‹ Tchao-sien-tche = Mémoire sur la CoréeChapitre 5 sur 18 · COUTUMES · texte numérisé non relu

COUTUMES

Les Coréens professent un culte profond pour la vertu, ils mettent en honneur les études littéraires pour lesquelles ils montrent du reste un vif penchant. Une aimable urbanité est commune parmi eux, et ils gardent les traditions d’une exquise politesse. A la mort d’un lettré, ou d’un fonctionnaire, ses parents se conforment aux rites de la famille de Tchououen-koung ^ dans l’accomplissement des funérailles du deuil et des sacrifices.

La plupart des Coréens, lors de la mort de leur père ou de leur mère, construisent sur leur tom-

‘ ^ célèbre personnage de l’histoire intellectuelle de

la Chine naquit en ii3o et mourut en 1200, sous la dynastie des Song du Sud. Il a expliqué et commenté les livres classiques et lïistoz'iques. Son œuvre principale est la réédition , considérablement augmentée, de l’histoire de Sse-ma-kouang, sous le titre de Tongkien-kang-mou. Voir la notice que F. Mayers lui a consacrée sous le nom de Tchon-hi, Ckinese reader s maniial, p. 26.

- Lire, dans l’ouvrage du rév. John Ross, Historj of Corea, dans le chapitre x : Corean Social ciistoms, les articles intitulés : Death, Mourning, Dying-dressing the body, The colTin, Coflîning proper. Complété mourning, OlFerings, Absent relations, Grave, Funeral, OlTerings, The first spirits oficring, second spirits offering, Third spirits offering, Food offering. Second Yii-ji, Third Yii-ji, Dsoo-koo or after mourning, Light mourning, Da-hien or great mourning, Dan-ji or sacrilice on Change of Clothing, Second funeral or Change of grave, Sorting the grave or Change of Swo-tsao, p. 817 à 353. Lire également dans V Histoire de iEglise de Corée, les pages cxxxvi et cxxxvii de l’introduction, qui renferment d’intéressants détails sur le deuil legal, tel qu'il est observé en Corée.

beau une maisonnette qu’ils habitent pendant trois ans. Ceux d’entre eux qui manquent aux devoirs de la pieté fdiale perdent toute considération aux yeux des lettrés, qui cessent de les regarder comme des leurs.

Pendant tout le temps de ce deuil , les uns ne se nourrissent que de riz cuit à l’eau et s’abstiennent totalement de sel et de mets apprêtés, les autres préparent de leurs propres mains leurs aliments et Fol. 9 les sacrifices offerts sur la tombe de leurs parents.

Les mariages^ se font par le moyen d’entremetteurs et par l’envoi de cadeaux; aucune alliance ne peut être contractée entre deux personnes portant le même nom de famille.

Les lettrés et les fonctionnaires ont tous chez eux un autel où ils offrent des sacrifices en l’honneur de leurs ancêtres aux quatre époques de l’année.

Les fils et petits-fils s’abstiennent d’aliments gras les jours anniversaires de la mort de leurs parents; ils offrent des sacrifices devant leurs tablettes placées au centre d’une espèce d’autel en forme de niche.

Les fonctionnaires au-dessus du sixième rang inclusivement sacrifient à leurs ancêtres jusqu’à la troisième génération.

Les fonctionnaires au-dessous du septième rang inclusivement sacrifient à leurs ancêtres jusqu’à la deuxième génération.

^ Voir, dans l’ouvrage de Ch. Dallet, l'intéressant chapitre intitulé : Condition des femmes, mariacfe [Histoire de l'Eglise de Corée, introduction, p. cxvi à cxxtx '.

lo/i AOllT-SEPTEMBRK-OCTORRE 1885.

Los gens du peuple ne sacrifient (pi’«^ leurs pèr<‘ et mère défunts.

8i le fils aîné de l’épouse principale n’a pas d’enfants males, cette dernière adopte un de ses autres fils; dans le cas où aucun de ceux-ci n’aurait de postérité mâle, elle adopte un des fils que son mari a eus de ses épouses secondaires pour en faire l’héritier du nom, au lieu et place du fds aîné.

Les Coréens offrent aussi des sacrifices en l’honneur de leurs parents, morts sans laisser de postérité.

Dans le cas où ni leur épouse principale ni leurs épouses secondaires ne leur auraient donné d’enfant mâle, ils font enregistrer l’acte d’adoption de l’un des fils cadets d’un membre de leur famille L

Dans les familles des lettrés, les femmes, à la mort de leur mari, se vouent «à un veuvage perpétuel.

Un lettré ou un fonctionnaire qui perd sa femme princifjale doit attendre trois ans avant de pouvoir se remarier, à moins qu’il n’ait dépassé l’âge de quarante ans sans avoir eu d’enfant mâle, ou bien qu’il n’en ait reçu l’ordre de ses parents; dans ces cas il lui est permis de convoler en secondes noces un an après la mort de sa première femme.

