‹ Tarkondemos. Réflexions sur quelques éléments graphiques figurant sur le monument appelé "Sceau de Tarkondemos."Chapitre 47 sur 69 · L MUSÉE DU CAIRE · texte numérisé non relu

L MUSÉE DU CAIRE

e de M. E. Naviile.)

mor, TRE

no TRQ"U : DIFFUSION DE SON NOM ISI

n'est, originellement, pas plus la demeure d'Horus, que (N) RE — äpyvp0s (°) n’est la maison grande (àrk our).

Les mots et la graphie ne sauraient nous tromper sur les choses.

Si Hathor est venue de l'Est en même teraps que Sirius, le faucon et les suivants de l'oiseau, il est de toute évidence qu'elle doit, tout comme Sirius et le faucon, se retrouver dans le grand culte oriental.

Or personne n’ignore que la vache, « dame des eaux d’en baut » (2), dont le type morphologique n’est, d’ailleurs, remarquons-le bien, nullement celui du bovin égyptien 3 — ; la déesse à cornes de l'abondance, de la fructification, est connue comme telle en Asie Mineure « phénicienne » et en [ndo-Iran. L’Héra de Mycènes, l’Achéenne, est une vache (+). To, déesse éponyme de ces Ioniens dont les colonies vagabondes s’épanouiront, à l’aube des temps, en Aïyvrroc, déesse de la lune, comme Sin, est, elle aussi, une vache. C’est la vache, qui, dans l’Avesta, incarne la vie animale (5). C’est encore elle qui, dans le Rg Veda, recèle le soma fécondant; elle, dont Agni perce le pis; être gavyant-, c’est-à-dire désireux de vaches, c’est désirer l'abondance dE

Vache et eau céleste vivifiante sont, ici, synonymes et ce concept, on le voit, reste encore exactement identique à celui contenu dans la personnalité divine de Hathor, maîtresse des eaux.

Cettte notion est, d’ailleurs, une conséquence logique de celle qui fait du dieu fécondant, à l’occasion, un taureau dont le sperme féconde le monde ; d’Istar, par suite, une vache, source des biens (7).

Que lon veuille bien, au reste, jeter les yeux sur les deux planches ci-contre. L’on y constatera que, comme Iétar, la Hathor de Deir el Bahari est cornue. Ses traits sont donc identiques à ceux de la nnvy DYNP. Comme elle, elle est une vache ; comme elle, elle est nourricière. Et son pelage étoilé, signe certainement rituel, témoigne également de la nature céleste qui lui est commune, par surcroit, avec la +nny du Hadramaut.

Un parallélisme aussi intégral ne va pas, l’on en conviendra, sans impliquer identité de concept cosmo-théologique, surtout lorsqu'il s’ac-

(x) Mot et graphie de basse époque. Voir Dict. de BUDGE, s.v.

(2) MASPERO, op. cit., p. 64.

(3) Voir les planches ci-contre.

(4) Cf. Suipas, EusrH. Com. Den. Périéo. 92 ; Et. M. cp. avec Prométhée ench. (s) Cf. supra.

RO pan ex REV STILES TE ATV re 1351S: 16; 19, etc.

(7) O.L.Z. 1898, p. 157. M. JasrRow, op. cit., I, P+ 444.

compagne, comme c’est le cas, de l'identité phonétique absolue des noms divins.

Réservant pour des travaux mieux appropriés un exposé plus détaillé de ces faits et de leurs multiples conséquences, nous n’avons entendu donner ici qu'un aperçu pur et simple de la liaison cosmo- théologique et ethnique existant entre l'Égypte du 3° millénaire et le grand continent asiatique. De tous temps ce continent n’a-t-il pas joué un rôle décisif au double point de vue économique et religieux ?

L’onomastique divine (*}, le type du culte, la nature des dieux, leurs représentations figurées, la provenance des immigrants, leur rôle, la tradition, l'examen du langage, tout concourt donc à démontrer que le faucon qui, de l'Est s’en vint vers la vallée du Nil et descendit s'établir le long du fleuve, tout en organisant la région, n’était autre qu'un représentant de cette grande religion enthousiaste qui, bien auparavant, prévalait déjà, sous différents aspects, dans l'Orient asiatique.

Il ne saurait être question, dans ce simple paragraphe, d’aller au delà de cette conclusion dont la portée historique et linguistique est déjà singulièrement étendue.

Du moins nous concédera-t-on, pensons-nous, le droit d'affirmer désormais avec une entière assurance que le nom classique de l’Atyurzec (pour *Asyur-10-<) vient de l'Asie Mineure; quil procède directement de celui de lrjipyé- -çyen4- divin. L'Égypte est, dès lors, la terre du faucon, comme elle est aussi l’’Aetix — la terre de lasros (2), dont

