Car, nous l’avons remarqué, les mots grecs roro, +2, pviuæ, ont, chacun, leur correspondant lycien dûment acquis.
Il ne reste de disponible en grec, que le vocable ëpyasavro. Si donc prnawäté n’égale pas èpyäsavro, l’on est, évidemment, en droit de se demander jusqu’à quel point toute autre explication peut avoir des chances d’être justifiable.
L'heureux concours de circonstances auquel nous devons la préservation des quelques vestiges épigraphiques lyciens subsistants vient, heureusement, à point nous aider à sortir d’embarras.
L'on sait que, dans la plupart des langues, la signification fondamentale de tout mot réside dans l'élément central que l’on est convenu, faute de mieux, d'appeler la racine et, avec un degré de spécialisation plus marqué, dans les développements de cette racine par le moyen d’affixes, que l’on dénomme thèmes.
Ainsi sèd-, en latin, a la valeur d’éfre assis, de se trouver, demeurer ; d'où séd-e0, ses-sio, ses-sus, ses-sito, etc. ; d’où as-sid-eo, ob-sid-e0, etc., et sèd-es, sèd-i-mentum, etc.
Les affixes ne servent qu'à particulariser la signification ; mais Ja valeur sémantique originelle de la racine ou du thème demeure, en principe, identique à elle-même, en dépit des modalités accessoires qu’elle subit.
Or, outre prinawalè et ses variantes, l’épigraphie lycienne nous a conservé, par fortune, un thème identique, dont le sens doit être considéré comme parfaitement sûr.
Ce thème — qui paraît, d’ailleurs, avoir constitué un mot indépendant : *prina- — ne nous est parvenu que sous son dérivé prfnezi. Mais prinexi a le sens, prouvé par des bilingues, d’otxeios, -exi représentant un suffixe adjectival courant en lycien.
(1) Cf. l'introduction au TAM.
Dès lors, “prñna- ne saurait guère signifier que oïxes (*).
Entre *prina- — ofnos ; prin-ezi — cineios et prinawäte il semble, au premier abord, que la parenté sémantique soit certaine. Car l'élément formatif initial du dernier terme est absolument parallèle à l’incipit des deux premiers. *Prñna- offre, en outre, une étendue phonétique suffisante pour présenter à cet égard un minimum de garanties. Il est, de ce chef, très peu probable que ces trois vocables n’en soient pas, les uns comme les autres, dérivés.
Si ces inférences sont exactes, prnawatè est donc un mot composé, ou, en tous cas, agrémenté d’un suffixe, dont la finale reste à définir (?),
(1) Cf. P. KRETSCHMER, Eïnleilung, pp. 312-313, qui, toutefois, ne paraît pas avoir soupçonné la possibilité du rapport, pourtant évident, entre prñnezi, *prna, prnawäte. Je considère comme possible, et même comme probable, un rapport avec l’égyptien C2 = per — maison sans pouvoir, toutefois, décider encore dans quel sens s’est fait l'emprunt, s’il y a emprunt. |
(2) Il nous paraît possible, et même probable, que ces -wa, -wate, -wäte etc., sont apparentés sous le rapport morphologique et sémantique aux morphèmes indo-européens *-Yen, *-yes-, *uet-, ou *-yent-, *-unt, morphèmes demeurés bien vivants, les premiers en indo-iranien, en grec et en balto-slave ; les seconds en indo-iranien, en grec et en italique et que l’on trouve, p. ex. dans sscr. vid-vas, nom. masc. Vid-wümns, -vün ; gr. eidus — “ped-ruxc ; sscr. dpa-vant- pourvu d’eau; gr. *gapi-pevt- pourvu de grâce; avest. : aÿa- (mieux arta-) vant- pourvu d’« irréprochabilité » morale, etc. Prñnawate, signifierait, en ce cas, étymologiquement, le pourvu-de-maison, ce qui conviendrait parfaitement pour le ‘sens.
