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CHAPITRE X

LES TCHEQUES ET LE CENTRALISME CONSTITUTIONNEL. MINISTKHE DE SCHMERLING DU 15 DÉCEMBRE 1860 AU 27 JUIN 1865.

Dès lors, la marche de rAutriche dans la voie libérale s'accusa avec plus de décision, quoiqne toujours av^c lenteur.

Le 5 janvier, avait été publiée une première ordonnance sur l'élection des membres des diètes provinciales : C'était un retour à la loi de 1849, et comme un symj)tôme de liberté. L'élection directe par les intéressés n'était pas accordée, mais au moins, sauf quelques restrictions, les électeurs municipaux étaient appelés à voter pour les assemblées provinciales, au lieu du système de représentation des villes par les conseils municipaux et des communes rurales par les bourgnemeslres. Enfin, le 26 février, parut la Constitution tant de fois promise, et que le dijdôme d'octobre avait seulement laissé entrevoir. Le conseil renforcé de l'empire était remplacé par un reiclisrath divisé en deux chambres, haute et basse. La première se composait de membres nommés à vie par l'empereur et des chefs des (grandes familles, à titre héréditaire. Les nominations furent publiées le 22 avril suivant, et la Bohême y fifjura par son historien national Palaçky, Cette fois au moins, les Tchèques n'étaient pas oubliés, comme dans la composition du conseil renforcé de l'empire, et c'était la plus vivante expression de leur nationalité qui était appelée à plaider leur cause dans les conseils du gouvernement. La seconde chambre se composait de 340 députés, élus par les diètes provinciales, et dont la mission était de s'occuper des intérêts communs à tout l'empire. Seulement, pour concilier la nouvelle constitution avec le diplôme d'octobre, qui vis-ù-visde la Hongrie

avait esquissé un semblant de dualisme, on dut stipuler que pour les objets législatifs communs à tous les royaumes et pays, sauf ceux de la couronne de St Etienne, le Reichsralh ne formerait qu'un conseil re<nreint dont les décisions ne pourraient Ctre applicables à tout Tcmpire,

Les diètes provinciales furent établies sur un modèle uniforme, sans tenir compte des coutumes locales et des traditions propres à chaque pays. C'était toujours l'idée de l'unification de l'empire qui perçait à travers toutes ces réformes, dont le libéralisme n'était, après tout, qu'un leurre. Telle qu'elle était, la constitution fut encore acceptée avec joie par les Tclièijues, bien que le mode d'élection à la diète provinciale ne leur assurât point une exacte représentation de leur nationalité dans le reichsrath. Oulre les membres qui faisaient partie de droit de ces assemblées, l'élément électif se composait de trois classes de députés : Les représentants de la grande propriété foncière, des villes, et de? communes rurales. En outre, dans les communes, l'élection avait lieu à 2 degrés, à raison d'un électeur par 500 habituits. Au point de \ue libéral, c'était déjà d'un libéralisme assez étroit; mais au point de vue national Boliême, c'était absolument dérisoire. Cependant il valait encore mieux se faire entendre en minorité que de ne se point faire entendre du tout. On a reproché au parti Tchèque de ne s'être pas dans cette occasion retranché catégoriquement derrière sa constitution spéciale de 1848, et de n'avoir pas décliné toute représentation commune avec les autres pays de la monarchie. Mais on oublie que, cette constitution de 1848, les Tchèques y avaient renonce, en venant siéger au Parlement de Vienne du 22 juillet 1848, cl qu'ainsi, au point de vue du droit, ils eussent été dans leur tort. Or, le droit, c'est la force même de la Bohême, c'est le pivot de son évolution politique actuelle. Elle ne pouvait donc se permettre une faute de droit, sans courir le risque d'ébranler le pilier de sa propre cause. Elle préféra, toute imparfaite (|u'elle fut, souscrire à la Constitution du 20 février, (|ui, malgré ses tendances unitaires, assurait à toutes les nationalités de l'empire un moyen de s'affirmer au grand jour, et l'on pouvait espérer, que, de ce conflit de populations diverses jetées par le caprice impérial dans un même creuset , sortirait peut-être tout le contraire de ce que la politique impériale attendait.

Les diètes provinciales se rt^unirent le C avril : Celle de la Bohême se composait de 70 députés de la c^rande propriété, 87 députés des villes, 79 députés des campagnes. Le parti tchèque y était en petite minorité. Après l'examen des budgets provinciaux, on procéda à l'éleclion des députés au reichsrath. C'était la grosse affaire : un moment, on put craindre que la Bohême refusât d'envoyer des représentants à Vienne. Le parti national, quoique en minorité dans la diète, était en majorité dans le pays : il s'agiiail beaucoup, et comme les hommes les plus remarquables de l'assemblée provinciale étaient des Tchèques, on craignait surtout qu'une protestation de leur part ne vint jeter le désarroi dans la diète, et mettre en échec, dès son premier essai de fonctionnement, la constitution nouvelle. Il n'en l'ut rien. La Bohême élut 54 députés au reichsrath parmi lesquels passèrent quelques Tchèques, entr'autres M. Riéger, économiste distingué et gendre de Talaçky.

