‹ Tarkondemos. Réflexions sur quelques éléments graphiques figurant sur le monument appelé "Sceau de Tarkondemos."Chapitre 38 sur 69 · N'ES · texte numérisé non relu

N'ES

) de Heru äoun ro n Neferkara pen — Horus ouvre |la] bouche de Neferkarà celui-ci (*) ; ke (©) àfk àf n Ounà pen Ps —ls-(o Jo

— ta chair {est } chair de O. celui-ci.

LU) Ge Co. J5 CG) = ka n Ounà pen — (le) ka d'Ounas celui-ci ;

ve

4) = bak n Souten — serviteur du roi ;

(1) N. 214 SETHE, op. cit. Spruch 21, 13 d.

(2) Tbid. Spruch 219, 193, a (O. 298 = N. 719 + 5).

(3) Spruch 268, 372 c (O. 481 = N. 144).

(4) Mém. de Sinouhit, édit. G. Maspero, p. 1, 1. 3.

Re Ke EE CSN pepe n paif sen

âa = la femme de son frère aîné ;

FA un 7 AN — mes n nebit per

Maout restà... — Enfant de la maïtresse de maison Maout-restà. . ... ati ee ii NE pou n Asäri..:... — ce cœur

[que] voici [est Re d'Osiris..

ST PACA mere — ouûb n Âmen —\(le) prêtre d'Amon — qui appar-

hent à Amon.

Ces exemples peuvent, à la rigueur, suffire à faire saisir aux nonégyptologues la valeur grammaticale de cette particule dans l’un de ses emplois les. plus courants.

Comme on le voit, et comme le remarquait déja Champollion, son rôle correspond sensiblement à celui de notre français de.

Elle sert donc à exprimer le rapport déterminatif.

À ce titre, elle représente un équivalent du génitif classique dont elle possède toutes les significations.

AAMMAA AMMA Elle à en égyptien plusieurs. formes : À Ceres ANCŸ LEE MEN

(Moyen Empire ; rare) = ni; num, Sa in)

À l’origine, elle s’accordait en genre et en nombre avec le nom déterminant. Mais, dès les débuts de la première époque thébaine, cet accord cesse d’être régulièrement observé @E aussi la rencontre-t-on également

sous les formes plurielles as et ve — nou, même après un singulier. En copte elle survit avec le même sens sous la graphie u (et 11 devant

les labiales). Ex. : uneuo6o unooic = en la présence du Seigneur !

(Prov. I, 4); Heusaa nnooic — les yeux du Seigneur (Ps. XXXIII,

(x) Conte des deux frères, E. A. WaLris BUuDGE, An Egyplian reading book, Londres 1606 p.81 25):

(2) Livre des Morts, éd. E. A. WarLis BUDGE, Londres 1898, chap. vi (Papyrus de Nebseni, 1. 3).

(3) Zbid. Chap. xvrt (Pap. d’Ani), p. 65 (= 1. 46).

(4) A. ERMAN, Âg. Gram.(5), Leipzig, 1911, 217.

(s) Cf. pe Ibid.

(6) Cf. G. NF Op. cit., p. 109.

(7) Ex. pris dans la Gram. copte(?) de A. MaLLON, Beyrouth, 1907, $ 158.

is Vue" se D At “re 25 Dan RER LAN fe CNE 53 # 7#: vs : V “

La valeur sémantique s’en trouve donc clairement définie à travers toute l’histoire de la langue ée gyptienne.

Or, si l'on se rappelle que c’est précisément l’idée d'appartenance qui reste à exprimer dans notre bilingue, les parallélismes constatés plus haüt inciteront à penser que ce » a passé en lycien sous la forme ne avec la même signification.

Dès lors, le mot à mot de TAM 6 paraît pouvoir se construire comme

suit :

ebèñnè htalä me ne . prinawäte pulenjda mullisejeh ce mohument-ci [est] des maïtres-de maison Apollonides, [fils]de Mollisis, se dapara purihimetehe priñnexijehi hrppi lada eptlehe se

et Lapara, [fils]de Purimatis, parents, pour [les] femmes d'eux et tideime, etc.