Le Roi offre chaque année un sacrifice en l’honneur de Sien-noug et procède en personne au la-

’ Voir, sur l’adoption et les liens de parenté, le passage intéressant de l’ouvrage de Ch. Dallet cité plus haut, introduction, p. cxx\ à cxxxii.

* Voir, dans le Chinese reader.s mamial, p. 187, la notice que Mayers a consacrée à ce personnage sous le nom de Chen-uoug.

MÉMOIRE SUR LA CORÉE, büurage d’un champ consacré , dont les produits sont destinés à servir d’ofï’randes lors des principaux sacrifices.

La Reine otfre aussi un sacrifice, en l’honneur de Sien-tsanh Elle élève des vers à soie dans les jardins situés au fond du Palais; elle préside aux travaux des femmes.

Tous les ans, à la fin de l’automne, le Roi convie les vieillards à un banquet et profite de cette occasion pour élever d’un degré le grade de chacun des fonctionnaires chargés d’en surveiller les apprêts.

Le Roi donne aussi un banquet, dont il fait personnellement les honneurs, aux fils et petits-fils qui se sont signalés par leur piété filiale.

La Heine offre de son côté un banquet, dans le Fol. palais intérieur, où sont conviées les veuves fidèles à la mémoire de leur époux; elle fait à cette occasion une distribution générale de présents.

Une fois par an, le Roi envoie du riz, comme cadeau, aux vieillards centenaires.

Tous les mois, il fait porter du vin et des mets de sa table aux grands dignitaires âgés de plus de soixante-dix ans, aux pères, mères et épouses de ceux de ses sujets qui se sont distingués par leurs services et aussi aux épouses des grands dignitaires.

^ C’est le nom sous lequel on honore en Chine Lei-lsou.(|[^ , épouse de l’empereur Houang-ti, de la dynastie des Yuen antérieurs (2697 <i*-C.). On attribue à cette impératrice la popularisation

des connaissances relatives à l’art de la sériciculture. Voir le Sae-lchetoncj-hien , kiv. 2, f. 19.

190 AOüT-SEPTEMBRE-OCTOBRE 1885.

Au printemps et à lautomne, le Roi donne un banquet aux fonctionnaires du premier rang qui, arrivés à un âge avancé, jouissent d’une réputation de vertu incontestée; Ce banquet est appelé le Banquet du mérite éprouvé par l’àge

A ceux de ses sujets qui se sont distingués par leur piété filiale, leur amour fraternel, leur fidélité à la mémoire d’un époux défunt ou par des actes de haute vertu, le Roi accorde, suivant les cas, une promotion ou des cadeaux, ou bien une tablette honorifique, ou encore une dispense de corvées.

Le Roi décerne, de leur vivant, des éloges publics aux fonctionnaires qui se sont fait remarquer par leur intégrité, et à leur mort il pourvoit d’emplois leurs fils et petits-fils.

Les fils et petits-fils des sujets morts sur le champ de bataille reçoivent aussi des secours et sont désignés pour entrer au service de l’Etat.

A la mort d’un haut dignitaire, parent du Roi, le deuil est général à la Cour et l’expédition des affaires est suspendue; le Roi désigne un maître des cérémonies^ pour porter ses condoléances, offrir des sacrifices et présider aux funérailles.

Le Roi envoie également un maître des cérémonies présider aux funérailles de ceux de ses sujets décédés loin de leur famille et dans l’accomplissement de leurs fonctions.

' En chinois Lao-ync/ hoei ^ En cliinois

Le Roi subvient aux frais des obsèques des membres dé la Famille royale d’un grade peu élevé, mais qui sont parents au moins au second degré.

Le Roi contribue aux frais des funérailles des membres de l’académie et des censeurs sans distinction de grade. Il en est de même à la mort soit du père , soit de la mère de l’un de ces fonctionnaires.

Le Roi a fait construire un magasin appelé Hoeiheou-chou qui contient des cercueils à l’usage des familles indigentes.

Les noms des individus perdus de réputation, de ceux qui possèdent des biens mal acquis, ainsi que les noms des veuves qui ont convolé à de secondes noces sont inscrits sur les registres de trois tribunaux. Les enfants et les petits-enfants dont les noms Fol. lov*. figurent sur ces registres sont exclus de la société des lettrés.

Lorsque , dans une famille , cinq enfants obtiennent des grades littéraires, le Roi fait distribuer chaque année du riz à leurs parents; à la mort de ces derniers, il envoie un fonctionnaire assistera leurs funérailles et il leur décerne un titre honorifique.

Le Roi convie à un banquet, appelé Ngenn-jongyen \ les gradés civils et militaires; il donne l’ordre aux autorités locales de donner des aubades aux parents de ces derniers et de leur porter du vin en son nom ; cette cérémonie s’appelle Jong-tsin-yen Le

'■ ^ ^ « banquet des sujets distingués par le souverain ».

^ ^ ^ ^ " banquet des pai’ents des sujets cjui sont distingués par le souverain ». . ^ •

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