‹ Tartarie, Beloutchistan, Boutan et NepalChapitre 15 sur 53 · familles id. h •/, lllla · texte numérisé non relu

familles id. h •/, lllla

too.ooo familles deTnreomans h I tilla loo.fXlo

100,000 familles de Kirguizes payant

à elles toutes I20,ooo

Douanes de Xhiva et de quelques autres places. . 40.000

Total . 47fl,r>oo

Ce qui, en calculant, comme M. Abbott, le tilla de Khiva à 15 francs, donne 7,147,500.

Cette estimation , comme en général celles que donne l’intéressant voyageur, parait au-dessus de la réalité. Nous croyons plus exact le chiffre indiqué par M. Mouraviev. Cet officier portait les revenus de la Khivie, en 181!) et IR20, à 4 millions de francs. Depuis cette époque il n’est survenu dans le khanat aucun événement qui ait pu modifier les revenus publics d’une manière notable ; et nous croyons que cette somme est exacte aujourd'hui comme elle l’était à l'époque ou écrivait le savant officier russe.

La pre.sque totalité de ce revenu est affectée à la personnedu khan. Lesfonctionnaires publics, la police et l'armée sont entretenus aux frais des habitants.

ABMÉE.

Il n'y a pas d'infanterie dans l'armée khivienne. Les nomt-ides concourent, comme les habitants établis dans des

(1) f'oy. cl-devant, page 59, col. I.

(I) .Ipptndicf, T. Il , p. L.

demeures fixes, à la forinalion des corps de cavalerie. Ils fournissent un cavalier armé et équipé par quatre familles, tandis que les seconds en fournissent un parchaque mesure déterminéede terrain cultivé. Le souverain ne donne aucune solde à ces cavaliers, excepté lorsqu’il les envoie à la guerre. Dans ce dernier cas, chaque cavalier reçoit à son entrée en campagne une somme d'environ soixante et quinze francs une fois payée, quelle que soit d’ailleurs la distance à parcourir et la durée de l’expédition. Autrefois les Turcomans seuls recevaient une gratification , qui n’était pas égale, pour tous et variait depuis soixante et quinze Jusqu’à trois cents francs (I).

A une autre époque, les cavaliers recevaient une solde annuelle , dont une moitié était payée en or et la seconde moitié en pain. Lorsqu'ils étaient en campagne, ils recevaient une ration de fourrage pour leur cheval , et le matin on leur donnait une petite portion de gruau pour eux-niémes. Les officiers avaient un traitement fixe, et recevaient, comme vivres de campagne, du pain, du poisson , de la viande , et du fourrage pour leurs chevaux. Un pareil système, quoique incomplet, et laissant encore beaucoup à désirer, était bien préférable à celui qui est actuellement en vigueur. Aujourd’hui les cavaliers khiviens se laissent manquer par avarice ou par auvretédes objets les plus indispensales pour eux et pour leurs chevaux. L’é-

aement et l'armement n’ont ni la ité ni l’uniformiténécessairespour que les troupes puissent agir d'une manière efficace et avec ensemble. Il est d'ailleurs impossible d’établir la discipline parmi oes hommes qui ne se trouvent que momentanément et pour ainsi dire par hasard attachés à une armée.

Ils ignorent les manœuvres , et sont pour cette cause tout à fait incapables d’attaquer par masses.

« Une semblable armée, dit M. Mouraviev, ne peut pas tenir la campagne pendant plus de six semaines , tant à cause du caractère inconstant des troupes , qui ne reconnaissent pas l’autorité

(I) De s a K) lllla».

de leurs chefs, qu’à cause des intempéries de l’air, du manque de vivres, des revers et de plusieurs autres circonstances défavorables qui décident bientôt le soldat à quitter l’armée pour retourner chez lui. Comme il n'existe pas de contrôle où l’on inscrive les noms des cavaliers, et que ceux-ci ne reçoivent pas de solde, aucun motif ne les retient, et ils ne sont exposés à aucun désagrément pour le fait de la désertion.

M. Mouraviev soutient que la seule difficulté qu'un corps de troupes russes pourrait trouver à vaincre ces bandes indisciplinées, serait de les atteindre. Le même auteur remarque cependant que le cavalier européen doit bien y réfléchir avant de s'engager dans une lutte corps à corpsavec des partisans teisque les Tartares. Ceux-ci considèrent le combat singulier comme leur principale force et le but le plus élevé de l’honneur et de la gloire militaires. Nos chevaux, accoutumés aux allures du man^e , ne sont pas comparables pour l’agilité àceuxdesTurcomans. Nos cavaliers d’ailleurs, gênés par des vêtements étroits et chargé d’unéquipementlourd et embarrassant, ne peuvent pas avoir les mouvements libres et rapides des nomades.

