‹ TchéquesChapitre 20 sur 61 · Ï>RAGUE ET LA REVOLUTION DE · texte numérisé non relu

Ï>RAGUE ET LA REVOLUTION DE

Tel était l'état d'esprit des Slaves de Boliéme, quand on apprit à Prague la Révolution de février. H semble que celte ville n'attendait qu'un signal pour éclater, se sentant peut-être trop faible pour mettre la première le feu aux poudres, mais assez forte pour devancer dans le mouvement insurrectionnel la capitale même de l'empire. Dès le 1 1 mars, sur un mot d'ordre venu du cercle national du Repeal, en dépit des censeurs autrichiens, une grande et tumultueuse assemblée de patriotes vota la signature d'une pétition au gouvernement de Vienne, demandant l'amélioration du sort des paysans, la réunion de la Moravie et de la Silésie à la Bohême, c'est-à-dire la reconstitution de l'ancien royaume de Bohême, dans une administration commune, et quelques modifications du régime militaire. Les autorités allemandes de Prague, ankylosées dans leur germanisme traditionnel, firent à ces demandes le plus mauvais accueil 11 n'en fallut pas davantage pour exciter dai.s la ville la plus vive agitation. La classe ouvrière, où grondait depuis quelques années déjà une sourde colère, par suite de l'apparition des machines, fut la première à s'ébranler. Des clubs nombreux et violents se formèrent de tous les côtés, et l'on y remua toutes les questions que la démagogie parisenne avait mise à l'ordre du jour. La lecture des manifestes de Paris échauffant les têtes, et la phraséologie démocratique trouva sa place à côté de discours ardents sur l'indépendance nationale. La bourgeoisie, cette classe de la société jour- à - tour si révolurionnaire et .nI tranquille, véritable amphibie de la politique, se précipita dans le mouvement avec frénésie. C'est elle qui, d'abord cria aux armes, beaucoup par patriotisme, un peu aussi par crainte du prolétariat, et s'enrôla dans une sorte de milice na-

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