‹ Tchèques et MagyarsChapitre 6 sur 40 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

s'évanouir au sein de la liberté commune ! Puisse la libre fédération solidement établie sous la direction des Habsbourg arrêter la marche du panslavisme el déjouerl'ambition de la Russie I

lecteurs qui voudront bien B'intéresser à ces études) trouveronl autre chose encore que des renseignements politiques sur deux peuples appelés à un pôle « onsidérable dans la rénovation de l'Autriche, autre chose même que des faits nouveaux destinés peut-être à éclairer, à compléter l'histoire générale, el à étendre le cej cle des littératures comparées ; ils y trouveront, à propos du roi e de Podiebrad, des pages <|iii se rapportent

bon gré mal gré à la crise religieuse du dix-neuvii

le. J'avais beau m'en fermer dans mou sujet, comment échapper aux idéesqui aiguillonnaient mon esprit, voyais le dernier défenseur des hussites con-

dès le quinzième siècle un catholicisme supérieur au catholicisme ultramontain et naïvement, héroïquement, au milieu des plus terribles épreuves, conl'Eglise universelle du Dieu de l'Évan-

1 i.i fois philosophique h religieux, dans

un livn i ■'■ à des sujets tout différents, n'altérera

l'espi rc .m moins, l'unité d'intérêt que j'ai d'j mettre. Ce m' -nui pas seulement les Hongrois qui peuvent être un obstacle aux légitimes ambitions des

PREFACE. Xi

Tchèques de nos jours, ce sont surtout les Allemands de Vienne, les Allemands des États héréditaire? de la maison de Habsbourg, car l'orgueil germanique ne peut admettre que les Slaves de Bohème aient une culture propre, une vie originale et distincte. « Que seraient-ils donc sans nous? répètent à tout propos les publicistes viennois ; — sciences, arts, civilisation, ils nous doivent tout ce qu'ils possèdent aujourd'hui : c'est l'esprit allemand qui les a nourris, qui les a élevés ; sans l'esprit allemand ils végéteraient encore. » A ces clameurs injurieuses que tant de plumes répèlent et enveniment, il suffit d'opposer les tableaux de la culture bohème au moyen âge, l'éclat de l'université de Prague au quatorzième siècle, au commencement du quinzième la réforme de Jean Huss, dans la génération suivante l'incomparable épisode de George de Podiebrad. C'est à ce dernier tableau que je me suis attaché pour rappeler aux Allemands que des hommes de cette trempe sont vraiment une nation. Lorsque ces pages parurent il y a quelques années dans la Revue des Deux-Mondes, elles furent accueillies avec faveur non-seulement dans le monde slave, mais dans plus d'une partie de l'Allemagne. Si les adversaires autrichiens des Tchèques connaissaient mieux ces grandes scènes de l'histoire de Bohème, ils n'affectera ienl pas de mépriser le peuple qu'elles nous révèlent.

\,i PRÉFACE.

\iim. qu'il s'agisse de la Bohême ou de la Hongrie, ce livre défend de bonnes et justes causes; je puis l'offrir, ce me semble, aux âmes libérales comme aux esprits studieux, en demandanl pardon pour les fautes de l'auteur.

- juillet 1869.

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