[les] enfants, etc.

L'on expliquerait d’une manière non moins précise et, nous semblet-il, non moins satisfaisante, les autres formules conçues de même, telles :

TAM x : ebèñinê kupa me ne prina(wa)tè kudali (n. pr.) zubrijah (n. pr. génit.) Hideëm<h>.......

Ce caveau-ci [est] du m. de maïson Kudali [fils] de Zubrija SLT ATEN 7 : eéfñn[è] kupâ [— caveau où anal.] me ne [plrina[wl{e]

trijétexi (n. pr.) sk ne pijelé] (n. pr.) ladi [eJ{b]i [sk

ti] d'|eime.

Ce caveau ci [est] du maître-de-maison (p.-8. au plur.) Triéndasis et de Püjeles (*) pour-les-femmes d'eux et pour-les- | enfants (?).

Cf. de même :

13 : ebèñné [klup@ me ne pranalwlet pdd|é]kñta (n. pr.) kxxubexeh (n. pr. gén.) tideimi brppi Kaldi ehbli se tideime<n> chbije.

(1) L'élément formatif initial de ce nom se retrouve dans le lycaonien Iliars-pos (A. M. XII, 263), dans le pisidien Iiotn-pafis (LANCKORONSKI, S4. Pamph. u. Pisid. IT, p. 198).

(2) Le datif plur. des thèmes en - est, en effet, en -e ou -ije (KALINKA, op. cit, p- 8). Celui des thèmes en -a comme ada a passé jusqu'ici pour être en -a, et le sing. en -{ (ibid.). Il est donc possible qu’il faille traduire : pour leur femme (scil. à chacun).

14 : ebeñni. prinawä [demeure (funèbre)] me ne prinawaië ahamäsi (*) buniplah (n. pr. génit.) tideimi brppi [l]adi ehbs se tideime, etc. (2).

Que l’on ne se méprenne, néanmoins, pas sur notre pensée.

Ainsi que nous l'avons déjà spécifié, il ne s’agit nullement ici d'affirmer une filiation proprement dite du lycien à l'égard de l'égyptien — filiation que la connexion intime existant entre la langue du Nil et son sysième hiéroglyphique, d'origine si authentiquement africaine, ainsi que l'examen comparé du fonctionnement des deux idiomes suffiraient à exclure.

Le lycien nous apparaît plutôt comme un complexe.

Et ce trait, sans doute, lui est commun avec la plupart des idiomes de l’internationale civilisation’asiano-égéenne. :

Complexe dont les composantes ne sauraient, pour le moment du moins, être déterminées avec certitude. Car les vicissitudes d’une histoire économique et politique que l’on entrevoit très compliquée, très multiple, dès l’époque la plus ancienne; le drossement général de masses ethniques déjà passablement panachées vers l’ouest, vers le sud, vers le nord ; les amalgames et croisements sans fin survenus dans la péninsule même, entre Sumériens et Sémites, Cappadociens et Indo-[raniens, Éla-

(1) Remarquer ce nom, qui paraît n’être autre que l’égyptien Auwotç — ER l 1 — âähmes. Pour la présence de noms égyptiens dans le monde asiano-égéen, cf. mes Phéniciens, pp. 24 et 125. Encore un indice légitimant les contaminations linguistiques alléguées ici.

(2) Dans certaines inscriptions (p. ex. : TAM 3, 1; 4,1; 11,1; 10;TS MT TITSNTOS 1; 23,1: etc.) le ne d'appartenance a pour substitut un fi. Ce terme nous paraît pouvoir correspondre pour le sens à un démonstratif : celuifcelle de (cf. p.-ê. le as ;

Fe Ç (1 tou, toui, démonstratif féminin neutre en cernes ERMAN, $$ 159 sqq.) dans des Far comme :

3, 1 : ebéñnè(*) kupa(?) me(s) ti(+) prinawate(s) tewinezëi(£), etc. cette(*) tombe(2)-ci(5) [est] celle-de(*) maître-de-maison(s) T.., etc. 4, 1-2 : ebèñn(*) prünawa(:) me(s) [Fi(+) || prnawatè(s) teleHuki(S), etc. cette(*) demeure [funéraire(2}-ci(s) [est] celle-du(*) maître de maison(s) Telek[uJxi(®) etc.