Ces deux types de morphèmes, qui paraissent, au reste, avoir une origine commune, se répartissent, comme on le voit, sur une aire qui concorde absolument avec la zone d'expansion normale des peuples asianiques en ce qui concerne l’Asie Mineure et la Méditerranée (pour l'Italie, v. GS II & [IV du présent chap.). Les Tœpzuvaïot hyperboréens cités par certains auteurs comme fidèles lointains, mais ponctuels, du grand dieu de Délos paraissent indiquer une diffusion d’anciennes colonies commerçantes issues du même stock asiano-pélasgique, établies au nord de l’Europe (commerce de l’ambre sur la Baltique, sans doute ; cf. Odyssée, XV, 460, avec Ér. DE Bvz., s.v. Tapxuvix et HÉRo- DOTE IV, 33, etc.). Il n’y a aucune raison sérieuse pour traiter ce peuple d’imaginaire, sous prétexte que les méditerranéens d’Asie, tel Hérodote, les connaissaient mal, tout comme la plupart de leurs compatriotes actuels connaissent peu le Nord.
La provenance baltique de l’ambre trouvée dans les restes mycéniens est un fait d’ores et déjà bien connu (cf. par ex. W. HELBIG, lÉpopée homérique, trad. FI. Trawinski, Paris, 1894, p.25,n.1;135 et 342); l'Odyssée (loc. cit.) prouve que ce commerce aboutissait aux orfèvres « phéniciens » ; l'hymne homérique VII (vv. 28 et sq.) établit une liaison formelle entre le monde égypto-cypriote et les Hyperboréens entre lesquels le capitaine tyrrhénien qui s’est emparé de Dionysos hésite, ne sachant où des deux conduire sa capture. Pinéare, entre autres (Pythique X, 30), parle expressément de la présence de Persée, héros éponyme des Perses, dans leur pays ; dans Zsthm. VI, 34 et sq., il les associe aux colonies préhelléniques éparses qu’unissent les grands souvenirs épiques ; PAUSANIAS (V, 7, 7) établit une
- Pour un certain nombre de divinités, le qualificatif parallèle de 1}
pe
mais dont la première partie implique, en quelque sorte, nécessairement l'idée de demeure, de maison et ses annexes.
Comment donc rattacher prnawatë à maison ?
Certaine formule courante en épigraphie funéraire égyptienne va nous en fournir, croyons-nous, le moyen.
Les textes tombaux de la vallée du Nil donnent, en effet, constamment
je aux défunts le titre honorifique de 1c= #eb per — maîïtre-de-maison ë A a | — nebit per — maitresse de maison, titre auquel correspond,
connexion entre eux et le lycien QArv, dont le nom se retrouve, d’ailleurs, également en Étrurie (cf. S II ci-après). Le culte d’Apollon, le grand dieu froyen, dont ils sont les dévots (PAUSAN., I, 31, 2: ELIEN, N. An. XI, 1: Droc. LAERTE, VIIL, 1; PINDARE, Pyth. IT, 16) — culte dont rien ne prouve qu’il résulte d’une assimilation superficielle et tardive, que les envois annuels à Délos sufhraient, d’ailleurs, à exclure — ; les anciennes relations commerciales qüe les Étrusques avaient conservées avec ces colonies du Nord (voir $ IT à ce sujet) ; l’expansion du monde Sace-Cymri, qui coïncide avec celles des peuples asianiques proprement dits (voir SS IT & IV) ; la présence de noms iraniens dans l’onomastique étrusque (voir ibid.) ; celle de [aps (= Perses) parmi les Cananéens (voir mes « Phéniciens » index, s.v.): la présence dans le plus ancien monde carien et pélasgique du nom propre « ethnique » “Vr:oBôpsos (ScHoL. PIND., OI. II, 28 ; SoLIN, Pol. 21 nom du type onomastique Alyÿrrtos (Odys. If, 15), Adxoos, Kapiuv, Sabinius, Umbricius, etc. (voir S IT, pour ce type Onomastique); en un mot: l'archéologie économique, la religion, la tradition, l’onomastique s'accordent Pour expliquer ét pour justifier la répartition de ce morphème dans les seules régions linguistiques où il soit resté vivace.