Nombre de Khiviens se Joignent à l’armée sans y être contraints, dans l'espoir de rapporter du butin et de recevoir les gratiüeations que le khan accorde pour les têtes ou pour les oreilles des ennemis. Les dernières sont payées environ 2 f. 65° la pièce , et les têtes le double.

Il n’existeque deux classes d’officiers, les vouzebaschis, dont le nom signifie chef de cent hommes , quoique ces officiers aient souvent sous leur> ordres des troupes bien plus considérables; et les mehrems, qui commandent à dix et même quelquefois à quinze youzebasebis, qu’ils ont le droit de punir à coups de bâton. Les corps places sous le commandement d'un mehrem ont chacun un étendard. Les youzebaschis portent, comme marque de leur dignité , un poignard à manche noir, et les mehrems un poignard à manche d'ivoire.

AHT1I.LSBIB. L'artillerie du khan

L’UNIVERS

de Khiva, placée près d’une des portes du palais, se compose d’environ vinRtdeux pièces de bronze des calibres de six et de douze. Jamais, jusqu'à ces derniers temps , elle n’avait été aussi considérable. Toutes ces pièces ont été fondues dans le pays, sous la direction de quelques e.scl.ives russes, qui ont fait fondre égnlement les boulets et fabriquer les affûts. f:n campagne, les pièces sont traînées par des clievaux, et la haute direction de l’artillerie est conflée a des esclaves russes, que les Kliiviens reconnaissent eux-mêmes comme bien plus habiles dans le service de cette arme.

(’,e fut Mohammed-Rahimou, comme les Kliiviens l'appellent plus communément, Madrahim qui tenta le premier de foudre des canons à khiva. D'abord les es-ais ne réussirent pas. Les pièces crevèrent quand on voulut s'en servir.

Ces tentatives étant demeurées infructueuses , le khan consulta des esclaves russes, qui lui apprirent à fondre des pièces pleines. Mais comme il n'y avait alors à Khiva personne capable de les forer, le khan lit venir de Constantinople on fondeur, qui coula et fora plusieurs canons. La cherté et la rareté du cuivre empêchèrent pendant longtemps lesKhiviens d'augmenter le nombre de leurs pièces.

On fait a Khiva une quantité de poudre à canon assez considérable, à fort bun marché, mais très-faible , parce que les .Sartis qui la fabriquent ignorent la proportion exacte des différentes substances qui doivent entrer dans sa composition. Le sal|)êtrese trouve en abondance dans plusieurs endroits de la Khivie, et l’on peut aisément se procurer du soufre.

La meilleure poudre que I on trouve à Khiva est celle que l’on tire de Russie. Elle arrive par la mer Caspienne à Manguisehlak. Les magasins a poudre sont bâtis de briques , et se trouvent à Khiva dans le palais du khan.

Suivant M. Mouraviev, le souverain de la Khivie ne peut pas mettre en campagne plus de 13,000 cavaliers comiilétement armés et équipés. M. Abbottdonne une estimation beaucoup plus forte. Si nous en croyons ce voyageur, l’armée khi-

vienne forme un total de 108,000 hommes, qui se décompose ainsi :

Usbecks

Turcomans

Kizilb.isches ou Per-

- saos

Kirguizes

Total

M. Abbott avoue cependant, un peu plus bas, que jamais on n'a TU en Khivie

filus de 8â,000 hommes sous les armes.

1 est évident que ce dernier chiffre même ne peut s’entendre que d’une levee en mas.se, et non de l'arince que le khan met en campagne d.ins des circonstances ordinaires. .Mais en supposant que l'on fit prendre les armes aux Sartis et aux Karakalpaks, mesure à laquelle on n'a recours que dans les cas extrêmes, lor-que le pays est menacé d un grand danger, il est douteux que I on pilt atteindre ce nombre. Plusieurs geographes assignent à l’armée kbiviemie un total de 50,000 cavaliers; et il est bien entendu encore que les trois quarts de cette multitude se composent (rhummes mal armés, sans aucune habitude militaire, et bien plus emb.irrassanis qu'utiles dans un moment de daiiger- Les Sartis et les Karakalpaks sont connus pour leur poltronnerie, et ils ont toujours manifesté une aversion insurmontable pour le métier des armes. Les Kirguizes, mal équipes et mal amies, quoique montés sur de petits bidels pleins de feu et de vigueur, ne peuvent être employés utilement que comnie fourrageurs et comme courriers. R**' tent donc les Usbecks, les Turconiaiis et les Kizilbasches, qui forment la seule véritable force militaire du pays. Leu'* ci ne peuvent guère dépasser le nombre indiqué par M. Mouraviev.

