PROVINCE DE BALKH
La ville de Baikh , si fameuse dans l’Orient sous le nom de /tactra, ne conserve même plus Tombre du son ancicn-
ne splendeur. La population actuelle de cette capitale se compose principalement d’AtKans et d’Arabes dont le nombre n’excède pas en tout 2,000 âmes. Le chef de Koundouze a enlevé à la ville une partie de ses habitants , et la crainte qu'inspire ce souverain était telle, lorsque Burnes passa dans le pays , que plusieurs d’entre eux avaient abandonné la ville et s'étaient établis dans les villages des environs pour être mieux en mesure de se soustraire par la fuite aux avanies du tyran.
Les ruines de Baikh couvrent aujourd'hui un espace d'environ huit lieues et ne présentent aucune trace de constructions grandioses. Ce sont partout des briques séchées au soleil , et qui paraissent avoir appartenu à des mosquées et à des tombeaux entièrement détruits. Unepartie de la ville est entourer de murailles de terre. La citadelle n'a aucune importance et ne saurait résister à un coup de main.
Baikh est située dans une plaine à deux lieues et demie des montagnes. Le terrain qui l’environne présente un grand nombre d'inégalités que Burnes attribue aux ruines et aux décombres qui jonchent le sol. « Baikh , dit ce voyageur, de même que Babylone . est devenue une véritable mine de briques
Fiour le pays voisin. Ces briques ont une orme oulôngue et se rapprochent du carré. La plupart des anciens jardins sont maintenant abandonnés et remplis de mauvaises herbes. Les canaux sont hors d’état de servir. Mais, de toutes parts, s’élèvent des bouquets d’arbres. Les peuples des contrées environnantes ont un grand respect pour Baikh. Ils s’imainent que cette ville est un des points e la terre qui ont été peuplés les premiers, et que sa régénération sera un des signes de l’approche de la fin du monde. »
Les environs de Baikh produisent des fruits d’une saveur excellente et extrêmement sucrés. Lesabricots surtout y sont remarquables pour leur goût et leur grosseur, qui n’est guère moindre que celle d'une pomme ordinaire. Ces fruits avaient si peu de valeur lorsque M. Burnes traversa le pays , qu’on pouvait s’en procurer deux mille pour une somme d environ deux francs cinquante IJvraUon. (Tabtabie.)
centimes. On les mange eu buvant de l'eau à la glace. Il ne faut cependant pas faire anus de ces fruits , dont l’usage immodéré est dangereux.
La neige que l’on consomme à Baikh en été vient des montagnes situées à vingt lieues environ de la ville; on se la procure à fort bon compte.
Le climat de Baikh, quoique trèsmalsain, n’est pas désagréable. .Suivant Burnes, le thermomètre de Réaumur n’y dépasse guère au mois de juin 21 ou 22 degrés. En juillet, les chaleurs y sont plus fortes. L'insalubrité du pays est généralement attribuée à l’eau , tellement mêlée de terre et d'argile qu’arès les pluies elle ressemble à de la ourbe. Le terrain est grisâtre et trèsgras. Quand il est humecté, il devient extrêmement gluant. L’eau est distribuée dans la ville de Baikh par des canaux dérivésduBalkhnb.Onencomptait autrefois dix-huit. Aujourd'hui il y en a plusieurs qui sont entièrement détruits.
Ces canaux débordent fréquemment et forment des mares que les rayons du soleil ne tardent pas à dessécher ; car le terrain n’est pas naturellement marécageux , et s’abaisse en pente douce vers rOxus. Baikh se. trouve à dix-huit cents pieds au-dessus du niveau de la mer.
Les revenus du pays de Baikh n'excèdent pas 20,000 tillas ou 333,000 francs. Cette somme ne passe point à Boukhara ; mais elle reste dans la province et est remise au chef qui la gouverne pour servir à la défense du territoire.
ArtciKS KHANAT d’ankoï. Cette province est située au nord-ouest du pays de Baikh. La ville d’Ankoi, qui en est la capitale, n'offre aucun édiflee remarquable; elle contient, à ce que l’on suppose, près de 4,000 maisons.
ANCIE.N KHANAT de MRÏMAiNEU.
pays est situé au sud du khanat d’Ankoî. La capitale porte le nom de Meimaneh ou MeïmetCd; cette ville est beaucoup moins considérable qu'Ankoï.