C. AUTRAN, — Tarkondemos
Le Chien d'Orion n’est pas moins révéré dans la Grèce épique et préhellénique et dans la plus ancienne Méditerranée.
Homère ne manque pas de signaler sa terrible puissance. Mais, ici, comme en Orient, le chien est un démon essentiellement agricole. Car, il préside à la saison des fruits ().
Même caractéristique, non moins formelle, dans Hésiode.
Le Sirius des Travaux (*) est l'étoile qui, perorwgtvèv buBprisavrec | Znvos toicbevéoc,.... mheïoy... vuxtès Étaupel'.... ; SOUS laquelle es chèvres sont les plus grasses, le vin le meilleur, les femmes les plus lascives, etc. Quand il est « au milieu du ciel », on coupe le raïsin, on l'exposé dix jours au soleil, cing à l'ombre, puis, le sixième, on le verse dans les jarres, « don de Dionysos abondant en joies ». .
Les noms formés sur le thème «chien » (5) de son nom abondent dans l'Égée préhellénique et orientale. Kuvubeie désigne le grand dieu d’Arcadie (+); Küvaos, Küvios, Kôivvetos, Küveos sont des épithètes d’Apollon (5) à Athènes, à Temnos. Des Koviar ou Kuvwida, ancien yéves aristocratique et sacré, desservent cet immortel à Athènes (°). Une montagne d’Argolide, proche d'Épidaure, ancien foyer carien, s'appelle baut-lieu du Chien (). Les Kuvèç änpa ne sont pas rares (#), non plus que les Küvoc (2). Le Kuvisapyss, palestre et sanctuaire, porte également son nom(:°). Kuvosdproy (11), Kuvès boñvos(:2), Kovèc xepxhai(s), Kovésouoa(1+),
(1) Cf. Iiade, XXII, 25-31. Détail non sans valeur, c’est Achille, lAchéen, par éxcellence, qui lui est comparé.
(3) Se rappeler ici la sacro-sainteté du chien dans l’Avesta.
(4) LycoPHRON-TZETZÈS, v. 400.
(5) Paorius, 187, 7; SUIDAS, s. v. Kôvveros ; Po. XXXII, 25 ; HÉSYCHIUS, s. v. Kôvvetos. Cf. en outre son rôle d’archer terrible d’Jliade I avec le titre de qaÿtu de Mulban-Sirius et le rôle redoutable de l’astre qui « envoie la fièvre », Iliade, XXII, 31.
(6) Hésycaius, s.v. Kuwveros et Kuvviôar. V. aussi E. M.
La présence d’anciens cultes mysiens à Athènes est, on le sait, attestée par Hérodote (V, 66), qui y signale le culte du Zeus carien.
L'on notera, pour se le rappeler au S III, la relation mythico-théologique que LUCIEN, ver. hist. 1, 16, établit entre Sirius et le chêne.
(7) Kuvéprtov (Puusan. I, 27, 7); 0076ç — Bwuds (HÉSYCH.). Un temple d’Apollon la surmonte.
(8) Cf. par ex. STRABON, IX, C. 425.
(9) Par ex. Iliade II, 531.
(10) Pausan. I, 19, 3 ; HÉRODOTE VI, 116. Sanctuaire à Héraclès, type cosmo-théologique oriental.
« (11) Pamphylie. AN. Srap: Mar. MAGN. 208-9. — fertre du Chien.
(12) Locat. d’Egine (ELIEN X, 41); Opñvos est allogène en grec et d'origine préhellé-
nique, carienne probablement, car c'était l’une des spécialités de ces coureurs d'aventures. Voir notes 13 et 14, p. 179.
PT
Dés do Mb ot.
Kuvscoupeïs (1), Kuvoceusiz (2), Kuvésoupos (3), Kuvos rô%e (+), Kovèc cua (5), Kivoupx (5), Kovousos (7), lieux ou « héros » l'ont également pour éponyme. Le Kovès rorauss, en Arabie, porte aussi cet appellatif (8). L’Égypte même, étonnante survivance des traditions religieuses, passait pour avoir, autrefois, été régie par un chien (2).
Mais l'importance du chien dans l'ancienne Asie-Egée préclassique ne s'arrête pas là. |
C'était, on le sait, le Kaowèy Oüya (1°) ; l’un des animaux consacrés au Set-Baal de Canaan (1) ; le gardien de la chèvre qui nourrit Zeus (12); l'associé d'Isis (55) ; le custode d’Asclepias, patron de la médecine (1#); le compagnon de l’Heraclès tyrien dans la recherche de la pourpre(15).
L'on ne saurait omettre, pour terminer, l'antique usage du sacrifice à la Canicule, nom latin de Sirius, à qui, Kaæo:mèy O5ua, l’on sacrifiait des
chiens roux (1°).
. (43) Collines en Thessalie : PLUTARQUE, Thésee 27 ; Pél. 32, et en Béotie : FHG Acés. FI22
(14) Nombreux : en Attique, à Salamine, en Arcadie, Laconie, Crète.
(1) Local. où dème en Mégaride, terre carienne (PLur. Quaest. graec. 17) ; cf. avec PAUSANIAS I, 40, 6.
. (2) Région entre la Laconie et l’Argolide, ancien foyer « phénicien ». Cf. Tauc. IV, 56; V, 14 et HÉRODOTE I, 1. À rapprocher, sans doute, le deuxième élément de 6p0s, ion. 0%p0s : colline, hauteur — hauteurs, territoire du Chien (aussi Kuvosouoa).
(3) Fils du Zydien Pélops. Paræmiogr. gr. (Mant. Pro.) Il, 94.
(4) V. du Delta égypt. SrraoN, XVII, C. 802.
(s) Tombeau supposé de la #royenne Hécube (SrRABON VII, C. 331). Des homonymes se retrouvent en Lybie (ÉT. Bvz.), en Carie, sur la côte d'Égypte (STrABON XIV, C. 656. AYII,C:,749).
(6) Très ancienne localité d’Argolide (v. ci-dessus p. ovpa) HÉRODOTE VIII, 73.
(7) Fils de Persée (Pausanias III, 2, 2), donc d’origine « assyrienne ». V. 6 IV.