‹ Tartarie, Beloutchistan, Boutan et NepalChapitre 20 sur 53 · I.orsqiie le crime n’eotratne pis la · texte numérisé non relu

I.orsqiie le crime n’eotratne pis la

fieiiie de mort, on déshabille le coiipaile jusqu'à la ceinture, on lui barbouille le visage avec de la suie, ou lui place' sur Iccouuii inoreeau de feutre noir, on lui met dans la bouche une corde attachée à

L’UNIVERS

la queue d'un cheval. I.e condamné doit tenir la corde avec les dents. Deux hommes à cheval frappent â coups de fouet le cheval qui traîne ce malheureux, tandis que deux autres cavaliers le frappent lui-méme.

ANIHÀUX DOMESTIQUES.

Les Kirguizes élèvent des moutons, des chèvres , des bêtes à cornes, des chevaux et des chameaux. Malgré la stérilité naturelle du sol, le bétail se multiplie extraordinairementdans les steppes.

Ce fait tient aux soins constants qu'ont les Kirguizes de choisir, pour y planter leurs tentes, des endroits où ils trouvent de l'herbe pour leurs troupeaux , et de lever le camp dès qu'ils ont absorbé les ressources que présente un canton. On prétend aussi que la nature saline des nerbes du pays est très-favorable pour le bétail. On voit dans la steppe d'énormes troupeaux de moutons, et il y a de riches Kirguizes qui en possèdent jusqu'à 20,000.

Le mouton kirguize a le muflle recourbé, la lèvre inférieure plus longue que la supérieure, et les oreilles longues et pendantes. Leur énorme queue, presque uniquement formée de graisse , pèse jusqu’à vingt et trente livres. Le mouton entier atteint quelquefois ISO livres, dont 75 de suif. Os moutons sont si grands et si forts, que des enfants do dix à douze ans s’amusent à les monter.

Leur laine, longue et en flocons, est d’un roux foncé. Laqualilé en estsi grossière, qu’on ne peut même pas l'employer à la fabrication des draps les plus communs.

La tonte a lieu en automne. Les brebis portent assez ordinairement deux petits.

Aussi la multiplication de la race est-elle très-rapide. Les moutons kirguizes supportent avec facilité la rigueur du climat, ainsi que la faim et la soif. Ils maigrissent en hiver par le manque de nourriture; mais ils sc rétablissent bientôt au printemps. Le mouton est un des animaux les plus utiles aux Kirguizes. Ils font des pelisses avec sa peau. l.a laine est employée à la fabrication des feutres. Ils se nourrissent du lait de la brebis, et en font le krouf, leur mets favori. Enfin le principal objet d'échange du Kirguize avec les peuples voi-

sins est le mouton , sans lequel il ne pourrait se procurer aucun des objets qui manquent dans la steppe.

Après le mouton, l'animal le plus utile au Kirguize est le chameau, dont le poil est employé à faire différentes étolTes.

I.a chair de cet animal et le lait de la femelle constituent une partie de la nourriture. l.es peaux des jeunes chameaux servent à faire des pelisses. On ne trouve dans les steppes que la race à deux bosses, qui, à ce que prétendent les Kirguiz"s, supporte mieux le froid; et encore pour le.s conserver sont-ils obligés de les couvrir de grandes pièces de feutre. Quand les jeunes chameaux ont atteint un an , ou leur perce le cartilage du nez , et l'on y passe un morceau deliois ou Un os, auquel s’attache par les bouts une corde qui sert à guider l’animal.

Les chevaux kirguizes sont remarquables par leur force, leur légèreté et leur vitesse. Ils supportent aisément les plus grandes privations pendant des jours entiers, et cela en parcourant des distances énormes de 20 à 25 lieues de poste sans s'arrêter. En hiver, ils savent trouver de (pioi se nourrir, lorsque les chevaux d'Europe mourraient de faim et de froid. Us supportent aisément une course forcée de fiix à douze lieues. Ces chevaux manquent cependant de taille, et n’ont pas une belle encolure. On en trouve de différents poils; mais les couleurs claires sout les plus communes : on en voit rarement de noirs.

