APERÇU HISTORIQUE ET GEOGRAPHIQUE
Tan-kun^ fonda le royaume de Corée, qui plus
^ La Bibliothèque nationale , qui est très riche en livres chinois , possède un exemplaire de cette vaste collection (nouveau fonds chinois, n° 619 A). L’ouvrage sur la Corée est relié dans le troisième volume. •
^ ^ c’est-à-dire le «prince du Gattilier». Je trouve dans le Ko-ro-tzu-che ® , manuscrit japonais écrit en 1712, que
«Tan-Kun fonda le royaume de Tchao-sien antérieur ^ j^) dans l’année Ou-tchen du règne de l’empereur Yao de la dynastie
AOOT-SEPTEMBRE-ÔcTOBRE 1885.
tard fut donné à Ki-tze ^ : la capitale était alors Pingjang^. Sous la dynastie des Han^, la Corée fut divisée en quatre kun^, puis en deux préfectures.
Jusqu’alors cette contrée avait été partagée entre trois Etats appelés Han ^ : l’un, désigné sous le nom de Ma-han^y contenait cinquante- quatre principautés, les deux autres Etats appelés Tchen-hart'^ et
des Tang * . . . Sa capitale était Ping-jang ... Sa postérité régna pendant i,o48 ans. . . kiv. 4.
^ ^ . Lorsque Ou-ouang , fondateur de la dynastie des Tcheou ,
eut détronc Tcheou-ouang, il olTrit à Ki-tze, oncle de ce
dernier, le royaume de Corée. Ki-tze monta sur le trône la treizième année du règne de Ou-ouang, soit fan 1122 av. J.-C.
2 ^ en coréen Hpyeng-jang «... ville murée à 566 lis de la capitale; 36 cantons; capitale de la province de Hpyeng-an; lat. 38° 5o^ long. 12 3“ 20'». Voir le Dictionnaire coréen- français des missions étrangères; Yokohama, 1880.
^ liCs Han régnèrent en Chine de 206 av. J.-C. à 260 ap. J.-C.
* Comme division administrative, un Jmn correspond actuellement à un tcheou j'|*| chinois ou sous-préfecture.
® C’était les San-han ^ en coréen Sam-han.
® ^ «Le Ma-han était formé des provinces actuelles de Iloang-haé et de Tchong-tsing. . . ». Voir le manuscrit japonais Ko-ro-tzu-che , kiv. 4. Consulter la notice consacrée au Ma-han dans la traduction que le marquis d’Hervey de Saint-Denys a faite du Onen-hien-tong-hao de Ma-touan-lin , sous le titre de : Ethnographie des peuples étrangers à la Chine; Genève, 1876.
’ « Le Khing-chang.est la patrie des Chin-han. Tous les
habitants ont la tête carrée , les hommes et les femmes ressemblent
aux Japonais » San-kokf-tsou-ran-to-sets* traduit par J. Kla-
proth; Paris, 1882, p. g3. Voir dans l’intéressante traduction de Ma-touan-lin citée plus haut la notice sur les Chin-han, p. 33 et suiv.
* C’csl-à-tlirc l’an 2276 av. J.-C.
Pien-han ^ comprenaient chacun douze principautés^. Dans la suite, la Corée fut divisée en trois royaumes : le royaume de Sin-lo^, celui de Kao-kii-li^ et celui de Po-tsi^.
^ ^ « Le Thsiuan-lo est l’ancien pays des Pien-han qui ,
pour le langage, les mœurs et les habitudes, ressemblaient aux Chin-han. . . » Voir la traduction de Klaproth, p. g3. C’est aux Pien-han que Ma-touan-lin a consacré une notice sous le nom de Pien-tcjien. Voir la traduction du marquis d’Hervey de Saint-Denys, p. 36 et suiv.