11, 1/2 : ebéñnè(*) prinawd(?) më(s) Hi(4) prinawatè(s) ddapssma(s). celte demeure [f.X®) ci(5) [est] celle-du(4) maître-de-maison(s) D.(£) padrmmah(r) tidleim}i(S) hrppi(®) prûnezi(ro) ehbi(rr), etc. de Padrinma(T) (le) fils(S) pour(?) (les) parents(ro) siens(x'), etc.

Ceci, toutefois, demeure une simple suggestion. Il en résulte, néanmoins, à notre

avis, une corrélation certaine de sens génitif entre ne et ti, ne signifiant : de et fi : celui de.

PR TT ON | Le à DNS RE?

mites et Indo-Iraniens, Cariens et Lélèges, Gergithes-Solymes et Lyciens, etc., représentent déjà un premier stade, continental, peut-on dire, du mélange.

Puis, refoulés lentement vers l’ouest, nord et sud, ces plus anciens éléments sont venus, à leur tour, se brasser plus intimement encore en Méditerranée où ils se sont, par surcroit, combinés dans des conditions encore très obscures avec les divers sédentaires qu’ils y ont trouvés. Et c’est le deuxième stade du prodigieux alliage.

Ceux qui voudraient ici des langues pures (?) à tout prix, qui ne voudraient pas tenir compte de l’internationalisme foncier de ces civilisations s’exposeraient, croyons-nous, à de cruels et prompts mécomptes. :

Une langue non ou mal connue n’est pas nécessairement pure pour cela. Et les traditions bibliques et gréco-latines (tour de Babel et temps préhelléniques) sont trop formelles, trop convergentes ici avec les annales égyptiennes pour que le plus étonnant cosmopolitisme ne doive pas constituer notre base même de départ.

Il est vrai que notre tâche ne s’en trouve pas précisément facilitée. Mais, à tout prendre, ce n’est qu'un stimulant de plus. Car les méthodes par trop automatiques ennuient. Et le sens critique s’y émousse, au-surplus, promptement.

Nous considérons donc que la présence d'éléments grammaticaux et lexicologiques égyptiens — éléments dont la présence s’explique d’autant mieux que l'Égypte, autrefois comme aujourd’hui, était un foyer d’enrichissement — donc de colonies étrangères commerçantes et d’aristocratisme — constitue dans une langue asiano-égéenne de type général nettement asianique (:), comme le lycien, un phénomène parfaitement normal.

Les seuls rapports possibles, historiquement et linguistiquement, entre les deux langues, nous paraissent donc ne pouvoir être que des rapports de contamination ; rapports d'emprunts et de pénétration réciproques tels qu'il s’en crée fatalement entre parlers dont les porteurs ont vécu côte à côte un temps appréciable.

Ces rapports ne correspondent donc point, à notre avis, à une parenté proprement dite. Ils ne nous en paraissent pas moins incontestables.

En d’autres termes, #7 n'y a, selon nous, pas lieu de rechercher ici un ensemble de corrélations régulières du type de celles constatées entre les divers groupes indo-iranien, hellénique, italique, celtique, balto-slave, germa-

(1) Asiano-indo-tranien rendrait plus exactement notre pensée. Ceci, toutefois, nécessiterait des développements qui ne sauraient trouver place ici.

nique ou assyrien, araméen, hébreu, himyarite, arabe, éthiopien; mais bien plutôt ces sortes de connexions superficielles, bien que passablement nombreuses, telles que l’on en relève par exemple, entre le sumérien et le sémitique mésopotamien, entre l’élamite et l’iranien, entre l’anatolien et l’indo-iranien, le sansctit et le chinois, l’étrusque et le latin, le grec et le copte ou le néo-hébreu, l’espagnol et l’arabe, le turc et l’arabe ou le grec, etc. (1). Un métis, tel le pehlevi, en donnerait une idée.