(x) Hathor n’est, en effet, pas le seule nom religieux venu d’Asie Mineure caucasoindo-iranienne en Égypte. V. plus loin ce qui concerne Jsis. Cf. par ex. le nom d’Apis — que portent également le bœuf divin de Memphis et un fils du Carien Phoroneus, vieux roi d'Argos (PAUSAN. I, 39, 5 ; 40, 6 avec ArpozLon. I, 7, 6; II, 1, 3); un fils de Telchin à Sicyone (Paus. II, 5, 7); un fils de Jason (V, 1, 8); un fils d’Apollon (EscHYLE, Suppl. 262, 269. V. mes « Phéniciens ») — nom sans signification en égyptien — avec védique àpi- = ami, parent : der Befreundete, Verwandie:; cf. ce sens luimême avec celui, identique, de mihd- (— Mitra, le dieu au taureau). Cf. de même Ra nom du soleil en tant que dieu suprême, avec védique r&, donner, le grand dieu étant le donneur, le distributeur, le pourvoyeur (de richesse) par excellence ; Manou, région du couchant, p. suite, des morts, et le roy. de Yama (R. V. X, 14) où Manu et ses descendants nous devancèrent. L’on sait que, suivant un processus de contamination assez analogue, les Malgaches, dont la langue appartient à l’indo-nésien. occidental, ont reçu et du sanscrit et du bantou, nombre d’éléments de vocabulaire religieux. Cette transmission rentre donc dans l’ordre des phénomènes parfaitement normaux. Nous y reviendrons ailleurs plus à loisir dans tome de la Grande Bleue que nous avons l'intention de consacrer à l'Egypte hamitique.

(2) Ce témoignage paraît, au reste, confirmé par TÉe gyptien lui-même, où 2 A8

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Étienne de Byzance, au grand scandale de Meineke, dénonçait déjà l’origine hindoue. i

L'on reconnaitra que les Pharaons, enfin, dont la longue succession n'a presque jamais cessé dans son protocole, dans sa titulature, dans ses dédicaces aux dieux, de se réclamer avant tout de la descendance authentique du volatile suprême, ont, par là même, implicitement avoué le rôle tutélaire joué par celui-ci dans l’organisation économique et religieuse de leur patrie (*).

Il ne s’agit donc nullement ici de dénier à l'Égypte une originalité qu'elle doit au moins autant au caractère spécifiquement africain de sa culture sédentaire, qu’au type tout spécial de vie qui lui est imposé par son fleuve, par l’économie de sa vallée, par son climat, par le tempérament propre de ses habitants.

Il n'est pas d'avantage question d’y contester un influx permanent d'éléments sémitiques ou sémitisés. Car cet influx n’est, en somme, qu'une conséquence inéluctable du voisinage géographique non moins que du mouvement naturel des échanges.

Nos résultats peuvent donc, en définitive, se résumer en ceci :

région de tous temps pénétrable, soit par le nord, soit par le sud, aux influences culturelles, religieuses, linguistiques venues des hauts pays asiatiques s’étendant du golfe Persique au Caucase ;

pays où un établissement tant soit peu prolongé de colonies étrangères entraine pour celles-ci, comme conséquence quasi-fatale, une adoption, à tout le moins superficielle, de l’idiome du crû ;

vallée où la fécondité régulière de la terre et l’accroissement continu de bien-être qui s'ensuit sont des causes permanentes de cosmopolitisme mercantile et de fortunes princières, créatrices, à leur tour d’aristocraties :

où un fond de population africaine, mitigé d’inévitables influx sémitiques, vit sous la tutelle des leaders économiques du monde, quand elle n'est pas directement soumise à une aristocratie issue de Haute-Asie.

L image a-t-elle donc vraiment, beaucoup changé ?

— bag-t désigne l'Égypte (vV. par ex., ERMAN, Glossar 1904, p. 37), cependant que

: J l AN Q — bak (BHG”) = faucon. La différence d’orthographe constatée en

l’espèce n’est peut-être pas de celles qui soient irréductibles.

(1) Ceci n’exclut nullement, cela va sans dire, une évolution ultérieure des concepts religieux que le régime agricole si particulier à l'Égypte et le cosmopolitisme du pays imposaient, en quelque sorte. Pour le soin avec lequel les Pharaons se préoccupent de rattacher leur desendance au faucon, cf. par ex. le 1er t. de la grande histoire de Maspero et n'importe quel manuel d'histoire ancienne de l'Égypte. Cf., entre autres, celui de G. JÉQUIER, 1913, P. 114.

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184 CHAPITRE Ill

Et n'est-ce pas le cas où jamais de redire avec Qohelet (:), qui fut si sage : ;

tournant, tournant, s'en va le vent ; et sur ses détours s’en revient le vent ? (?).

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Légitimité d'une extension de cette enquéte à l'Italie.

Est-il légitime, est-il prudent, maintenant, d'étendre notre enquête au-delà de cette banlieue proche de l’Asie pour nous transporter, par ex., en Italie, où la présence de Turquins a incité certains savants à suspecter la présence du même dieu (5) ?

