‹ TchéquesChapitre 24 sur 61 · CHAP. MM. PHVGUE KT LA RÉVOLUTION DE · texte numérisé non relu

CHAP. MM. PHVGUE KT LA RÉVOLUTION DE

étendard qui unit aux couleurs de la maison d'Autriche celles des principales nationalités. Les fédéralistes s'y opposaient; mais derrière ces discussions, l'orage grondait sourdement : il éclata le 6 mars 1849. A l'insligalion du parti allemand, très -irrité contre les Slaves, et des centralistes, furieux de se voir en minorité dans la diète, l'empereur, encore empêtré dans les traditions héréditaires de sa famille, se souvint qu'il était souverain Allemand, et prince absolu. Il se tourna contre les Slaves en se servant des Hongrois, et lit son coup d'Etat. Sous le prétexte que l'assemblée, incomplète par suite de l'absence des Hongrois ne pouvait voler légalement une constitution applicable à tout l'empire, il annonça ([ue c'était lui, et non la diète, qui ferait la constitution. Les Tchèques protestèrent, et crurent pouvoir menacer. Ils prétendirent revenir à leur constitution du 8 avril ; mais, en fait et en droit, ils y avaient renoncé en siégeant dans la diète générale de l'empire. D'ailleurs, l'état de siège redoubla de rigueur en Bohème; les Italiens se firent inconsciemment les gendarmes de l'absolutisme impérial , et les Tchèques durent encore une fois courber la léte sous le joug qu'ils n'avaient pas su éviter. Par la constitution du 8 avril, ils étaient devenus libres, mais ils s'étaient laissés reprendre dans la souricière, et c'en était fait pour longtemps encore de leurs beaux projets d'indépendance.

La constitution de 18t9 n'était qu'une copie maladroite des constitutions étrangères : « C'était, comme l'a dit son auteur, le » comte de Sclnvarzemberg, un simple pastiche de la charte » belge et des statuts fondamentaux de Francfort. » D'ailleurs elle n'était qu'essentiellement provisoire dans la pensée de l'empereur et de ses conseillers. Dans la hâte fébrile, où l'on était d'en iiniravec l'agitation révolutionnaire, ce n'était qu'une base destinée à rétablir l'autorité du trône. Après avoir proclamé l'indivisibilité et l'indissolubilité de l'état Autrichien, la constitution promettait des représentations provinciales aux pays divers de la monarchie, mais créait, au centre un système représentatif unique, une législation et une administration uniformes. L'unification de l'empire, tel était le but qui ressortait évidemment de cette constitution, dont les concessions libérales n'étaient qu'un accessoire destiné à disparaître. Mais la pensée dominante, revêtant une autre forme, moins propre encore à la faire accepter des dif-

62 MOnAVlE ET BOHÈME.

f(Vcntes nalionaliU's, celle (le lal)solulisme, sera, pendant dix ans, l'unique moliile de la poiiti(|m' impriiale.

Armé de sa ('onstitulion unitaire, François-Joseph voiihil l'imposer à la Honj^rie , qui proclama sa déclK'ance. Mais les Madgyars furent écrasés, et le silence se fit dans tout l'empire. Après deux ans de pacilicaiion à outrance, pcnd;int lesquels toutes les réclamatfons furent accueillies avec le plus superhe dédain, l'empereur, jugeant ses peuples au point, adressa au prince de Schwarzemherg nue série d'ordres de cabinet destinés à ramener les choses dans leur ancien état. La voi.\ des Madgyars était étouffée dans le sang; celle des Slaves du midi, bafouée par la presse allemande. Vainement Palaçky, dans un éloquent mémoire ^'\ essaya-t-il de convaincre ses ennemis (|ue le salut de l'Empire était attaché au respect des droits nationaux. Ilien n'y fit; ce ([ue M. de Bach avait préparé depuis deux ans de centralisme constitutionnel renforcé, ce (jnc l'emperenr avait résolu, dut s'accomplir : La Constitution de I8i9 fut rapportée, et son retrait s'opéra sans protestation d'aucune part. Médiocrement libérale, elle était loin de satisfaire les Allemands constitutionnels; et, cou-me elle laissait la porte entre-baillée à la question des nationalités, la masse allemande n'était pas fâchée de voir ainsi couper court à cette grosse menace. Quant aux autres nationalités, l'Etat de siège répondit de leur approbation (31 décembre 1851.)

Depuis cette époque jusqu'à nos jours, l'Autriche connut quatre régimes de gouvernement :

1° De 1851 à 18G0, — le régime absolutiste et clérical avec

M. de Bach et l'archevêque de Vienne pour ministre et conseiller.

IP De 1860 à 1865, — un nouvel essai de centralisme constitutionnel, avec M. de Schmcrling, pour parrain.

lir De 1865 à 1866, — une tentative de fédéralisme, sous le

ministère Belcredi-Mensdorfl'.

(1) Lire ce mémoire dans la brochure intitulée : Idée de l'état Autrichien , par Palacky, Prague 1855.

IV« Enfin de 1866 à i874, — le Dualisme, el M. de Beust poaf

ncgoci.ueur.

Nous allons suivre les péripéties de la Bohême à travers ces différentes phases de l'étal Aulrichion.

Page 1