M. Levehine attribue W'tte particularité au soleil brillant de l’été , contre lequel ils n'ont aucun abri. Les chevaux du nord des steppes sont be.vucoup plus forts que les autres. On trouve dans la partie septentrionale des prairies qui abondent en une espèce d’herlie appelée kovyl , et qui est une nourriture excellente pour ces animaux. Dans le midi de la steppe il y a peu d'herbages, et l’excès de la chaleur rend très-souvent les juments stériles. Ou a vu des Kirguizes qui po.ssèdent jusqu'à dix mille chevaux. On partage ces animaux en trois divisions : il y a des troupeaux de poulains, des troupeaux de hongres, et des troupeaux de juments Les chevaux entiers suffisent à défendre ces derniers contre les attaques des bêtas féroces.

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Les Kireaizes n 'élèvent «)u’un petit nombre de Mtes à cornes : ce bétail, difficile à soigner en hiver, est d’ailleurs exposé à dés épizooties qui le détruisent. Les vaches kirguizes, quoique mal conformées, sont fortes et donnent beaucoup de lait. Les taureaux se distinguent par un large poitrail.

I.es Kirguizes n’élèvent des chèvres que pour servir de guides aux troupeaux de moutons ; soit habitude, soit par l'effet d’une disposition naturelle , les moutons kirguizes ne se décident à changer de place que lorsque les chèvres marchent à leur tète. Quand celles-ci partent , rien ne peut retenir les moutons. M. de Levchine vit périr dans l’Oural des centaines de brebis qui s’etaient jetées sur les traces de quelques chèvres. La glace, n’étant pas assez forte , s’était brisée sousienombreconsidérabled'animaux nui la chargeaient.

La clavelée de Sibérie est la maladie la plus funeste pour les troupeaux kirguizes. Elle n'attaque guère que les chevaux et les bétes à cornes, et épargne les moutons. Pallas pense que cette exception tient à l’épaisseur de la laine.

Les chameaux meurent quelquefois pour avoir mangé des herbes vénéneuses , et ils sont sujets à une espèce de maladie qui leur est particulière, et que l’on appelle sarp. Leurs jambes enflent , la peau se gerce et se crevasse , et il en sort du pus. On coupe la partie malade et l’on enveloppe le pied et la jambe du chameau dans du cuir cru.

Ces quadrupèdes sont encore sujets à la gale. Les Kirguizes traitent cette affection par l'herbe appelée pecia-motscha {polygonum friuèscens). Ils administrent la même décoction aux bestiaux comme purgatif. Ces nomades observent avec beaucoup d’attention le traitement des maladies des animaux, et ils ont fait d’importantes découvertes dans cette partie de l'art. Les habitants des frontières russes accordent la plus grande confiance aux vétérinaires de cette nation; mais la cause de mortalité la plus grande , c’est le froid excessif des steppes. Il serait impossible de songer à abriter les immenses troupeaux de brebis et de chevaux des Kirguizes, et le bétail meurt tout aussi souvent par la rigueur du climat que faute

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d'herbe. Les Kirguizes cependant emploient différents moyens pour garantir un peu leurs troupeaux du froid et surtout du vent. Ils creusent de grands fossés, et rejettent sur les bords la terre qu’ils enlèvent. Puis ils plantent de distance en distance des pieux, sur iesqi^ls ils placent des fagots ou des claies imnces, et les recouvrent de roseaux. C’est là qu’ils abritent leur bétail. Dans quelques endroits où ils peuvent se procurer du bois , ils construisent de.s étables de clayonnage. Mais, outre qu’il serait impossible de trouver partout, dans la steppe, des matériaux nécessaires pour ces constructions , comment élever des hangars assez grands pour contenir 13 à 15,000 brebis et 5 à 6,000 chevaux.’ Dans l’impossibilité d’y réussir, les Kirguizes riches qui possèdent beaucoup de bétail s’établissent dans des endroits boisés, dans des vallons étroits, ou bien encore au milieu d’une ro.seliere. Là, s’ils ne sont point à l’abri du froid exces.sif, ils ont moins à souffrir des vents appelés chasse-neige. I.es Kirguizes transportent avec eux des pieux et des feutres. Lorsqu’un vent violent commence à souffler, ils enfoncent les pieux en terre , ayant soin de les disposer en ligne droite, puis ils étendent les feutres dans les intervalles d’un pieu à l’autre. Le bétail établi derrière ce rideau n’a pas tant à souffrir du vent.

