ACTE II, sœSE IV
Voire pore se moque ; et ce sont des chansons. Mais pour vous, il vaut mieux qu'à son extravagance D'un doux consentement vous prêtiez l'apparence. Afin qu'en cas d'alarme il vous soit plus aisé De tirer en longueur cet hymen proposé. En attrapant du temps, à tout on remédie. Tantôt vous payerez de quelque maladie, Qui viendra tout î). coup et voudra des délais ; Tantôt vous payerez * de présages mauvais ; Vous aurez fait d'un mort la rencontre fâcheuse, Cassé quelque miroir ou songé d'eau bourbeuse % Enfin le bon de tout, c'est qu'à d'autres qu'à lui On ne peut vous lier, que vous ne disiez : « Oui. » Mais pour mieux réussir, il est bon, cerne semble. Qu'on ne vous trouve ooint tous deux parlant ensemble.
(A Valére.) Sortez ; et, sans tarder, employez vos amis Pour vous faire tenir ce qu'on vous a promis.
(A Mariane.) Nous, allons réveiller les efforts de son frère. Et dans notre parti jeter la belle-mère. Adieu.
V A L È R E , à Marian»^-
Quelques efforts que nous préparions tous. Ma plus grande espérance, à vrai dire, est en vous ^
MARIANE, à Valère.
Je ne vous réponds pas des volontés d'un père; Mais je ne serai point à d'autre qu'à Valère.
VALÈRE
Que vous me comblez d'aise! Et quoi que puisse oser.
1. J'ayere:. Molière, en général, ue syncope pas ce mot. Fût-ce mon propre frère, il me le payerait.
[Etourdi, m, iT.)
4. Bourbeuse. M. Aimé Martin trouve que ces prétextes imaginés par Dorine s'accommodent fort bien avec la faiblesse d'esprit d'Orgon. Cela est vrai, mais nuus ne croyons point que Dorine s'avise de celte habileté. Comme les gens du commun, elle est superstitieuse, et elle (/ropose de prétexter des empêchements, qui, à ses propres yeux, auraient une valeur véritable. Cf. Dép. Am., Y, 7.
J'ai rëïé celte nuit de perles défilée»
Et d'œiifs cassés ; monsieur, un (el songe m'abut.
3. Est en vous. Clitandre dit de même à Henriette {Fem. Sav., dernière scène de l'acte lY) ;
yuel.|iie secours puissant qu'on piomelte à ma Qamme ; Mon plus solide espoir, c'est votre cœur, madame.
D 0 lU N F, .
Ah ! jamais les amants ne sont las de jaser. Sortez, vous dis-je.
VAL ÈRE, revenant sur ses pas.
Enfin...
Quel caquet est le vôtre!
Tirez ' de cette part; et vous, lirez de l'autre.
{Dorine Is pousse chacun pcw l'épaule.)
1. Tirez. Prendre son chemin. Miîtnpliore prise liu cheval qui tire à droite ou à gauche.
Nou> sommes découverts, tirons de ce côté.
{Eijwdi, m, 13.)
FIN DO on: U XI i: ME ACTE