Nous avons rappelé plus haut les nombreuses raisons d’ordre économique, politique, militaire, qui ont créé entre le monde égéo-asianique et l'Égypte une étroite corrélation.

Mentionnons cependant, avant de conclure, que la présence de noms d’origine égyptienne, relativement fréquents dans le monde des chefs asianiques, atteste, dès une époque reculée, un contact intime et direct avec Misraïm; que de nombreuses localités insulaires ou péri-méditerranéennes ont livré des vestiges « égyptianisants » bien que non réellement égyptiens (objets qui prouvent l'existence d’ateliers subissant l'influence des poncifs nilotiques bien qu’indépendants'et distincts) ; que les héros d'Homère connaissent et visitent, à l’occasion, l’Aïjurres, soit comme chefs de bandes, soit au titre d'hommes d’affaires; qu'ils y séjournent même assez longtemps parfois ; que l’existence de rapports anciens, importants et réguliers entre le Delta, l'Asie et Argos, métropole économique de l’Hellade achéenne, est formellement affirmée par Hérodote.

Il devient, dès lors, difficile de nier que l’échange des produits n'ait pas eu pour corrélatif nécessaire des emprunts de vocabulaire et d’idiotismes (2).

Cette déduction parait d'autant plus légitime que d’importants éléments asiano-égéens ont été éliminés d'Égypte au cours des dissensions intérieures qui ont précédé et préparé l'avènement du Nouvel-Empire ; que ces éléments, suivant la tradition, avaient dans la contrée d’anciennes et profondes racines.

(1) De même que certaines des particularités phonétiques respectives du grec et du turc ont localement réagi sur certaines formés dans chacune de ces langues, il nous paraît probable que nombre de flottements entre les occlusives sonores et les sourdes, qui sont fréquents en égyptien pourraient être attribuables, au moins en partie, à une influence articulatoire asianique. Cette interprétation paraît d’autant plus devoir être prise en considération que nos textes hiéroglyphiques — tout comme les documents en arabe d'Égypte contemporain —, émanent pour la plupart de grands centres internationaux. La question, en tous cas, méritera d’être examinée de plus près lorsque notre intimité avec la phonétique asianique sera plus grande. Nous y reviendrons, d’ailleurs, en temps et lieu plus opportuns.

(2) Cf. mes Phéniciens, p. 24 n.; et Index s.v, *Aru.

L'intimité de ces contacts a, d’ailleurs, été telle que le rédacteur sacerdotal, rédacteur disposant par conséquent d'archives et relativement instruit, du x° chap. de la Genèse, confirme, dans leur ensemble, autant qu'on peut le souhaiter, les indications convergentes de la tradition grecque.

Il donne, en effet, Misraïm comme l’une des bases essentielles d'importants contingents asiano-égéens (1).

Cette affirmation a été, bien à tort et sans raisons sérieuses, à notre avis, purement et simplement niée (2). L'on a cru devoir y substituer des Systèmes qui ne la valent assurément point. Car, si elle repose, en définitive, sur des données qui nous échappent, ces données n’en sont pas moins plus anciennes, plus vécues, plus immédiates que les nôtres. Elles sont aussi d'ordre plus général que les témoignages fatalement locaux, ne donnant presque jamais la moyenne d’un énsemble, de l’archéologie pure.

Mais il ne faut pas chercher à en tirer ce qu’elle ne renferme point.

L'on a voulu, sous l’empire d’une doctrine exégétique dont les exagérations suscitent aujourd’hui des réserves chez ses partisans les plus déterminés (5), y voir l'expression cléricale de l’on ne sait trop quel système ethnologique ou théocratique.

Peut-être ces ingéniosités n’étaient-elles pas des plus nécessaires et suffisait-il, pour interpréter ce qui nous paraissait étrange, de restituer aux grands faits économiques et sociaux : à la production, à l'exploitation, à la circulation des richesses, et aux agents actifs de ces échanges : aux peuples marchands, leur rôle primordial dans l’histoire du monde.

