‹ Tarkondemos. Réflexions sur quelques éléments graphiques figurant sur le monument appelé "Sceau de Tarkondemos."Chapitre 67 sur 69 · CS: ; CAT D · texte numérisé non relu

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Sciacca), Tragara [Punta] (r. de Naples) (*), Trago [Fonte del] (r. de: Macerata), Tragone (r. de Bergame), Tragénia [Casera] (r. d’Udine), Trecchie (r. de Macerata), Trécchina (r. de Potenza), Trecciano (r. de Pérouse), Treccione (r. de Côme), Trecella (r. de Brescia), Tregarezzo (r. de Milan), Tréggia (r. de Côme), Trepgidia (r. de Ravenne, de Pérouse et de Sienne), Tréggio (r. de Macerata), Treghietto [Ponte di] (r. de Corse), Tréglia (r. de Naples), Tréglio (t. de Chieti), Tregnago (r. de Vérone), Tregnone |Fosso] (ibid.), Trégole (r. de Sienne), Trégolo (r. de Côme), Trichiana (r. de Bellune), Troghi (r. de Bologne-Florence), Trogio (r. de Trente), Trogos (r. d'Oristano), Turchina (== moderne p. l'arquinies ; cf, SCHULZE, op. cit., pp. $56-7 et note) (2) Thorcodéssile (loc. à Nouraghe, r. de Nuoro).

L'on n'ignore point, d’autre part, que ce vieux nom reste, encore aujourd’hui, bien vivant en Toscane, comme le prouvent par exemple Pinstitution Tarchiani (5) et les nombreux Torchiana, Torchiani ete. de Florence.

Un examen, fût-il sommaire, de cet ensemble onomastique démontre que, sous la réserve, toujours possible, de tel ou tel cas particulier, la répartition de cette famille onomastique concorde entièrement avec celle des contingents étrusques, telle ‘qu’elle résulte, notamment, des travaux de Schulze (+); plus ou moins clairsemée en Sicile, en Sardaigne, en Corse, elle se montre un peu plus dense en Italie propre, à partir de Naples et d’Ancône, pour atteindre sa fréquence maximum au foyer de l’Étrurie propre, du Latium à la plaine du P6.

La situation géographique de ces noms locaux n’est pas moins utile à observer. Car la plupart des localités où Tyg“u reparaît, soit au nord soit au sud de cette limite, se trouvent en des régions de passage ; soit vers l’Europe centrale (Istrie, Trentin, régions d'Udine, de Bellune, de Bergame), soit vers le Simplon et le Gothard; soit le long de la côte vers l’ouést ; soit sur des voies traditionnelles de transit maritime.

Cette diffusion coïncide donc, dans son ensemble, avec les itinéraires séculaires des échanges ; résultat de tous points conforme, par conséquent, aux données les plus constantes de la géographie linguistique ; rentrant, par suite, dans l’ordre des constatations normales.

(1) Y a-t-il lieu d'insérer Traghettino (r. de Vérone), Traghetto (r. de Ravénne), Tragliata (r. de Civita Vecchia), Tragliatella (ibid. ? |

(2) Ceci permet de songer à Turchina, Turchio, etc.

(3) Route Florence à Fiesole.

(4) L'on trouvera une carte de cette diffusion avec les principales références dans les « Langues du Monde » (Paris, Champiôn, 1922), carte annexe à ma notice relative aux langues de l Asie Mineure ancienne,

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-Sil est, d’ailléurs, un peuple dont l’on doive, a priori, s'attendre à trouver des vestiges le long des routes économiques, € ‘est tout particu-lièrement le cas pour les Étrusques, dont l’activité commerciale, fut, on le sait, des plus étendues.

Sans nous attarder à dresser ici un recensement, qui serait fastidieux, de toutes les variantes dialectales possibles en Dyc-, Trt-, Trs- etc., dont nous avons, au ch. 11, signalé l’existence éventuelle, nous consacrerons maintenant quelque attention à la base « sabinisée » en Trp- qui nous paraît, à plusieurs égards, offrir un intérêt spécial (1).

Si, en effet, le culte propre de Taryu, en tant que tel, ne paraît pas avoir jusqu'ici laissé de traces matérielles soit dans l’archéologie, soit dans les monuments littéraires, il n’en est, heureusement, pas de même pour le Tarpeius pater, dont la tradition sabino-étrusco-romaine nous a conservé le lointain souvenir.