^ oLes trois Han contenaient soixante-dix-huit principautés. . . » Voir le Sse-tche-tong-hien ^ ^ , kiv. 3g, p. i43 ; le texte
chinois porte le caractère ^ qni signifie «empire». Klaproth traduit ce caractère par le mot royaume; c’est plutôt une principauté dont il s’agit. L’expression « clan » , employée par quelques sinologues anglais, conviendrait également.
^ ^ • Sin-lo, royaume des barbares de l’Est, faisait au-
trefois partie de l’État de Tchen-han; il était situé au nord-est du royaume de Kao-li. Sa capitale était Lo-lang-kun . . . »
Voir le Sse-tche-tong-hien, kiv. 4o, p. 32 : Lo-lang-kun est l’ancien nom de Ping-jang. Consulter la notice de Ma-touan-lin dans la traduction citée plus haut, p. 2gS et suiv.
c’est-à-dire «élégance exquise». Ce nom fat changé au commencement du v® siècle de notre ère en celui de Kao-li ^ en coréen Ko-rye, d’où vient le nom donné à tout le pays que les Coréens appellent, eux , Tchao-sien ou plutôt Tyo-syen. Voir, dans la traduction de Ma-touan-lin , la notice consacrée au royaume de Kao-ku-li, p. i43 et suiv.
® ^ « • • • Le royaume de Po-tsi provient de celui de Ma-han.
Un des sujets du royaume de Fou-yu animé de senti-
ments d’humanité et de l’amour de la justice, fit de ce royaume le plus puissant de ceux de l’Est. Lorsqu’il monta sur le trône, il administrait cent familles Po-kya ^ ) ; de là vient le nom de son royaume. Sa capitale était Ku-pa-tcheng ( ^ ^ . appelée aussi
Le royaume de Sin-lo était borné au sud-est par la mer b à l’ouest par les montagnes Tche-y-chan‘-, au nord par le fleuve Han-kiang
Le royaume de Kao-ku-li était borné à l’est par la mer\ au sud par le Han-kiang, au nord-ouest par le fleuve Leao-bo''^.
Le royaume de Po-tsi était borné au sud-ouest par la mer®, à l’est par les montagnes Tcbe-y-cban , au nord par le Han-kiang.
Plus tard , le royaume de Sin-lo engloba les deux Fol. 1 v". royaumes de Kao-ku-li et de Po-tsi puis s’écroula a son tour. Le roi Kong-y’ installa sa capitale à Tiéyuen ® et son royaume fut désigné sous le nom de
Kou-ma-tcheng ( ^ ...» Voir le Sse-tche-tong-kien , kiv. 39,
f. i43. Consulter, dans la traduction de Ma-touan-lin , la notice consacrée au royaume de Po-tsi, p. 274 et suiv.
^ C’est-à-dire «par la mer Jaune».
= ^ Oj. en coréen Tek-sjou-san.
^ B en coréen Han-kang.
C’est-à-dire «par la mer du Japon».
® c’est le fleuve qui se jette dans la mer, non loin de Nioutchouang j£), au fond du golfe du Leao-tong ^)- ® C’est-à-dire « la mer Jaune ».
’ ^ ^ «... Les descendants de Ouen-ou-ouang régnèrent sur Sin-lo pendant vingt-cinq générations jusquà la reine Tchen-chengouang, qui se rendit célèbre par ses déportements et sa cruauté. Elle fut détrônée par ses ministres, Kong-y et Tchen-shuen, qui se partagèrent le pouvoir. Kong-y fonda le royaume de Kao-ku-li postérieur, mais il fut mis à mort par son sujet Ouang-kien qui, dans le règne Tcheng-ming des Liang postérieurs, fonda le royaume de Kao-li. . . » Voir le Ko-ro-tzu-che , kiv. 4-
® en coréen Hlyel-ouen «... ville à i8o lis de la capi-
MÉMOIRI-: SUR
A CÜRKE.
Heoii-Kao-ku-Ii \ Le roi Tchen-shuen^ fit de Tingchan '^ la capitale du royauuie de Heou-Po-tsi
Ces trois royaumes furent réunis en un seul par le fondateur de la dynastie coréenne^.