Si le Nil, débouchant à deux pas de la péninsule anatolienne, est obligé d'en refléter, pour ainsi dire, les principales vicissitudes, l'Italie en est déjà lointaine. Et la traversée de cette vaste étendue, en dépit des iles qui la jalonnent, peut paraître suffisamment ardue à de faibles navires

(4,16 (2) En raison de ce qui a été dit ci-dessus à propos du dieu Sin, nous serions très portés à admettre que son nom, dont Ét. Combe remarque (op. cil., p. 5) que « seul... Lil] se refuse à toute étymologie sémitique » ; dont Deimel (op. cit., p. 236, a) dit que : sensus bujus nominis non patet, n'est autre que çyend-. La correspondance du D avec le Y est “

attestée par DD — dçvas (avec a prothétique), par kdça- == récipient et D\3, même sens. Quant aux équivalences * = 7 et au | — 2 elles ne sauraient même être mises en * ce

question, car l'identité phonétique en est aussi complète que possible. L'on notera, d’ailleurs, que les variantes recueillies à ce jour sont, également, favorables à cette interprétation. Cf. Si-in; Sin-na [douteux, malgré Combe, p. 3]; *Si-i/en [dans Si-ile-ni ; Combe, p. 140]; Si-i; Si-e ; Si-’ ; Zi (formes isolées, de basse époque). Nous ne parlons pas de l’étonnant parallélisme des formules signalé plus haut, parallélisme qui est tel qu'il ne s'explique guère que par l'existence d’un archétype liturgique commun. Nous y reviendrons ailleurs. Pour l'existence de termes indo-européens (ou indo-européanisés dans la suite) en sumérien voir ci-dessous. , Pour les différentes étymologies de Sin suggérées à ce jour, cf. GG Anz. 1878, p. 1032; Z. Ass. IV, 1889, p. 64 ; VII, 1892, P. 177, n. 1 ; HOMMEL, Semit. Vôlk. p. 493 ; COMBE, op. cit., pp. 3-7; v. aussi DEIMEL, op. cit., n°0 2929, I, 1. Quant au fait d'appeler le dieu lune d’un nom propre signifiant originellement faucon il n’est, à tout prendre, pas plus étrange que l’usage d’appeler la Sainte Vierge four d'ivoire, maison d’or ou étoile du matin. Ce sont là les méfaits ordinaires de l’hymnologie rituelle.

(3) P. les références, cf. p.ex. E. MEYER. Gesch. des Allert.3, p. 703. E. KRETSCHMER a également fait allusion à ces rapprochements dans son Einleitung, p. 409. V. aussi

W. M. MÜLLER, Asien u. Europa, pp. 333 et 383, n. 3, qui est visiblement embarrassé pour conclure.

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pour que l'hypothèse de migrations anciennes et importantes par cette voie puisse susciter quelques doutes.

Il est vrai que les Vikings ont affronté sur leurs fortes barques des flots autrement âpres et que la traversée d’Éric le Rouge au Groenland vaut largement, pour la difficulté, celle de Smyrne en Sicile ou à Brindisi.

Les « peuples de la mer» ne manquaient, certes, pas plus d’audace ni d'expérience maritime que les hommes du nord. Ils se trouvaient même dans des conditions géographiques et climatiques singulièrement plus favorables que ces derniers. À

Les textes des Pyramides nous montrent déjà sur la « Très Verte » ou sur le « Grand Cercle » les allées et venues actives des ZZa-Nebou (y:

L'examen des trouvailles néolithiques prouve l’existence, dès cette époque, d’un commerce au long cours important (?).

Bien des arguments sérieux peuvent donc être allégués, non seulement en faveur de l’existence, mais même en faveur de la fréquence et de la facilité des relations internationales transméditerranéennes dès le 3° millénaire avant J.-C.

Ce sont là des considérations d’un ordre général, qu’il faut conserver présentes à l'esprit si l’on tient à se faire une idée pratique, précise, vraisemblable du problème.

Mais il ne s’agit point pour nous, en l’espèce, de notions théoriques touchant le développement de la navigation au long cours en Occident entre 3000 et 2000 avant J.-C.

De ce vaste phénomène économique, dont les conséquences furent si importantes pour le développement ultérieur des civilisations occidentales, nous n entendons retenir ici que ce qui nous intéresse le plus immédiatement.

La question que nous nous posons est strictement définie et spéciale : y a-t-il réellement eu, entre les péninsules asiatique et italique, au cours du 2° myllénaire av. J.-C., la liaison étroite que la présence d’un Tarq“u des deux parts a porté à suspecter ?

Pour répondre, il nous faut, évidemment, consulter avant tout la tradition, tradition qui, d’ailleurs, se trouve être à peu près unanime, quelle qu’en soit l’origine : grecque, romaine ou biblique; historique, mythique ou gouvernementale.

(1) Voir mes « Phéniciens », Index, s.v., où l’on trouvera les références indispensables.

(2) Cf. encore tout récemment l’article de F. NEoPHYTUS et P. DE PALLARY, La Phénicie préhistorique, Extr. de l’Antbropologie, t. XXV (1914) pp. 1 et seq. et les conclusions. V. aussi DÉCHELETTE, Manuel.

Rappelons-en donc sommairement le contenu (*).

Le texte principal se trouve, on le sait, dans Hérodote (I, 94).

Il y est dit que ër! ’Azues où Mavew Baorhéos ourodeinv loyuohv av tv Avdiry râcav ysvéohar" nai roùs Audobs téwe LÈy Duarperv Autapéoytas, meta dé, WG

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