Que ce dieu ait joué, en un temps très antique, un rôle important sur l'emplacement de la future arx capitoline et dans la religion sabine préromaine, c’est ce que l’on peut déjà inférer d’un texte de Varron (?) :

.… hic (sur le Capitole) cum fundamenta foderentur aedis lovis caput bumanum dicitur inventum. Hic mons ante Tarpeius dictus a virgine Vestale Tarpeia, quae ii ab Sabinis necata armis et sepulia, quoius nominis montmentum relictum, quod eliam nunc eius rupes Tarpeium appellatur saxum. Hunc antea montem Saturnium appellatum prodiderunt et ab eo late Saturniam terram, ut etiam Ennius appellal ; antiquum oppidum in hac fuisse Saturnia scribitur (5).

(x) Mentionnons, toutefois, parmi les dérivés de la même famille le nom de Troja (Tootx) — [cf. ce qui a été dit p. 74, n. 1] — ainsi que les dérivés du même thème Too®nv d'Italie, etc., sans oublier #roja — la truie — l'animal de Tyq“u (se rappeler l’importance des victimes porcines dans le culte de la déesse-mère cf. par ex. J. Harrr- SON, Prolegomend, passim) importé en Grèce par l'aristocratie méditerranéenne préhellénique. Ce point, comme bien d’autres signalés en passant, sera repris en temps et lieu, car il mérite plus et mieux qu’une mention incidente ; je le démontrerai lorsque j'aborderai la question religieuse asiano-égéenne dans son ensemble. Cf. en outre, Troilus, etc.

(2) De I. 1. V, 41-2. Pour la corrélation de cette légende avec d’autres de type analogue remontant à la même époque, cf. E. Pais, Storia critica di Roma, Turin, 1898, t. Ir, pp. 268 et seq. et, du même auteur Ancient Legends of Roman history etc. [trad. M. E. Cosenza} Londres, 1906, chap. v, The Story of the maid Tarpeia, pp. 96-108. Les textes relatifs à la légende de Tarpeia y sont indiqués pour la plupart. On les trouvera plus au complet dans SauNDERS, The myths about Tarpeia, dans les Roman historical sources et institutions, pp. 1 et seq.

(3) Ce qualificatif est commun à l’ensemble du Capitole et non au seul côté — côté

Ce texte, intéressant à plus d’un titre puisqu'il émane d’un archéologue particulièrement érudit en antiquités nationales, renferme deux. indications importantes. Par rot

Il témoigne, d’abord, de l'extrême ancienneté du Mont Capitolin comme lieu de culte. Et cette ancienneté, qu’une tradition italo-romaine unanime fait remonter à une époque sensiblement antérieure aux entre-. prises politiques d'Énée et de Romulus, peut donc passer pour à peu près contemporaine de la grande migration asiano-égéenne vers l'ouest, migration qui se place, approximativement, entre 1500 et 1000 avant J.-C.

Ce culte même, ainsi qu’il résulte du passage de Varron, n’avait, d’ailleurs, fait que prendre la place — et, vraisemblablement, la suite — d'un culte antérieur, consacré à l’omnipotent dieu souverain agricole dont le souvenir grandiose, bien qu'à demi effacé, remplit, sous les aspects de Kronos en Orient « phénico »-grec et de Saturne en Italie, tout l’arrière-fond cosmo-théologique des futurs peuples classiques (*).

Ce souvenir, pour mythique-et religieux qu'il soit, n’en correspond pas moins à une réalité certaine, car, de plus en plus nettement, l’archéologie parvient à discerner, elle aussi, une vaste période agricole, de caractère et de technicité à peu près uniformes dans son ensemble, où les rites religieux, dans une large mesure, témoignent de parallélismes évidents (2).

Or, d’une part, Kronos-Rhéa constituent l’un des plus anciens spécimens de ce couple suprême dont nous rappelions, au chap. 1, les fonctions vivificatrices. |

L'on ne saurait, d’autre part, oublier que, à l’intérieur d’une même

nord sans doute, faisant face au Quirinal (suivant E. Pas, op. cit.) — où se trouvait le saxum tarpeium. Cf. "par ex. Sicius It. Punica I, 541 : Tarpeiae rupes ; v. également II, 33; XIII, 1-2.

