‹ Tartuffe; ou, L'imposteur; comédie en cinq actes. Ed. nouv. à l'usage des classesChapitre 22 sur 122 · Mettre un bon exeinple · texte numérisé non relu

Mettre un bon exeinple

Je leur meilais aux yeux comme, dans notre temps, Celte soif a gâté de fort honnêtes gens.

{Misant/*., I, II.)

3. Une princesse. Arniande Béjart, femme de îlolière depuis 1662, jouait lerôled'Elmire. Lors de la première représentation, Molière étant monté chez elle,, une demi-heure avant le lever du rideau, la trouva en riche parure. U s'efforça afc lui faire comprendre qu'un pareil costume ne pouvait convenir à une femme qui, dans la pièce, est wcùmmorfee, et obtint non sans peine qu'elle le quittât. Les reproches de Mudarae Pcrnelle sont donc tout généraux ; elle ne désigne pas la toilette que porte Elmire au moment où elle lui p.u-lc.

4. Seul&nent. Cf. 111» maxime du mariage, Ec. des femmes, III, n.

Et les soins de paraître belles Se prennent peu pour les époux.

5. Si fêtais de mon fils. Etre de... être que de: être à la place de.

Je ne soudnrais point, si j'étais que de vous,

Que jamais d'Henrielte il pût être l'époux.

(Fem. sav., IV, ii.) Génin explique ainsi cette locution : si essem quod de te (s. e. est). U ajoute ; Le que dans cette locution est nécessaire et ne peut en être supprimé que par ellipse. Cette explication ne peut s'admettre. — Diez rapproche de la locution être de, la tournure italienne molti fanno da ignoranti multi faciunt imperite) et l'expression française traiter quelqu'un de fourbe. Il remarque aussi qu'en provençal et en vieux français la particule que remplit parfois le même office que l'allemand als. « Tu feras que saige » (Cuarlbs d'Orléans). Ces rapprochements éclairent le sens et l'origine des tournures employées par Molièrî

Je VOUS parle un peu franc; mais c'est là mon humeur, Llje ne mâche point ce que j'ai sur le cœur.

DAMIS

Votre monsieur' Tartuffe est bien heureux sans doute...

MADAUK PERNELLE.

C'est un homme de bien, qu'il faut que l'on écoute; Et je ne puis souffrir, sans me mettre en courroux, De le voir querellé par un fou comme vous.

DAMIS

Quoi ! je souffiirai, moi, qu'un cagot^ de critique* Vienne usurper céans un pouvoir tyrannique? El que nous ne puissions à rien* nous divertir, Si ce beau monsieur-là n'y daigne consentir?

Sil le faut écouter, et croire à ses maximes.

On ne peut faire rien qu'on ne fasse des crimes ;

Car il contrôle tout, ce critique zélé.

MADAME PERNELLE

Et tout ce qu'il contrôle est fort bien contrôlé. C'est au chemin du ciel qu'il prétend vousconduire; Et mon fils à l'aimer vous devrait tous induire.

DAMIS

Non, voyez-vous, ma mère, il n'est pcre, ni rien. Qui me puisse obliger à lui vouloir du bien : Je triihirais mon cœur de parler d'autre sorte; Sur ses façons de faire à tous coups je m'emporte : J'en prévois une suite '% et qu'avec ce pied-plat ' Il faudra que j'en vienne à quelque grand éclat.

1. Votre monsieur. Votre employé avec une nuance de dédain. Maii au moios dites-moi, madame, par quel sort Voire Clitandre a l'heur .le v„.i« plaire si fort.

[Misanlh.)

i. Cagot. Des Golhs et des .\i';ibes s'étant, sous les derniers Mérovingiens,

réfugiés au pied des Pyrénées, reçurent des habitanls le nom iujurieux de cagots

[canes Gothi) (Littré). — Il faut distinj;uer le bigot, c'est-à-dire l'homme dont la

piété est étroite mais sincère, du cagot, dont la dévotion est affectée et provocante.

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