Les cavaliers usbecks et tiirconians sont obligés, au premier appel du sou- Terain, de se rendre en armes à un heu de réunion qu'il leur indique. Les honiines qui se sont fait connaître pf''*' demment par des actes de brigandag et de cruauté, ou par quelques prouesse du même genre, sont désignés pouf former la garde particulière du khan.

Si , comme cela arrive quelquefois , le

f)rince choisit un de ces nommes pour e charger d’une expédilion, aussitôt des volonta'res usbecks et turcoinans, attirés par l'espoir du pillage, se mettent à la suite de ce chef; celui-ci reçoit de tous les cavaliers qui le suivent le titre de serdar , c’est-à-dire général. Malgré cette désignation, il n’exerce sur eux aucune autorité.

« Lorsqueces bandes rencontrent l’ennemi, dit M. Mouraviev, les plus braves s’avancent en poussant de grands cris , et se précipitent sur leurs adversaires; le reste de la troupe se conduit, chacun comme il l’entend, avec plus ou moins de courage. Quand les plus braves ont triomphé de quelques ennemis, la victoire est décidée. Les chefs du parti vaincu donnent aussitôt le signal de la fuite. Les vainqueurs se mettent à la poursuite des fuyards, massacrent sans pitié les hommes qui opposent quelque résistance, et font prisonniers ceux qu’ils trouvent disposés à se rendre.

C’est ainsi que s’obtiennent pour l’ordinaire ces victoires nue les Orientaux célèbrent avec tant d'emphase dans leurs poèmes. Les héros de ces légendes sont des hommes sans honneur, d’un courage éphémère, avides de butin, et que l’on verrait fuir par milliers devant une centaine d’hommes de troupes régulières. »

Voici un pa.ssage du livre de M. Abbott qui pourra compléter l’idée que l’on sc forme déjà du courage de ces redoutables Khiviens. Le khan , dit M. Abbott , ordonna au mehttr de me fournir tous les renseignements relatifs à la marche des Russes contre Khiva. De mon côté, je m’informais avec soin des plus petits détails de cette expédition , dont les principaux événements m'étaient déjà connus. • Le khan, « dit le mebter à M. Abbott, avait en- « voyé contre les Russes une. armée de <• 40.000 chevaux sous le commande- • ment du kou.scb-bégui, second oflicier « du khanat. Les troupes russes étaient « au nombre de quatre à cinq cents « hommes d’infanterie avecquelques ca- « nous (1). Le kousch-bégui s’avani^

(I) Otte eslini.ilioa aI»ordc du oirhler, dit M. Abbott, avait tans doule pour bul d'enaager le gouvatoemeul britaonique à porter Hoourt

a avec la plus grande résolution du côté

< de la mer d’Aral. Tout à coup il f^ut a frappé de cette idée, savoir : que cinq « à six cents cavaliers turcomans et « kizilbasches sufDraient pour balayer « les tduldlres de loute la face de la « terre , et qu’il n’était pas besoin d’en a employer 40, 000 , pour mener à bien « une entreprise aussi facile. En eon-

< séquence, il fit halte à l’endroit où il se

• trouvait (t), et détacha en avant un « corps auquel il ordonna de saisir le « bétail des Ru.sses, et de faire aux « mécréants tout lemal possible. Le chef « qui commandait ce corps de troupes « trouva la neige haute d’environ cinq « pieds, et se vit contraint de faire « marcher en avant quelques bidets O kirguizes sans charge pour frayer une « route en foulant la neige. Les ca- « valiers avancèrent ensuite dans cette « espèce de chemin creux, ayant à droite « et à gauche une muraill'e de neige.

« Arrivés a l’endroit où se trouvait le « troupeau des Russes , ils se précipité- « rent dessus avec courage , et emme-

• naient bon nombre de bétes, quand les

• Russes, voyant ce qui se passait, lan- « cèrent à notre poursuite environ une « centainede fantassins. Ceux-ci ayant af- « faire à des cavaliers transis de froid , « tandis qu’eux-irénies étaient échauffes « par l’exerciceetle mouvement, nousat- ■ teignirent de leurs balles comme si nous

• avions été des moutons. •

Le fait est oue les Turcomans prirent la fuite, laissant trente ou quarante des leurs couchés par terre et sans avoir fait aucun mal à l’ennemi.

