PREFACE. IX
reconnaître chez les peuples slaves les titres qu'ils invoquent pour eux-mêmes, et, de la lutte contre l'ennemi commun va naître, va se préparer du moins dans les âmes d'élite la réconciliation qui semblait impossible.
Cette lutte des Hongrois contre l'ancienne politique de la maison de Habsbourg est le grand fait qui domine l'histoire de l'Autriche au dix-neuvième siècle ; j'en ai d'abord suivi la trace chez les poètes magyars, nos contemporains, surtout chez ce mâle et fier génie, Peloefi Sandor, puis je l'ai retrouvée tout entière dans la vie et la mort du comte Stéphan Széchenyi, L'histoire du comte Széchenyi est l'histoire même de la renaissance de la Hongrie, de ses labeurs pacifiques, de ses épreuves, de ses guerres, de sa chute, chute terrible, mais pleine de promesses, tant cette foi était invincible, tant cette mort était un gage de résurrection. Eh bien ! c'est le comte Széchenyi qui répétait à ses compatriotes : Gardez-vous de méconnaître le droit national des Slaves ! Puisque le grand Magyar a répudié cet héritage de haine, il est permis d'espérer que ses compatriotes feront honneur à sa parole. Ce noble génie était, pour ainsi dire, l'âme et la conscience de la patrie hongrois»4; venant d'une telle bouche, un conseil est une !<>i. Puissent donc s'éteindre à jamais entre la Bohême et la Hongrie les ressentiments du passé ! Puissent les haines de race