Le reichsrath se réunit le 29 avril : il devait compter 343 députés, mais, la Hongrie et la Croatie ayant refusé d'élire leurs représentants, il était réduit à 2U0 membres environ. C'était de mauvais augure pour la conslitiition de février. Le dualisme, qu'elle avait eu le tort de consacrer en principe, produisait déjà des fruits; et, dans sa première tentative constitutionnelle sérieuse, l'Autriche ne pouvait obtenir une représentation complète des Etats qui la composent. Force fut doue de se contenter d'un reichsrath restreint, en allend:int la solution de la question Hongioise, et d'ajourner les projets de loi, qui ne pouvaient être que de la compétence du reichsrath entier.

Tel qu'il fut, le reichsrath restreint ne laissa pas que de montrer ses tendances anti-unitaires, et, dès les premiers jours la question des nationalités y partagea la chambre en deux camps bien tanches. Sans doute la majorité y était acquise au parti centraliste, qui était aussi le parti libéral; mais la droite de l'assemblée forma un groupe compact de fédéralistes , auxquels vint s'adjoindre la fraction aristocratitjue et réactionnaire, dirigée par le comte Clam-Marlinitz. Au surplus, les questions constitutionnelles, les réformes libérales n'occupèrent que le second rang, et la représentation de l'empire, de qui l'on attendait l'expression des besoins de libertés politiques des peuples, se tourna en une manifestation constante contre la constitution organique de cet

empire mémo.. Unitaires et fédéralistes, chaque parti se livra des assauts répétés par l'organe d'orateurs souveutéloquents, toujours passionnés. Hein, Miitilfeld, Giskra, kuranda, étaient les chefs du parti (jui voulait fonder l'unité de l'empire constitutionnel et libéral, par la subordination des autres éléments nationaux à l'élément j,'ermanique; pendant que du côlé des fédéralistes, Uiéf^er, Klaudi, Brauner pour la Bohème, Smolka, Potocki pour la Galicie, etc., revendiquaient avec une énerj^ie extrême l'indépendance de leur patrie respective. Tout servit de prétexte à reproduire la question des nationalités. Le 1 o juin, Riéger, soutenu par 49 députés, demanda au Gouvernement d'ajourner le Reichsralb jusqu'à ce que la ilonjçrie se fut décidée à y figurer, et il s'opposa à l'étude des projets de loi sur la liberté individuelle, la liberté de conscience, l'inviolabilité du domicile, le droit de réuuion et d'association, etc., tant que toutes les nationalités de l'empire ne contriburaient pas à la confection de ces lois d'un intérêt général. Le 22 juin, sur une simple motion d'ordre pour la nomination de commissions , le Reichsralb accusa , dans une séance des plus orageuses, ses tendances fédéralistes. Après avoir demandé que les lois destinées à garantir la liberté des citoyens fussent votées par les diètes provinciales, Riéger, au nom du parti tchèque, protesta contre toute tentative présente et future de centralisation, et s'attacha h prouver que « l'autonomie était la plus sure garantie » de la liberté, la première de toutes les libertés, la source de » toutes les autres étant à ses yeux l'égalité des nationalités. » — Il s'éleva avec véhémence contre la proposition de M. Miihifeld, tendant à centraliser la direction de l'instruction publique; il rappela les tentatives de M. de Bach pour germaniser la Bohême , et revendiqua fièrement l'usage de la langue ichèque, sur le même pied que la langue allemande. Rappelé à l'ordre |)ar le président, Riéger dut s'arrêter court, mais le fer était engagé, et le duel devait recommencer plus d'une fois.

Dans la discussion d'une loi sur les fiefs le Ichèque Brauner réengagea la lutte. Il s'étendit longuement sur l'histoire du royaume de Bohême, dont il rappela les nombreux titres de gloire. Les protestations, parties des bancs du parti unitaire, furent l'occasion d'une scène tumultueuse au milieu de laquelle tout le parti tchèque et polonais quitta la salle des séances L'incident n'eut pas de suite, mai^ jl atteste jusqu'à quel point

en éiail arrivée l'irritation des partis. Dans le pays, ces désordres parlomentaires avaient leur pendant. Les 31 juillet, 1" el i août, Prague fut le ihéàlre d'émeutes violentes dirigées contre les Allemands, mais où les Juifs recurent des coups des deux côtés. Un peu plus tard, le conseil municipal alla jusqu'à proscrire la langue allemande de renseignement de toutes les écoles communales. Il est vrai qu'il lui lalhit revenir sur cette décision; mais toutes ces violences parlementaires el autres ne laissaient guère espérer le succès des plans d'unification du gouvernement. La question hongroise, toujours pendante, reçut enfin une solution. La diète de Pesth fut dissoute et le ministère comrauniijua au Heichsrath les raisons qui avaient déterminé le gouvernement à ce coup d'Liat. Ce fut une occasion pour les fédéralistes bohèmes de protester, au nom du droit, contre la violence dont la Hongrie était victime. Dans la chambre basse, Brauner, Kl.iudi, Rieger, firent assaut d'éloquence pour défendre les droits (le la Hongrie'. « .\rrangez-vous avec les Madgyars, dit » Uieger, mais ne renversez pas le droit historique; car si vous » ne vous appuyez que sur la force , que direz-vous à la révolu- » lion i|uand elle sera la plus forte et qu'elle niera a son tour » votre propre droit? Il faut revenir aux principes du diplôme » d'oc'obre el abandonner le statut de février, que les Allemands » sont si'uls à dé't'udrel » Ain.>i, les Slaves plaidaient leur propre cause, avec leurs propres arguments, dans la cause de la Hongrie; et comme pour donner plus de relief encore à leur politique, dans la chambre haute, Palaçky se trouva le seul orateur qui prit la parole en faveur des Hongrois.