La Corée est bornée au nord-ouest par le fleuve Ya-lu-kiang®, au nord -est par la chaîne des montagnes Sien-tchoun-ling
Sous le règne de notre roi Kang-hien-ouang^, la capitale fut transfère à Llan-yang
taie; 9 cantons; lat, 38® 1 5', long. 1 24” 54^ »• Voir le Dictionnaire des missions étrangh'es.
^ ^ c’est-à-tlire «Kao-ku-li postérieur».
- R se souleva en même temps que Kong-y contre la
reine de Sin-lo. Voir la note 7 de la page précédente.
’ £ ili. en coréen Tyencj-san « . . .ville murée à 45 1 lis de la capitale; 6 cantons; lat. 36“ 2 4^ loi'g- 1 24” 43' ». Voir \e. Dictionnaire des missions étrangères.
4 ^ *0 c’est-à-dire « Po-tsi postérieur».
® «... Dans la vingt-cinijuième année du règne Hong-ou de l’empereur Tai-tsou“ de la dynastie des Ming, Li-tcben-kouei
sujet de Kao-li, s’empara de la couronne. Cinq ans plus tard , il changea le nom du royaume en celui de Tchao-sien ...» Voir le Ko-ro-tzu-che , kiv. 4-
® ^ c’est-à-dire «le fleuve aux eaux vertes comme les
plumes du canard»; en coréen Ap-nok-kang.
’ ^ ^ , c’est-à-dire «le col du printemps précoce».
^ JM. Wi Ui-tchen-kouei qui régna de 1392 à 1398 et
qui fonda la dynastie actuelle.
’ ^ en coréen Han-yang «... capitale de tout le royaume de Corée depuis 1892; ville murée sur le fleuve Han, divisée 'en cinq arrondissements ou quartiers; résidence de la cour et des six
* C’est-àdirc en de J.-C.
Le royaume est divisé en huit provinces :
Celle du centre est appelée King-ki-tao^, celle située au sud-ouest s'appelle Tchong-tsing-tao^. Ces deux provinces sont bornées à l’ouest par la mer ^ et formaient l’ancien Etat des Ma-han.
Les royaumes de Kao-ku-li et de Po-tsi ont fourni les provinces dont voici l’énumération :
Au sud-est la province de King-chang-tao bornée au sud-est par la mer et qui formait autrefois fEtat des Tchen-han.
Au sud , la province de Tsliuen-lo-tao bornée au sud par la mer. C'était autrefois l’Etat des Pien-han qui fut réuni au royaume de Po-tsi. A f ouest, la pro- A'ince de Houang-haé-tao^, bornée à l’ouest par la mer. Cette province, qui anciennement faisait partie du territoire de l’Etat des Ma-han , fut annexée au royaume de Kao-ku-li. L’Emperem' Kao-tsong de la dynastie des Tang* avait fait la conquête de l’Etat de Kao-ku-li. Mais il ne sut pas le défendre conti’e le roi de Sin-lo qui s’en empara; dans la suite le roi Kong-y reprit ce territoii’e , qui fit partie du royaume
ministères; iat. 3 7“ 82', long. ia4* 3o'’». Voir le Dictionnaire des missions élran^res.
* ^ ^ en coréen Kyen^-^em-to,
* ^ ^ «1 coréen Tchrong-tchyeng-to.
* C’^esl-à-cKre «par la mer Jaune*.
* coréen Kyeng-syang-to.
^ ^ ^ coréen Tjyen-îa-to.
* ^ ^ coréen Hoang-hai-to.
’ Cel einperear régna en Chine de 65o à 684-
^ LcsTang i^ostcrienrs r^nèrcnt en Chine de 6i8 à 907-
MÉMOIRE SUR LA CORÉE, de Kao-li, lorsque le fondateur de la dynastie coréenne eut réuni sous sa domination tout le territoire de la Corée.