Les pièces de campagne de l’artillerie russe ouvrirent leur feu contre les fuyards, qui ne s’arrêtèrent que lors-

3u’ils eurent rejoint le principal corps ’arniée.

Ce petit engagement donna au kouschbégui un mépris si profond pour les Ru.sses , qu'il écrivit aussitôt au khan en disant que lui , kousch-begui, aussi bien que les cavaliers sous ses ordres , trouvaient le temps très-froid , que les

à la Khirie dana oue lutte auaal InaignlHantr. Le chiffre de cinq cenU homoMa devieul ridicule par la suite du récit.

\i) A cent vingt milleft anglait onquamnleduq lieues et deede du |w emier po&le avancé de« EUMea.

L’UNIVERS

fiO

RussesnVtaient qu'(/n misirabte ramas de trois à quatre cents mangeurs de porc, adorateurs cT idoles et fils de pères damnés, à demi morts de faim, et que comme Sa Majesté pourrait, quand elle n'aurait rien de mieiin à faire; repousser ces gens avec le balai de la destruction, il croyait inutile d'exposer 40,000 hommes et leurs chevaux à la rigueur de la saison; il aurait, ajoutaitil , une grande reconnaissance à Sa Majesté si elle voulait bien l'autoriser à s’en retourner chez lui. Le khan, informé de ces details, rappela ses troupes , qui prirent leurs quartiers d’hiver à Koungrate.

Quelque temps après, M. Abbott eut occasion de rencontrer un parent du kousch-bégui, qui avait fait partie du corps de troupes envoyé contre les Russes. L’ofDcier anglais lui demanda comment il se faisait que 40,000 héros invincibles de la Khivie n’eussent pas réussi à détruire quatre cents misérables Russes à moitié morts de faim. « Ah !

• répondit l’interlocuteur, nous fûmes < obligés de combattre avec un grand

■ désavantage. La neige était haute de « cinq pieds , et l’on y avait creusé un

■ ravin profond. Nous'n’avions pas d’au- « tre route pour arriver à l’ennemi. Il « nous était complètement impossible de

• nous ranger en liataille. Le froid était

• tellement vif que, si nous tirions la

■ main de de.ssous nos manteaux pour « saisir un sabre on une lance, la main

• gelait aussitôt. Chacun de nous por- « taitsursesépaulesquatreou cinq man- « teaux épais et autant de vêtements « de dessous qu 'il avait pu en emprunter

• ou en voler. Nos hras étaient comme

• desrouleaux d’étoffe roidisparle froid.

« Nous ne pouvions pas nous en servir; « on aurait dit qu’ils étaient tout d'une « pièce et n’avaient pas de jointures.

« Ceux qui, parmi nous, étaient doués « de la moindre intelligence et portaient « tant soit peu d’intérêt à leurs oreilles « et à leur nez , s'étaient caché la tête « sous la musette de leurs chevaux, après « y avoir préalablement percé Jeux « trous pourreconnaltre l'ennemi. Nous •> étions, à bien dire, comme autant de « sacs de glace. I.,es Russes, en atten- « dant, se tenaient assis près de leurs

• feux, derrière de bons retranchements.

« s’amusant à nos Irais. Tantôt ils pro- « menaient leurs mains sur la flamme, « tantôt ils saisissaient leurs mousquets « et tiraient sur nous. Puis ils se chauf-

• faient de nouveau les mains, cliar- « geaient et faisaient feu. C’était vrai- « ment fort récréatif pour eux, j'ose le « dire; mais nous pensâmes que ce n’é- « tait pas de bon jeu. Quand une fois ces « Russes se mirent à nous poursuivre, ■ l’exercice qu’ils prenaient leur tenait

• le sang chaud, et nous qui étions à

• cheval, nous nous trouvions à leur « merci. Ils tirèrent sur nous, et nous « tuèrent comme des moutons, jus- « qu’à ce qu’enfin nous eûmes le bon « sens de tourner bride et de piquer des « deux pour nous soustraire a leurs « coups (1). »

Il faut remarquer que ces Russes, que l’oflicier kliivien représente comme si fort à leur aise, éprouvèrent entre la mer Caspienne et la mer d’Aral un froid de 32 degrés Réaumur, et que sous la tentedu général Perowsky, commandant de l’expediiion , malgré un feu continuel , le thermomètre ne monta jamais à 16 degrés au-dessous de zéro. Mais, quel que fût l’état de l'atmosphère, les KInviens auraient toujours su trouver d’excellentes raisons pour ne pas attendre le choc des troupes russes.