QG) Nous n’ignorons point les arguments que l'on a fait valoir en faveur de la distinction originelle de ces deux dieux. Ces arguments, nous devons l’avouer, nous paraissent peu solides et les menues différences que l’on peut constater de l’un à l’autre, différences qui n’excèdent point en amplitude celles existant aujourd’hui entre le Jésus Bon-Pasteuret Jésus Sacré-Cœur, ne sauraient, à notre sens, prévaloir contre l’unité foncière du concept cosmo-théologique originel dont l’un comme l’autre procédent.

(2) Cf. par ex. l'ouvrage récent de P. KarGe, Rephaim etc. Paderborn, 1918 (Collectanea Hierosolymitana. Verôffentlichuugen der Wissenschaftlichen Station der Gürresgesellschaft in Jerusalem), Bd. I. Plus fortement que l'ouvrage, exgllent d’ailleurs, que le P. VINCENT a consacré à Canaan, ce travail relie la culture du monde palestinien pré-hébreu à l’ensemble de la civilisation asiano-méditerranéenne. Venu plus tard et envisageant les faits, dont certains tout récents, sous une perspective assez sensiblement différente, l’auteur a, naturellement, été amené à des conclusions en partie nouvelles.

construction religieuse, la substitution d’un personnage divin à un confrère antérieur change rarement autre chose que des détails au caractère foncier du premier culte organisé.

Le remplacement de Saturne (1) par le Tarpeius pater peut donc être considéré comme un indice d’affinités entre les deux personnages.

Et ce que nous avons pu entrevoir par ailleurs de Tyqg“u rend, provisoirement, cette induction plutôt vraisemblable.

L'émule-poète de Varron, connaisseur assurément plus fin et au moins aussi bien informé des antiquités préromaines, Virgile, va nous aïder à préciser davantage. |

Il est, en effet, question du mont Tarpeius et d’une jeune guerrière dénommée Tarpeia à trois reprises dans l'Énéide.

L'un de ces passages (2) n'offre, pour l’enquête qui nous occupe, qu’un intérêt à peu près nul. Nous le laisserons donc de côté.

Les vers 347 et seq: du Chant VIII sont plus instructifs ; car ils nous

font assister à la visite que le héros troyen, guidé par le vénérable Evandre (5), rend aux emplacements du foyer de la future cité et à lemplacement où s’élevera plus tard le grand sanctuaire triomphal.

(x) Nous ne voyons aucune raison sérieuse pour substituer notre science — science récente, et pauvrement informée — à l’ensemble des traditions hellénique et romaine, parfaitement convergentes à cet égard. La plus sage critique, à notre avis, consiste, en pareil cas, non à condamner sans ambages une tradition dont les informations étaient assurément plus multiples et mieux « décantées » que les nôtres, mais, au contraire à lui faire un très large crédit. Les modes scientifiques de chaque génération sont vraiment par trop variables pour qu’on puisse les prendre comme unité de mesure. Quoi qu’on en dise, la tradition, prise dans sa masse, offre, à condition de l’utiliser avec tact et réserve, une base bien autrement sûre. L’attitude de bien des critiques sous ce rapport n’est, à notre sens, pas sans analogie avec celle d'adolescents frais émoulus de leurs diplômes à l'égard de gens moins instruits sans doute, mais ayant vécu et observé plus longtemps. Nous faisons allusion par ex. à H. JorpaN, Topogr. d. St. Rom im Altertum, Berlin 1878, I", p. 180, suivant lequel toute cette histoire n’aurait d'autre base que des fantaisies étymologiques. C’est attribuer à la philologie, fût-elle populaire, un rôle singulièrement antique et important. O. GILBERT, plus raisonnable, dans sa Gesch. u. Topogr. d. St. Rom tm Allert. Lpz. 1883, I, p. 246, note 1, 7, considère, au contraire, cette tradition comme recevable dans son ensemble. Saturne-Kronos en fuite, gagnant les îles, le Latium, l’Ibérie, abordant en Italie par mer ; autant de traits qui concordent étrangement avec l’eflondrement de la civilisation asiano-égéenne. Et l’on évoque ici l'attestation que SERVIUS {ad Æn. 1, 299) attribue à Salluste : Troiano tempore invadendarum terrarum caussa fuit navigatio (cf. avec ad Æn. I, 242 et 601).

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