A l’est est située la province de Kiang-yaen-tao bornée à l’est par la mer. Ce pays, habité primitivement par les Hoei mo avait été incorporé à l’Etat de Kao-ku-li.
Au nord-ouest se trouve la province de Pingngan-tao bornée à l’ouest par le fleuve Ya-lu-kiang et au nord par le pays des Mo-ho ^ ; c’est le berceau Fol du royaume de Tchao-sien; cette contrée fit partie
‘ coréen Kany-ouen-to.
2 «... Hoei-lio est le nom d’un royaume des barbares
de l’Orient; on les appelle aussi Hoei-mo dans le
Chouo-yn ^ ^ que ce royaume a contribué à former celui de Tchen-ban aussi bien que celui de Kao-11. . . » Voir le Sse-tche-tong- Vien, kiv. 8, f. 48.
3 ZjS ^ en coréen Hpjeng-an-lo.
* « ••• C’est un royaume du Septentrion. Au temps jadis,
Cheo-li-tchi-tchi-tchong-siang ( ^ "êl ^ ) passa le Leao-
ho et s’empara du pays avoisinant le royaume de Kao-li. Après sa mort, son fils Tso-yong (jjj^ en fit un royaume et fut institué roi de Pou-baé ( ^ ) par l’empereur Shuen-tsong “ de la dy-
nastie des Tang. A partir de cette époque, l’on remplaça le nom de Mo-ho par celui de Pou-haé-mo-ho. Il est écrit quelque part que les Mo-ho appartenaient au royaume de Sou-cheun-che '[la ) , éloigné de io,ooo lis de la capitale dans la direction de l’orient * **. . . » Voir le Sse-tche-tong-kien , kiv. 36, f. 71.
* L’empereur 'Shuen-tsong régna de 718 à 766.
La capitale dont il est ici question est la ville de Tchang-ngan ;§) » actuellement dans la province chinoise du Chen-si. Voir, dans Ma-touan-lin , la Notice sur le royaume de Pourhaé , p. 347 s”iv.
AOÙT-SEPTEMBRE-OCTOBRE 1885.
de i’Ktat de Kao-ku-li jusqu au moment oùOuen-ou- Ouang\ roi de Sin-lo, et Li-tshi^, général au service de la dynastie desTang, s’en emparèrent parla force des armes.
Au nord-est se trouve la province de Hien-kingtao bornée, h l’est par le fleuve Tou-man-kiang au nord, par le pays des Mo-ho; elle faisait primitivement partie de l’Etat de Rao-ku-li.
Parmi les huit provinces de la Corée, les trois provinces de Tchong-tsing-tao, de King-chang-tao et de Tshuen-lo-tao , sont remarquables par leur étendue et leur richesse. Elles nourrissent une grande population , leurs préfectures et sous-préfectures sont vastes et populeuses, elles sont fertiles et prospères au dernier point. On y a conservé la tradition des études littéraires; aussi fournissent-elles des hommes remarquables en plus grande proportion que les autres provinces.
Les habitants des deux provinces de Ping-ngantao et de Hien-king-tao , voisines du pays des Mo-ho, s’adonnent de préférence à féquitation^el à f exercice
Ce roi régnait vers 661.
nom de ce général était Li-che-tshi; il vivait sous le règne du second empereur de la dynastie des Tang. On peut lire sa biographie dans le Sse-tche-tonçj-kien , kiv. Ao, f. 37.
^ ^ en coréen Ham-kyen^-io .
^ -B. coréen Tou-man-kang «... Le Thou-men-kiang
fait la limite nord-ouest (lisez nord-est) du royaume. Ses sources sont au pied sud-est du Tchang-pë-chan. Il coule au sud-est et entre dans la mer. . . ». Voir Klaproth, p. 119.
® Le troisième kiven du Ko-ro-tzu-che conûeni neuf peintures qui
MÉMOIRE SUR LA CORÉE, de l’arc ; les soldats originaires de ces provinces fo»’'’ ment l’élite de l’armée.