Chaque cavalier kliivien est tenu de se munir de vivres pour tout le temps que dure uue expédition. Ceux qui en ont le moyen conduisent à leur suite un chameau chargé de subsistances. Les plus pauvres se réunissent deux pour un chameau. Il résulte de ce système qu’une partie de l’année a des vivres en abondance, tandisque l’autre partie meurt de faim. Un second inconvénient non moins grave, c’est que le nombre des chameaux et des gens destinés à les conduire gêne la marche des troupes. Aussi M. Mouraviev remarque-t-il que l’armée kliivienne, quoique exclusivement composée de cavalerie, nepeut jamais parcourir, dans ses plus grandes marches, plus de huit lieues par jour et quatre h repoque des grandes chaleurs : ce fait pourrait être exact, même indépendamment de la cause que lui assigne M. Mouraviev;

(I) Voyojt Ablwtt, Narrative o/ a jonraey front Héraut to KHiva , tume I, pag. M rt 97.

car M. Abbott remarque qu'un nombre très-considérable de chevaux de la cavalerie kliivienne laissent infiniment à désirer.

lyOrsque l’armée est en marche, les cliameaux sont au centre. Le khan se placeà la tête de ses troupes. On porte derrière lui une tente légère; lorsqu’il veut s'arrêter dans un endroit, il donne ordre qu'on la dresse, et aussitôt toute rarmée fait halte. Il se place d'abord dans cette tente, puis il se retire dans une autre plus grande , et abandonne celle-ci à ses officiers. Les Khiviens regardent comme inutile de placer des gardes et des vedettes autour de leur campement. Les chevaux sont attaches ; les chameaux errent librement tant que dure le jour, et cherchent leur nourriture comme ils peuvent. Les canons sont rangésautourdela tentedu prince. Dans les moments de danger , les postes les plus périlleux sont réservés aux Turcomans.

Malgré ce que nous avons dit de la mauvaise organisation de l’annce khivienne et du peu de courage des hommes qui la composent , nous devons convenir qu'elle est très-capable de tenir tête aux troupes des nations asiatiques qui environnent la Khivie, et notamment à celles de la Boukharieetde la Perse.

Les Khiviens ont entouré de murailles leurs villes les plus importantes. Ces murailles, composées d’un mélange d’argile et de terre , ont une épaisseur d’environ vingt pieds à la base sur autant de hauteur. Elles sont quelquefois flanquées de tours et soutenues par des contre-forts; on n’y place jamais d'artillerie.

Les divisions intestines, si communes en Khivie , ainsi que les déprédations des Turcoinans et de quelques autres tribus nomades, ont oblige les chefs usbecks et même les simples particuliers à transformer leurs maisons de campagne en petits forts , pour les mettre à l'abri d’un coup de main. On trouve dans ces chôteaux des granges, un réservoir, des moulins à bras, des pressoirs a huile, des etables, des écuries , des magasins , en un mut tous les logements nÆessaires pour cent à cent cinquante hommes, du bétail et des vivres. Ces maisons sont de forme carrée.

6" Livrimon. (Tabtabik.)

Les murs ont à leur base environ huit pieds d’épaisseur et sont hauts de dixhuit. Ils sont soutenus à l’extérieur par de solides contre-forts de terre. Au haut des murs on a pratiqué des espèces de créneaux peu utiles ; car ils n'ont pas de plate-forme, et l'on ne pourrait s'en servir qu’au moyen d'échelles appliquées intérieurement contre le mur. La longueur du carré varie de vingt-cinq à quarante toises sur chaque face. Les coins sont flanqués de tours qui ne dépassent guère la hauteur des murs et sc terminenteu forme de coupoles. Ces châteaux n'ont qu’une .seule porte d’entrée lie l'on ferme tous les soirs au moyen 'un gros cadenas. Au-dessus de’ la porte se trouve une espèce de petite galerie ou de terrassesur laquelle on monte pour découvrir ce qui se passe dans la campagne. Malgré des défauts que des ingénieurscuropéens pourraient signaler dans la construction de ces fortins , ce sont des places imprenables pour des cavaliers turcomans et kirguizes, qui n'osent Jamais s'aventurer à en escalader les murs, dans la crainte d’être reçus à coups de fusil par les habitants.

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