‹ Tarkondemos. Réflexions sur quelques éléments graphiques figurant sur le monument appelé "Sceau de Tarkondemos."Chapitre 39 sur 69 · C. AUTRAN. — Tarkondemos · texte numérisé non relu

C. AUTRAN. — Tarkondemos

= VON TEL a Fe nf Ve NES + r : Tr A LS v2

richesses naturelles et une précoce technique nautique ont value aux peuples d'Asie Mineure (°); la familiarité des héros homériques avec l'Égypte ; les voyages d’affaires, les razzias, les séjours qu'ils y font, expliquent, d’ailleurs, amplement que ces coureurs des flots aient eu pour ce pays si propice au gain, légitime ou illégitime, des désignations à eux propres.

La chose nous est, au reste, confirmée par Étienne de Byzance my qui nous a conservé, Outre Avryurrec, quelques-uns des appellatifs de ce stock.’ ExAt0n, nous dit-il, où Micoa(?) ñ yopx drd Pouixwv, al ’Acpia (+), goù Hlorauirie (5), vai Aria (5) am2 mivoc ’IvSo5 ‘Aetod....... "ARAG noi "Qyvyta (7) Exaneïro nat Eppoyiunec (5) rai Menaufwoc xt Hoxioria (2

Nous ne nous occupons, bien entendu, ici que du seul nom d’Aïyvrtoc.

Chose étrange ! De toutes les tentatives d’explication que ce terme a suscitées, la seule qui, à notre connaissance, n'ait, jusqu’à ce jour, jamais été suggérée est, pourtant, de beaucoup, la plus simple et la plus naturelle.

Cette explication consiste, tout simplement, à rattacher Av,urres au: même fhéme que le grec aiyur0s.

Voyons comment elle se justifie.

Ainsi que le remarque Fr. Robert(®), ce mot, déjà fréquent chez Homère, chez les tragiques et chez Hérodote, « désigne un oiseau rapace de grande taille, dont il est impossible de déterminer l’espèce avec certitude (11) ».

(x) L'on sait que nos plus anciens documents sont des archives d'ordre économique.

(2) S.v. Aïyortos. :

(3) P. Myspa = ov1ÿn, cf. suprd. Le fait que l'appellation émane de oivxes n'implique nullement qu'elle soit originellement sémitique, bien au contraire.

(4) La valeur de ce terme, sûrement asiano-égéen, m'échappe encore.

(5) Interprétation évidente : la terre du fleuve.

(6) V. plus loin à ce propos. |

(7) Ancien appellatif asianique-lélège-lycien. Cf. Ér. DE ByzANCE : "Qyuyla. .... 4 Aéyetar xai n Botwtia ai ÿ Onfn &rd lQybyou vioë Teouépas (un nom lélège ; cf. ibid., s.v. Tépuepa ; PARTHÈNIOS, Erot, 35, 4, etc.). ... Aéyovra xai oi Aÿxor "QySytot &f adTOŸ ’Qybyou. "Ekéyero xat ñ Artwn râca ’Qyvyia, &s Xépaë th. Pour la présence d'anciens éléments lyciens en Attique, où ils représentaient l'Ancien Régime, cf. HÉRODOTE, I, 173.

(8) P. les noms en ‘Eppn- v. ce qui a ëté dit p. 76, n.

(9) P. ce dieu et son culte éminemment lycien, voir mes « Phéniciens », et Particle de MALTEN indiqué p. 22, n. 2.

(10) Frirz ROBERT, Les noms des oiseaux em grec üncien, Étude sémantique, 1'e partie ; Thèse de doctorat, Bâle 1911 (Neufchâtel 1911), pp. 35 et seq.

(x1) Cf. C. J. SunpewaLL, Die Thierarten des Arisloleles, Stockholm 1863, p. 107; H. Augerret F. WimMER, Aristoteles Thierkunde, Leipzig 1868, t. I, p. 85.

L'on peut affirmer, toutefois, sur la foi des lexicographes, qu’il faisait partie du générique 59. Il est VABYONÉ, ayrvhoyelhne (1) et inspire la terreur au peuple des passereaux.

Un passage de Nicandre (>), nous intéresse ici tout particulièrement car, parlant de l’aiyuruéc, il l’énumère dans une série que clôt le nom du corbeau : aiyuruot Yürés re NOQUE + opfopea xpUCwv, l'oiseau qui croasse la pluie.

Ceci nous autorise donc à penser que ce dernier, tout comme son confrère, l'aigle porte-foudre, était en relation théologique et rituelle immédiate avec la tempête, la pluie, l'orage, l'humidité (5).

Cette inférence est d'autant plus légitime qu'Hésychius (+) spécifie nommément que l’atyuruc était une espèce d’aigle.

Tel est, d’ailleurs, le sens que le vocable a conservé en iranien ancien, Où #r2xifya — aigle (5); en v. pers., où “ardifya, induit de &pfigos — &erde rapa lépoas (5) ; &oduorsc (mscr. ddpuotéc) raoù [époux 6 &erôc (7); en macédonien, ou atyiro) — aerôç (5) ; aussi épyrômous — asrés (9).

Ce mot, dont le passage d'Asie Mineure caucaso-indo-iranienne en Méditerranée s'explique par l’oionomancie, si développée chez les peuples asianiques et que l'immigration dite étrusque importa en Italie, correspond trait pour trait au védique rJipyäb (°°).

Ce rapprochement est des plus légitimes au point de vue sémantique.

(1) SOPHOCLE, Ajax, v. 168.

(2) Ther. 406.

(3) C'est, d’ailleurs, également sa fonction dans la cosmo-théologie grecque. CI. O. GRUPPE, Griech. Mythol. u. Religionsgesch. Münich 1906, pp. 793 et n. 5 et 841, n. 6, où lon trouvera les références.

ÉANSATE ALYUTLOÏSLV" QeTGy YÉVOs, YÜTeEc. Aussi s. v. atyuruiv" el0os 4eto.

(5) Cf. BARTHOLOMAE, Altir. W.-B., p. 354. Ce nom est également porté par une montagne ou un district montagneux. Cf. le Tôpyrov sicilien d’Hésychius, que le lexico. graphe rattache à +69y0c, oiseau de proie au nom cypriote (BEKKER, Anecd. III, 1095) dont Zeus revêtit le plumage pour s’unir à Léda (LYcOPHRON, v. 88 et Schol.).

(6) Hésycmus. ‘

Page 1