DE L’ÉMIB NASR-OULLAH, KHAN
DE BODKHABA.
1* Nous terminerons ce que nous avons i dire du khanat de Boukhara par une no-
L’UNIVERS
Uce sur le prince qui eouverne cet Etat.
L’émir Nasr-Oullan-Bahadur-K.han- Melic-el-Moumeuin est le second fils de l'émir Scid , à la cour duquel il passa ses premières années. 11 fut ensuite nommé aouverneur de la ville et du district de Karschi. Comme suivant l'ordre de succession établi il ne pouvait avoir aucune prétention à la couronne, qui revenait de droit à son frère atné Uoséin, il se prépara de longue main à emporter par la force ce qu’il ne pouvait obtenir par des moyens légitimes et réguliers.
Il attira dans son parti , au moyen de grandes largesses, les commandants inilitaires de la province. Ceux-ci, forts de la protection du gouverneur, poussèrent l’audace et le mépris des lois jusqu’à s'emparer des biens de plusieurs riches propriétaires de la ville et du district de Karschi. Ces spoliations n’entralnèrent aucune conséquence fâcheuse pour les coupables. Non content de fermer les yeux sur la conduite des chefs militaires placés sous ses ordres, Nasr- Oiillah leur (lisait que les bienfaits dont il les avait comblés jusque-là n’étaient rien en comparaison de ce qu’il ferait pour eux s’il réussissait à monter sur le trône.
L'appui des commandants de la milice de son gouvernement , quoique indispensable à Nasr-Oullah, ne lui suffisait pas cependant pour arriver à ses fins. Il fallait encore qu'il se créât dans la capitale des partisans sur le dévouement et la puissance desquels il pût compter. Il jeta les yeux sur deux hommes qui , par leur habileté et la position qu'ils occupaient, lui semblèrent les plus propres à favoriser ses projets ambitieux -, le premier était le kousch-bégui, flakim-Beg, et le second le tonediihaschi , ou grand maître de l’artillerie, Ayaze. Le rusé Nasr-Oullah fit si bien par ses manœuvres et ses promesses u’il réussit à les mettre l’un et l’autre ans ses intMta.
Les choses en étaient là quand la mort surprit l’émir Séïd dans les premiers jours de 1826. Le kouseb-b^i informa aussitôt Nasr-Oullah de cet événement. Mais les partisans d’Hotéin- Khan, héritier légitime du trône, s’é- Uient.de leur côte, rendus maîtres de la citadelle de Boukhara ; et Nasr-Oullah ,
qui avait entrepris une expédition contre la capitale , se vit contraint d'y renoncer. Il battit en retraite , et envoya en même temps à l’émir Hosciu une députation chargée de lui offrir l'assurance de son dévouement et de sa soumission.
Tandis qu'il s’efforçait de donner ainsi à son frère une fausse sécurité, il employait tous les moyens imaginables
fiour réunir sous main d(!S forcés, avec e secours desquelles il pût s’emparer du pouvoir souverain à la première occasion favorable. Il s’attacha à faire embrasser sa cause à un personnage influent, Moumin-beg-Dodkhu,qui avait été nommé gouverneur de Khouzar par l'émir lloséin. Ayant réussi à le détaclicrdu parti de ce prince, il l'appela à Karschi ; et la il réunit un conseil, dans lequel on s’occupa des moyens de faire réussir la conspiration. Le grand maître de l'artillerie, qui prenait part à la délibération, dit que, comme preuve de son dévouement à la cause qu'il venait d'embrasser, Moumin beg devait procurer à Nasr-Oullah les sommes nécessaires pour recruter des troupes.
Moumin-Beg accéda à cette proposition ; et les conjurés s’o<»;upaient de lever une armée , lorsque Nasr-Oullah fut informé par le kousch-bégui qu lloséin avait cessé de vivre, et qu'Oniar-Khan, frère de ce prince, venait d’arriver à Boukhara et s’était emparé du pouvoir suprême. L’émir Hoséin n’avait régné que trois mob ; et l’on a pensé que le kousÀ-bégni avait hâté sa mort par le poison. Cette accusation paraît assez vraisemblable, cependant une seule chose demeure prouvée aujourd'hui , n’est que l’émir Hoséin fut empoisonné par l’ordre de Nasr-Oullah. Dès que celui-ci eut reçu la nouvelle de la mort de son frère, il invita le grand cadi de Karschi à écrire une lettre au clergé et aux autres habitants de Samarcande en les engageant à le reconnaître lui Nasr-Oullah comme Intime héritier du trône de Boukhara. Il envoya en même temps deux de ses prtisans,Mohammed-Alim- Beg et Rabiiii-Birdi-Mazem, à Sdiéli^ risebze pour établir des relations amicales avec le gouverneur de cette ville. Puis, avant réuni en toute bâte un petit corps de troupes , il se porta sur Samarcande à travers une contrée déserte