L'on n’entend nullement préjuger par là du fond même de la langue lycienne, car tous ces idiomes asianiques, sitôt qu'ils nous apparaissent, témoignent d’ores et déjà d’un malaxage ethnique et linguistique dont l’histoire de la péninsule suffirait, au besoin, à rendre largement raison, L'indo-iranien y voisine dans des proportions encore mal définies avec l'asiano-caucasique qu’il pénètre et qui le pénètre comme on peut le constater en cappadocien et en élamite, par ex. Des contaminations très complexes se sont produites ici, contaminations dans le détail desquelles nous sommes éncore très loin de nous orieñter à souhait, Cette péninsule est un foyer de Mischsprachen.
Il y a donc lieu, jusqu’à plus ample informé, de demeurer dans l'expectative. Tout au plus pourrait-on signaler entre le lycien et l'iranien une autre coïncidence : celle des génitifs en -}- intervocalique -ah(e) et “h(e) ; ex. Masasahe, génitif sg. de Masa ; Murazahe, génitif de *Mura [cf. Mypns n. m. lyd.-phryg, : Mvpe, v. de Lycie ; Aa-uoga en Cataonie; Aa-uupos en Lycie etc.] et avest. yasnahe, vastrabe, etc. (cf. KALINKA, op. cit., p. 8 et nos 118, 1; 2, 2 ét index S.vv.; cf. KLio, op. cit., pour les noms asianiques ci-dessus). À priori, cependant, ces indices autorisent à présumer des connexions ou, du moins, des contaminations assez intimes entre Lycie asianique et Perses (v. S IV à ce propos). L’asianique-caucasisant constitue ici, à notre avis, incontestablement l'excipient. Et les dialectes allogènes ne sont que des agents contaminateurs dont l'importance et le rôle n’a pas pu ne pas varier au cours des siècles. n ,
7 FA neb pet où À A nebit pet — maître (ou seigneur), dame du ciel, le mot nee | impliquant l'idée de suzeraineté à l’intérieur d’un domaine défini. La notion, on le voit, est exactement la même que celle contenue dans le grec “rires, mérvua — seigneur, dame, et dans méois — époux < à i.-eur. *pôti-s — sscr. päli-h, maître, possesseur, époux ; latin : potis, etc. ra Ney Le grec renferme, d’ailleurs, un correspondant exact de | [2 ;c'est
le mot Scorérne, qui — probablement i.-eur. : *dys-pôtis — maître de maison.
Ces termes désignent donc, en grec et en égyptien, l’homme possesseur d'un foyer indépendant et fondaleur d'une famille.
Il va sans dire que, comme pour tous les qualificatifs de ce genre, comme pour notre Monsieur, Madame, la valeur honorifique du mot s'était, dans l’usage, rapidement affaiblie, au point de correspondre sensiblement aux termes de civilité précités.
La présence dans les inscriptions funéraires lyciennes d’un titre correspondant serait donc à la fois conforme à la nature des choses, aux habitudes courantes en épigraphie tombale et aux analogies hellénique et égyptienne; deux mondes avec lesquels les anciens Trémiles ont vécu en rapports étroits, nécessaires et constants (:).
À lui seul, ce parallélisme constitue une probabilité très forte en faveur de cette interprétation.
La qualité de substantif que l’on peut légitimement déduire de la présence des désinences casuelles en représente une deuxième sensiblement plus éloquente encore — très supérieure, en tous cas, aux raisons, vraiment insufhsantes, qui ont conduit à considérer pranawaië comme un verbe.
Si l’on ajoute, enfin, que, dans tous les cas où prinawaté, sous l’une quelconque de ses formes, figure dans les monuments, il est foujours suivi du nom {masculin| du propriétaire qui, sans aucun doute, est aussi celui du chef de famille; nom qu’accompagnent, en seconde ligne, ceux de son épouse et de ses enfants — ceux-ci en dernier lieu — l’on aura, croyonsnous, des arguments sérieux pour considérer l'identification proposée comme pratiquement certaine.