Les pâtres qui gardent les troupeaux pendant l’hiver et les conduisent dans des endroits éloignés de leurs propres campements ont soin de prendre, outre les pieux et les feutres dont nous parlons, de petites tentes d’uiieconstruction particulière qu’ils appellent Aoscàe, et sous lesquelles ils s’abritent.

Les Kirguizes n’ont ni foin, ni paille, ni grain pour nourrir leurs bestiaux pendant l’niver. Voici comment ils suppléent à l’absence de fourrage. Ils ont soin en automne, lorsqu'ils choisissent leurs campements d'hiver, de remarquer les endroits où l’herbe est plus belle, et s'y établissent. Quand la terre est couverte de neige, ils lâchent dans le pâturage les chevaux , qui creusent la terre avec leurs sabots et mangent les sommités des herbes; ensuite ils y envoient le gros bétail et les chamêaux, qui broutent l’herbe déjà entamée par

LTJNIVRRS.

les chevnux. M.iis comme, par la conformation (le leur michoire, ees animaux ne peuvent pas saisir la partie infi-rieure près des racines, les brebis, (jiip l’on mène paître les dernières, trouvent encore apres eux une nourriture siiflisante. Dans les endroits où il y a des soudes, les ebameaux et les brebis inangent les pointes ou épines tendres de la [ilante. Le bétail ne peut pas engraisser avec une si chétive nourriture ; mais il ne meurt pas, et c’est tout ce ()ue detnandent les Kirguizes, qui s'eu remettent à l’herbe du printemps pour rendre la vigueur et la force à leurs troupeaux. Quelques-uns de ces nomades font exception à la réglé générale, et conservent des amas de foin pour l’iiiver.

On a remarqué que le bétail est plus gros dans la Grande-Horde que dans les deux autres, différence qui tient au climat moins rigoureux des contrées dans lesquelles cette borde établit ses campements.

AOBICULTHBE.

Les Kirgiiizes qui se livrent à l’agriculture sont en fort petit nombre. Les (larties cultivées de la steppe se trouvent sur les bords des fleuves, des lacs et des rivières. M. I,evchine nous apprend toutefois qu’il y a dans les parties méridionales du pays de la Grande Horde un assez grand nombre de Kirguizes agriculteurs qui ne ce.ssent pas pour cela de mener une vie errante. Ils voyagent aux environs des terres qu’ils ont labourées, jusqu'à ce que le grain soit mûr; puis quand ils l’ont coupé et battu , ils en prennent la quantité dont ils croient avoir besoin pour leur consommation , et enfouissent le reste jusqu’à l’époque des semailles. Ils vont ensuite camper ailleurs, afin de ne pas rester toujours dans les mêmes lieux. Les grains qu’ils sèment sont le seigle, le froment, l’orge, et surtout le millet. Cette graminee leur donne, dans les bonnes années, de cinquante à soixante pour un ; le froment et I orge, de dix à quinze. Quelques-uns d’entre eux cultivent aussi des melons et des melons d’eau.

Ces Kirguizes agriculteurs entendent parfaitement l’art des irrigations. Les

canaux crensés sur les bords du Jaxirtès pour arroser les champs voisins sont ' remarquables par leur étendue et leur profondeur. On prétend toutefois que la construction en est antérieure à l’époque où les K i nuises se sont établis dans cette contrée.

Ils labourent au moyen d’une fourche de bois terminée par un contre de fer. Une longue perche ajustée à la partie supérieure de la charrue sert de timon. On V attache le Joug , auquel sont attelés deux chameaux , deux bœufs ou deux chevaux. Ils labourent quelquefois à la bêche les champs de peu d’étendue.

Au lieu de herse, ils se servent de fagots qu’ils attachent à la queue de leurs chevaux. Pour moissonner ils emploient de petites faucilles, et à di-faut de ^ instruments, qu’ils ne peuvent pas toujours se procurer, ils arrachent les épis a la main , et font courir dessus des cnevaux et des bœufs pour séparer le grain de la balle. Ils ensemencent leurs champs avant de les labourer. Ils commencent par étendre le grain sur la terre , puis ils ouvrent les sillons.

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