SIS
l'im Mit iiD g>i^on et l'iulre une fille. Le rentrai et les autres cérémonies doivent avoir lieu comme dans les cas ordinaires, et les deire familles se trouvent unies.
XX. Défense de se baigner, de faire des ablutions ou même de laver ses vêtements dans une eau courante (i).
XXI. Les espions, les faux témoins, les gens qui se livrent k des vices infâmes et les sorciers sont roudamnès i mort.
XXII. Ce titre contient des dispositions très rigoureiiss» contre les chefs et les commandants qui manquent i leur devoir, surtout dans les provinces éloignées ;on doit les mettre à mort s'ils sont ronpables d’un grand crime, et si leur lauie est légère , ils sont tenus de se présenter en personne devant l’empereur |iour se justifier.
Ces lots furent rédigées en mogol et érritps en canctères ouigniirs que Gengishan avait fait apprendre à quelquesuns de ses stijets. Des copies de ce recueil de lois, tiititulé Otihiig-Yassa ou Orandex ordonnances, furent conservées dans les archives des princes sesdescendatits. l.orsnirilseprésenlaitqtielqttes circonstances difficiles, on apportait ce rode, Pt on le consultait avec respect. Geniïiskan avait chargé d'une manière spéciale son fils Djagataï, qu’il connaissait d’tin caractère grave et austère, de veiller à l’exécution du Tassa. Il disait que. si ses stieeessetirs ne siiiv.iient pas les règles de conduite qtti l’avaieiit élevé aii-desstis des autres hommes et avaient affermi sa puissance, leur empire serait bientôt renver.'é. Alors ils demanderont Gengiskan! « Mes descendants , disait-il encore, se véltront d'etoffes brodées d'or, se nourriront de mets fxqiii.s, monteront de superbes chevaux, presseront dans leurs (tras de jeunes et belles femmes, et ils ne songeront pas à Celui h qui ils devront toutes res jouissances. •
Gengiskan av.alt près de cinq cents épouses et concubines. Ces dernières ét.aient des captrves enlevées dans tous les P ivs qu'il avait soumis A sa puissance, ou même des filles inogoles; car, en vertu d'un usage qui subsista encore
M) nengisknn promoign» cette loi moins ■eulélre par sU|>eriliUon que pour rmpi'clier NP .Xupuls (le se Jeter, lursi|u’lls «iilemiairut gronder le tonnerre, dans les l.ir-s et les rivières ou ils se novnient. I.’armér avait perdu de crtlè oiuiiere uu notobre eoosUièrsbl* (le bons soldats
après lui , on choiaiisait dans les tribus mogoles les plus belles filles, qui étaient destinées au souverain ou aux princea.
Chaque capitaine examinait celles qui appartenaient aux hommes de sa comagnie, et, après avoir choisi les plus elles, il les présentait au chef de mille qui choisissait à son tour parmi celles qui lui étaient présentées ; puis on faisait encore un nouveau triage, et les jeunes filles qui sortaient victorieuses de cette dernière épreuve étaieut présentées à l'empereur par le chef de dix mille hommes. Celles que le prince ne voulait pas garder étaient placées au service de ses leinmes ou données à ses parents.
Gengiskan avait cinq épouses d'un rang supérieur, et qui portaient le titre degrandes dames. La première de cellesci était Bourta; elle donna le jour è DjoiiUchi, à Djagataï, a Oktaî, a Touloui et à cinq filles. Les enfants de Bourta tenaient le premier rang parmi la postérité de leur père.
PABTAGE DES ÉTATS DE OBNGISKAH.
— BÉGE.NCB DE TOULOUI. — BLEC- TIO.N D'oETAI. — BBONB DE CB FBINCB. — SA MOBT.
Gengiskan avait partagé ses vastes États e.dre scs fils et ses parents. Djoutschi, fils aillé de ce souverain, avait reçu en partage les contrées au nord de ki mer d'Aral , bornées à l'occident par le pays des S.aca.vsines. Les États de Djagataî .s'étendaient depuis Cayalig et le pays des Ouigours jiiMpi'aux rives du Djihoun. Oktaî possédait les réginas arrosées par rimil, et Tniiloui gouvernait les pays situés entre les monts Caraconim et les sources de l'Onon.
Après avoir rendu les derniers devoirs A Gengiskan, les membres de la famille impériale, les chefs des tribus et de l’armée, retournèrent à leurs cainpeineiits. Dmix ans plus tard, au printemps de l'annce 122b, ils se réunirent pour nommer un chef suprême. Le lieu où se tint la dicte, ou kourlUal, était le grand ordou de Gengiskan, situé sur les bonis du Mieroiiloun Les membres de cette assemblée furent reçus par Touloui . qui avait éUi nommé régent iusqu’.à l’élection du nouvel empereur.