Par suite, l'inscription bilingue précitée affrmerait, conformément au texte grec, que la tombe en question est celle du maftre-de-maison ou, si l’on préfère, du xipios Apollonides, fils de Mollisis, etc., ce qui est parfaitement normal.
(EC p.12F
136 CHAPITRE Il
Les usages démocratiques du formulaire épigraphique funéraire hellénique suffisent à expliquer que le terme honorifique lycien, considéré comme explétif, n'ait pas été traduit.
Outre que cette interprétation satisfait, comme on le voit et aux habitudes, aux analogies de l’est-méditerranéen et aux vraisemblances, elle présente, de plus, l'avantage de faire de *prñna
prn-ext prina-watè une série dérivatoire absolument homogène et régulière correspondant, par ex., à peu près pour le sens et la forme à sscr. grhà- *grhyaet grhd-pati- où *orhä-vant.
Nous voici donc face à face avec cette redoutable particule #e, dont l’inconnue se trouve circonscrite, cette fois, assez étroitement pour que lon puisse espérer parvenir enfin à la résoudre.
Ayant sommairement indiqué plus haut les considérations sérieuses qui s'opposent à ce que l’on envisage comme possible une assimilation de ce monosyllabe invariable à un verbe, nous estimons inutile d'y revenir.
Rappelons seulement que des termes tels que 2oydaavro, ërorkouse ou analogues, n'ont nullement pour objet essentiel d'indiquer que l’auteur du monument la réellement édifié. |
Le'but de pareille formule, on le sait, est moins de renseigner le passant sur Je fait même de la construction que sur l’origine et la légitimité du droit de loccupant.
S'il est spécifié que le mort a fait faire ou aménager tel ou tel sépulcre pour lui et pour les siens, c’est qu’une déclaration de ce genre constitue, dans toute société, le plus solide argument de toute propriété.
Cette dernière notion est donc /a seule réellement importante ; la seule! présentant un intérét capital pour le défunt.
Aussi trouvons-nous des inscriptions où la formule grecque sousentend érerfouto, éoyäsavre et se borne à dire p. Ex. : © deïva éauto va 1% vuvaui; ou, comme TAM 7: [rjoëro vu ioxt Zuotuov [r]05 'Exaplpolèsirou, etc., où l'idée d'édification proprement dite manque sans que, pour cela, le sens général du texte varie le moins du monde.
S'il n’est donc nullement obligatoire que le mot lycien qui subsiste maintenant seul en face du grec épyäsavro signifie : on! fait construire (ou analogue), il est, par contre, indispensable que ce même terme exprime l’idée que X est propriétaire du tombeau portant son nom.
Ne serait-il susceptible d’avoir cette signification en lycien ?
Si les parallélismes que nous avons eu l’occasion de signaler plus haut ne sont pas un effet du hasard ou de notre illusion, l’égyptien, ici encore, nous fournira une contre-partie de ce ne pourvue, elle aussi, d’un sens d'appartenance.
L’idiome nilotique possède, en effet, une particule «uw — # dont l’importance tant morphologique que syntactique est tout à fait centrale et constitue l’un des éléments les plus caractéristiques de ce parler.
Ce mmm exprime, entre autres, l’idée d'appartenance, de propriété, de chose ou de fait acquis et düment au pouvoir où dépendant de la personne dont on parle. |
Ainsi :
AMMMA 4 . du le per n souten — la demeure du roi — qui est au roi ;
SNS AMAMA MAMA d— a sent n maout n hemtf — la sœur de la mére de sa femme ;
|/0 Mots : , re ” ne neter nefer n Qemit — le dieu tout-gracieux Ra de Qemit ;
D) NLE um —œ @ —= sebli da n-Qemit — le rempart grand de
Oemit ; a 1 I L x l LS Cf — Pedekhensou mes n Neitäger(t)
— Petekhensou enfant de Nitocris ;