‹ TchéquesChapitre 23 sur 61 · CUAP, VUI. PRAGUE ET LA REVOLUTION DE · texte numérisé non relu

CUAP, VUI. PRAGUE ET LA REVOLUTION DE

triotes (16 juin). — Le congrès fut dissous, la diète constiiuaote ajournée indéfiniment, et l'état de siège, proclamé partout, appesantit son joug de Ter sur les infortunés Bohèmes,

Cependant, en exécution des promesses faites à ses peuples révoltés, l'empereur avait ordonné les élections pour une diète générale de l'empire, et son ministre, M. de Pillersdorf, avait élabore un projet de constitution que cette diète devait examiner. Les Tchèques eurent beau se retrancher derrière la constitution spéciale (|u'ils avaient obtenue le 8 avril; il fallut par ordre élire des députés. Malheureusement pour eux les Tchèques obéirent, croyant attester par là de leur attachement à l'empire, et surtout dans l'espoir de transformer cet empire conformément à leurs vues. Dans une pensée assurément généreuse pour leurs frères slaves du midi, ils envoyèrent leurs députés au parlement de Vienne, sans s'apercevoir qu'en agissant ainsi, ils renonçaient virtuellement à leur constitution nationale du 8 avril. Mais l'égoisme politique n'est pas une des taches de l'histoire de la Bohême, et, dans tous les cas, ce n'est pas au moment où tous les peuples slaves réunis pour le congrès, se groupaient fraternellement autour de leur pays, que les Tchèques pouvaient abandonner la cause de leur race, qu'ils avaient été les premiers à mettre en question.

La dièie s'ouvrit solennellement à Vienne le 22 juillet, et le projet Pillersdorf immédiatement soumis à l'examen, fut rejeté. On nomma aussitôt un Comité chargé d'en élaborer un autre. Mais on perdit beaucoup de temps en discussions stériles, puis les troubles qui éclatèrent à Vienne aux excitations de la démagogie, forcèrent au mois de septembre, la diète à se déclarer en permanence. Une députation hongroise vient lui demander de ratifier les événements de Peslh ; car la Hongrie révoltée n'avaitpas ses représentants à Vienne; mais les Slaves, aigris par les difficultés qui s'opposaient chaque jour à la réalisation de leurs espérances , pleins de rancune d'ailleurs vis a vis de Madgyars, oppresseurs des Serbes, ayant encore à cœur les intrigues hongroises qui avaient contribué à faire échouer le congrès du 2 juin, refusèrent de recevoir la députation. C'était une faute, comme les Tchèques le virent plus tard. C'était la justification du système Melternich : Gouverner, sur la haine des nationalités, opposées les unes aux autres. A partir de ce moment, la diète de Vienne

était frappëe d'impuissance. Les événements ne le prouvèrent que trop.

Le 22 octobre, l'empereur, voulant soustraire la dièle aux influences révolulionnaires, la congédia de Vienne on la convo(|uant pour le mois suivant à Kromierziz, en Moravie. M. de IMIei-sdoif céda la place au comte de Schwarzemberg, un libéral de circonstance, assisté du comte de Sladion, ancien gouverneur de la Galicie. Mais à peine la chambre avait-elle repris ses travaux, qu'un événement inattendu vint changer la face des choses. Le 2 décembre, l'empereur Ferdinand abdi(iua en faveur de son neveu François-Joseph, soit (|u'il ne se sentit pas la force d'être constitutionnel jusqu'au bout, soit que, désireux de revenir sur ses pas, il ait éprouvé quehjue scrupule à manquer à ses promesses. La diète, suprise, ne put que ratifier l'abdication, et l'on attendit avec impatience la proclamaiion d'avènement du nouvel empereur. Elle fut des plus nettes; c'était un appel à toutes les nationalités de l'empire, les conjurant d'oublier leur individualité pour se laisser fondre dans un moule commun, qui serait l'état Autrichien. S'il est vrai que ce qui constitue l'homme d'Etat, c'est la connaissance des besoins et des aspirations de son tomps, il faut avouer que le jeune prince, en tant qu'il ambitionnât cette qualité, n'était encore qu'un pauvre écolier. En terminant, il demandait à l'assemblée de prendre le manifeste impérial pour base de ses travaux. C'était donc le système centralisateur que François-Joseph propo.>ail à des peuples, avec ce tempérament toutefois qu'il reposait sur une constitution librement votée et non sur l'absolutisme de son bon vouloir; mais à part cette différence déforme, qui emporte dans les faits une diflérence de moyens, le résultat est le môme; c'est le nivellement de toutes les races, de toutes les langues et de tous les droits, sous un sceptre commun. On pense comment fut accueillie cette politique. La diète se plaça immédiatement sur souterrain, celui du fédéralisme. La constitution proposée par Palacky, et qui, n'admettant que quatre ministères pour les intérêts généraux de l'empire (guerre, marine, finances, affaires étrangères,) laissait à chaque province une entière autonomie, fondée sur les droits historiques particuliers à chacune d'elle, était déjà presque aux trois ((uarts voiée, quand la querelle s'envenima entre Allemands et Slaves sur une question de drapeau. Les centralistes voulaient symboliser l'unité du nouvel empire dans un

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