Fendant les trois premiers jours les
L3JN1VF.RS.
cliefs ne s’occupèrent nullement d’affaires; mais le temps fut employé en festins. Plusieurs membres de rassemblée désiraient placer sur le trône Touloui. Ce prince , voulant éviter tout sujet de division , fit lire l’ordre de Gengiskan qui désignait Oktaî pour son successeur, et il déclara qu’on devait se soumettre aux dernières volontés de l’empereur défunt. Oktaî ayant dit que ses frères et ses oncles étaient plus dignes que lui du rang suprême, les différents membres dii kouriltai s’écrièrent : « Cest Gengiskan qui t’a désigné lui-méme pour être son successeur; comment pourrions-nous agir contre m volonté! • Pendant quarante jours Oktaî, arrêté peut-être par les prédictions des astrologues et des devins , refusa encore d’accepter; mais le quarante et unième ayant été annoncé comme un jour heureux , le nouvel empereur fut conduit au trône par un de ses oncles et par son frère Djagataï. Toutes les personnes qui se trouvaient dans la lente se prosternèrent jusqu’à neuf fois devant Oktaî , firent des v«ux pour sa prospérité, le saluèrent du litre de raan(l), et jurèrent de lui rester fidèles. Voici la formule du serment : < Nous jurons que tant u’il restera de ta postérité un morceau e chair qui jeté dans un pâturage empêcherait le breuf d’en manger l’herbe, et qui jeté dans de la graisse empêcherait les chiens de la saisir, nous ne placerons jamais sur le trône des princes d’une autre branche que la tienne. »
Oktaî, suivi de tous les membres de la diète, sortit de sa tente pour adorer le soleil par trois génufiexions. Le peuple qui se trouvait réuni dans le même lieu se prosterna également trois fois. Leschefs mogols rentrèrent ensuite dans le pavillon impérial pour prendre part à un grand festin. Les princes étaient assis à la droite du trône , les princesses à la gauche. De jeunes esclaves des deux sexes servaient les convives.
Oktaî se fit ensuite apporter les tré- ^1. -
(I) Ce mot, oomine nous l’apprend U. le baron C d'Ohaion, rat une contraction de khacan, litre qui depuis Oktaî tervlt a désigner le prince suzerain des différentes branche^ de la fainllle de Gengiskan. Les grands vassaux ne prenaient que le litre de Aaan .
sors que Gengiskan avait enlevés dans toutes les contrées de l’Asie, et les distribua aux chefs mogols et à leurs soldats. Il ordonna que , suivant la coutume nationale, des mets fussent offerts pendant trois jours aux mânes de son père. Puis il fit choisir, dans les familles les plus illustres et les plus puissantes, quarante jeunes filles d’une grande beauté. Elles furent vêtues de robes magnifiques, couvertes des bijoux les plus précieux, et, suivantrexpressiondeRascnideddin(l), on les envoya servir Gengiskan dans l'autre monde. Cet horrible massacre fut suivi du sacrifice de plusieurs beaux chevaux.
En montant sur le trône, Oktaî s’applioua à faire observer les lois de Gengisltan, et il accorda une amnistie en iaveurdes personnes qui depuis la mort de son père s’étaient rendues coupables de quelques délits. Le sage ministre Yéliuî-Tchoutsaï l’engagea à fixer par des règlements les privilèges, le rang elles prérogatives des princes et des chefs dans leurs rapports avec le suzerain et entre eux. On restreignit le pouvoir illimité et tyrannique des généraux mogols dans les provinces conquises. Ces chefs s’arrogeaient le droit de vie et de mort snr leurs administrés, et il suffisait de leur volonté pour envoyer au supplice une famille tout entière. Oktaî établit une sorte de procédure, à laquelle les chefs militaires furent tenus de se conformer, avant de procéder à une exécution. Ce princs détermina également la valeur et la nature des impositions. Les Chinois payaient en argent , en soie et en grains. Les Mogols donnaient une béte sur cent pour les chevaux , les bêtes à cornes et les moutons. Des dépôts de grains furent établis dans l’enipire pour l’usage des messagers du souverain.
Aussitôt après la nomination d’Oktai , les Mogols s’occupèrent de suivre les plans de conouéte de Gengiskan, et ils convinrent d'entreprendre imni^ diatement trois grandes expéditions militaires. Une armée de trente mille hommes devait être envoyée en Pe^ pour renverser le sultan Djelal-ouddin,
(I) Cité par M. d'Ohiton, Uitloirt des Mongols, il , pag. IS.