Si les colonies asiano-égéennes s'étaient bornées à razzier le Delta, leurs clans n’y eussent, certes, point prospéré; la Basse-Égypte ne fût point devenue pour eux uh foyer d’expansion. Loin de créer le bien-être, la soldatesque et la piraterie l'ont, de tous temps, empêché. Et la prospé-

(1) La religion osirienne constitue, cela va sans dire, un argument supplémentaire très fort en faveur de notre thèse. Nous y reviendrons, toutefois, dans une étude spécialement consacrée à l'Égypte.

(2) J’exposerai au cours de travaux postérieurs ce que c’est que le Hamitisme, expression qui désigne exclusivement des peuples se rattachant bar leurs origines au monde caucasoindo-iranien.

(3) C'est de l’exégèse dite grafienne dont je veux parler, exégèse dont WELLHAUSEN reste le plus illustre et le plus savant représentant. Mais, bien que ce système ne nous inspire point l’aversion farouche qu'il excitait, par exemple, chez HALÉVY, nous le considérons dans son ensemble comme l'une des doctrines dont la persistance exagérée à le plus nui, depuis quélques années, à une saine exploitation du matériel biblique. En dépit de son apparente complexité critique, cette exégèse nous semble, en réalité, singulièrement simpliste, à bien des égards. Nous espérons, au reste, dans notre prochaine publication, en déceler quelques-uns des abus les plus évidents.

rité matérielle du monde asianique avant la guerre de Troie; le besoin profond d'ordre et de transactions non troublées qui prévalait dès le 3° millénaire, était déjà suffisant à l’époque minoenne pour provoquer et maintenir l'institution durable d’une police maritime, favorable, somme toute, aux intérêts généraux.

Ce besoin seul, rapproché des innombrables indices d’activité économique à longue portée qui coïncident avec la fin du néolithique, doit suffire, nous semble-t-il, à faire reconnaître aux réalités mercantiles leur importance primordiale dans les destinées humaines ; à faire admettre qu’à une époque, relativement récente après tout, deux populations, de tempérament, de langues et d’occupations différents — les indigènes et les colonies étrangères, superposées, en Égypte — et ailleurs — ont échangé, dès PAncien Empire, leurs produits, leurs idées, leurs lexiques et réagi les unes sur les autres, selon des vicissitudes diverses, tout comme aujourd’hui.

Ces inférences se trouvent, par surcroît, pleinement confirmées, jusqu'ici du moins, tant par les traditions que par les faits.

Le sens même du terme — asiano-égéen — qui, aujourd’hui, désigne dans tout l'Occident l’Évypte, nous vaut, d’ailleurs, une confirmation inattendue, mais intéressante, à notre avis, des observations ou constatations faites au cours de l'exposé qui précède.

L'Égyptien étant, en effet, de par sa nature, sa riche et tranquille vallée, sa situation géographique, assez casanier ; peu capable, à lui seul, de porter le nom de son pays au delà de limites relativement restreintes, il paraît, à priori, assez vraisemblable que l’onomastique des peuples internationaux, navigateurs et marchands ait prévalu, en ce qui le concerne, sur l’onomastique si spéciale des indigènes.

Ayant eu l’occasion de signaler dans notre précédent travail les principales interprétations suggérées jusqu’à ce jour du mot Aïyurroe, d’après l'Égyptien, nous nous estimons dispensés d'y revenir (*).

