ADMINISTRATION ET FONCTIONNAI- RES PUBLICS
Le khan, souverain delà Khivie, est maître absolu de la vie et des biens de ses sujets. II se réserve la connaissance et la décision de toutes les affaires importantes civiles ou criminelles.
Le mthter ( t ), ou premier ministre, n’a d'autres fonctions que de s’occuper des petits détails qui, dans les gouvernements européens, appartiennent aux sous-secrétaires d’Etat.
I.e kouseh-bëgui , ou grand fauconnier, est dans la Khivie le .second officier de l’Etat, et commande l'armée lors-
?[u'elle est en campagne. Il a aussi des onctions civiles ; mais celles-ci sont beaucoup moins élevées que ses fonctions militaires. Ces deux dignitaires n'ont que peu d'influence dans le gouvernement. Il en est de même du clergé, traité avec un tr^-graiid respect appa-
(I) Ce mol signilie littéralement en langue persane plus grand (nuijur).
L’UNIVERS
rent, mais privé de pouvoir réel. Les souverains de la Kbi vie se réservent toute l’autorité.
SDSTICK.
Il existe en Kbivie un tribunal ou conseil suj^rieurquijugeen dernier ressort les causes civiles et criminelles. Cette institution pourrait être utile et offrir quelques garanties aux Khiviens, si le choix des membres qui le composent n'etait pas entièrement dévolu au khan , et si ces membres avaient le droit d'exprimer une opinion contraire à celle du maître. Mais il n’en est rien. Le khan préside cette assemblée, augmente ou diminue à volonté le nombre des membres, et désigne pour en faire partie ceux de ses favoris dans lesquels il a le plus de confiance.
Le khan Mohammcd-Rahini, qui était d’un caractère extrêmcmeut violent, ne souffrait pas que les membres du conseil lui fissent la moindre repré.sentation; et plus d’une fois il arriva que pour avoir osé émettre une opinion un peu différente de la sienne, les conseillers furent accablés d’injures et jetes à la
porte par ce prince.
Le conseil se réunit tous les vendredis dans une salle dépendante du palais. Les murs en sont de terre ; on n’y voit ni plancher ni fenêtres; la couverture est faite avec des roseaux. Au milieu de cette espèce de toit, on a laissé une ouverture circulaire par laquelle le jour entre, et qui, en hiver, donne passage à la vapeur qui se dégage des charbons allumés autour desquels se rangent les membres du conseil.
Le khan , comme nous venons ne le dire, préside ordinairement le conseï .
Avant l’ouverture de la séance, quelques domestiques apportent un grand platde pilau, et lorsque les assistant sont rassasié , on s’occupe d atlaires.
membres du conseil, comme tous les autri* fonctionnaires du paysde Rhiva, ne reçoivent pas d ap|)oinli ments fixes, mais le khan leur accorde des gratificatioas et de.s privilèges qui (leuvent en tenir lieu. Souvent il leur concède le droit de mettre en culture des terrains qui sont encore en friche, ou de creuser un nouveau canal.
Ce conseil est le seul tribunal civil et criminel qui existe dans la Khiyie. Toutes les affaires s’y décident d’après la volonté et suivant les intérêts du khan. Aussi les Khiviens n’y ont-ils guère recours qu’autant que le souverain a un intérêt quelconque à faire droit à leurs réclamations.
Il y a, en outre, dans chaque ville du khanat, un cadi qui prévient le khan de toutes les infrai tioiis aux lois, lorsqu’elles parviennent à sa connaissance.
Ces magistrats se font des revenus considérables.
Les favoris du khan sont les exécuteurs des sentenees qu'il a rendues. Le bourreau en chef est un des officiers les plus considérables de la cour de Rhiva.