(1) V. mes Phéniciens, Addenda et Index, s.v. Alyurtos. Si le nom avait fait partie du fond même de la langue, il serait, en effet, absolument incompréhensible qu’il ne figurât pas dans les inscriptions triomphales ou sur les stèles des hauts fonctionnaires qui se glorifient d’avoir rendu à leur souverain et au royaume d'éminents et constants services. Mais

l’on sait que, réserve faite de la locution consacrée Ÿ+ dont la prononciation est loin d’être assurée, les termes les plus courants désignant l'Egypte en langue indigène

Sont — OUL — les deux terres (Égypte dn nord et du sud); => & ou

Ÿ le Mer ou tà Merd — terre de(?); et af Qemt. Le sens du

EP

e, - D'OR RIM Te nc En LV X Ce A TA L PTS, r ñ ‘

Remarquons, au surplus, combien il est naturel qu'un vocable que la tradition grecque des temps préhelléniques associe aux noms de Bros, de [locsidwv, d'Aynvoo, de Kayoz (1); qui désigne un promontoire d’Argolide, terre « phénicienne » C); puis, plus tard, un Carien, général de Mausole(5); vocable qui ne renferme, au demeurant, rien, ni dans sa Structure, ni dans son phonétisme, qui corresponde aux transcriptions helléniques des noms propres nilotiques, noms à physionomie si difficilement hellénisable, tels Owv0, Ilæyvoubi, [layveucns etc., puisse être autre chose qu’asiano-égéen.

Le contact du pays avec les mondes méditerranéen et asianique depuis le temps des Ha-Nebou (+) jusqu’à celui des Ptolémées ; l’importance, au nord du Delta, du grand port égéen de Pharos, base économique évidente de peuples de la mer (5); l’expansion mercantile très antique que des

premier est manifeste : celui du second, incertain ; quant au troisième, il est possible que

l’on doive le rattacher à IN D — gem — noir KAUG. L’on peut invoquer en ce sens l'appellation grecque Méhaurodta — Terre noire, qui, selon Tzetzès (Exep. P- 9, 25), désignait anciennement ce pays. D'où le nom propre [ethnique] de Méauros < Meléurovs — *Melau-ro-< — l’homme de la Terre-Noire équivalent onomastique exact, par conséquent, de Alyirtios, Alyurros, si fréquents comme noms propres dans l’ancien mythe asiano-égéen et dans l’histoire préhellénique. Quand l’on considère, toutefois, les contaminations par étymologie populaire auxquelles sont exposés les noms de pays (cf. les noms malgaches tirés du bantou P. Ex. dans G. FERRAND, Journ. 4s., XI (1908), pp. 422 seqq. et 436-439), l'on ne saurait éviter de conclure qu’en pareille matière il est bien des cas où plusieurs interprétations peuvent être concurremment considérées comme vraies, selon le point de vue et l’époque auxquels l’on se place. Je n’estime donc nullement que Qemt — Melauro5lx exclue toute autre explication. Mais il me paraît non moins assuré que Qemt à réellement été compris comme signifiant Mehaurodia. Quant au DYx sémitique, dont l’origine sémitique peut être estimée comme au moins sujette à caution, l’on sait qu'il possède sa contre-partie — peut-être même son original — en Asie Mineure (V. M. GEMOLL, Grundsteine zur Geschichte Israels, Lpz. 1911 ; PP. 1-17, où l’on trouvera tout l'essentiel de la bibliographie de la question).

() HÉRoDoTE I, 182 ; ESCHYLE, Suppl. passim : APOLLODORE, II, 1, 4; PAUSANIAS VII, 21, 13. Je considère tous ces noms, sans: exception, comme asiano-égéens. Pour Bnios & Aavaos, voir infr4. Pour Kadmos et sa famille, v., en attendant, mes « Phéniciens ».

(2) ScHor. EURIPIDE, Oreste, v. 869.

(3) PoLYEN VI, 8.

(4) Le lecteur est prié de noter que l’on n'entend nullement ici trancher la question, actuellement insoluble, de la ou des nationalités des Ha-Nebou. Ainsi que nous l’avons remarqué, toutefois, dans nos « Phéniciens » (v. Index, s.v.) il est hors de doute que ce terme désignait des tribus maritimes dont les Hellènes recueillirent plus tard la succession dans l’Égée. Ceci seul autorise à considérer les Ha-Nebou comme des asianiques précurseurs des Lélèges, à moins que l’on ne préfère y voir les Lélèges eux-mêmes, ce qui revient sensiblement à l'identique, en somme.

(5) V. « Phéniciens », Index, s.v.

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