Sur le terrain libéral, le parti tchèque, traité à plaisir de parti réactionnaire par la presse allemande, s'y révéla, au contraire, sous un jour ri.- liliéralisme assez accentué klaudi, appuyé par 1 16 Miemliiesdii parlement, proposa de nommer une commission chargée d'élabor.r une loi sur la presse. Il réclama en principe la jundiition du jury, pour les délits de presse, mais le ministère déposa un projet uioir.s libéral, el le parti tchèque eut encore tort dans cette occasion.

Les questions financières fournirent aux fédéralistes un prétexte

poir rompre une dernière lance en faveur des nationalités. Les

députés de la Dolième s' unirent à ceux de la Galicie, pour refuser

de voter les impôts présentés par M. de Plener, et déclinèrent la

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responsabilité de faire peser des charges aussi lourdes que les aggravations proposées, sur des pays dont ils n'étaient pas les mandataires. — Deux jours après , le Ueichsrath, épuisé [lar la laborieuse carrière qu'il avait dû fournir, s'ajourna au 4 février 1862.

La nouvelle session fut presque entièrement employée au vote des lois de finances, et cha(iue fois le parti fédéraliste protesta. Le 26 février, jour anniversaire de la nouvelle constitution, la Bohême refusa de célébrer cette date, et plusieurs de ses évèques s'abstinrent de chanter, à cette occasion, le Te Z)eum ofliciel, attestant catégoriquement par là que le pays n'avait pas accepté le statut de 1 861 . Une seule loi fondamentale fut votée le 1 1 mars : Elle assurait le fonctionnement des libertés communales. En même temps, le gouvernement reconnut le principe de la responsabilité ministérielle. La question des nationalités fut comme assoupie pendant toute l'année; si bien que, dans le discours de clôture [\S décembre), l'empereur put se féliciter de la paix intérieure de ses étals, et déclarer, avec quelque apparence de raison, sa ferme résolulion d'achever l'œuvre^^de l'unité de l'empire.

Il est vrai, qu'en dépit de ses prétentions libérales, le gouvernement avait fortement sévi sur la presse, et contribué par là, d'une façon notable, à l'apaisement des esprits. Rien n'est calme comme le silence : or, en Bohême, les journaux slaves avaient été l'objet de toute la sollicitude du ministère. Quinze mille florins d'amende, cinquante mois de carcereduro, avec jeûne et fers ou de prison simple : tel est le passif que se partagèrent quatorze journaux non allemands. Mais le mouvement littéraire ne s'en ralentit pas. Riéger entreprit l'œuvre gigantesque d'une grande encyclopédie nationale, où, dès les premières publications, il prouva facilement que la langue allemande n'avait pas le monopole de la science. Une souscription pour la fondation d'un théâtre national réunit plus de 500,000 francs, et les Allemands de l'université de Prague eurent plus d'une fois maille à partir avec les étudiants bohèmes,

Si le parti national s'était tu pendant la session duReichsrath, il prit sa revanche dans la diète provinciale, qui s'ouvrit le 12 janvier. Jl demanda, avant tout, par l'organe de Palaçky une modification de la loi électorale qui assurait la prépondérance à

l'éléraent allemand. Ce fut le grand débat de la session, en même temps que le signal d'une reciudescence d'énergie dans le parti tchèque. La discussion donna lieu à plus d'une violence de part et d'autre. « On veut, s'écria M. Sladkowsky, un des nouveaux » venus du parti national, réduire la population tchèque de » Bohème à l'état de colonie, sur un sol où la nation tchèque a » le droit de jouir de la liberté la plus complète! » Malgré les efiforts des Bohèmes, la proposition de Palacky fut rejetée à onze voix de majorité. Quelque temps après, trahissant une arrièrepensée du parti tout entier, Riéger proposa qu'avant de procéder à l'élection du Reichsrath, la diète invitât l'empereur à former une sort« de congrès des représentants des pays, qui n'avaient pas encore accepté le statut de février. Mais cette motion fut repoussée, et. dès lors, se dessina dans le parti l'intention de ne pas figurer cette année au Reichsrath. Et, défait, quand la seconde session s'ouvrit à Vienne, le 18 juin, onze députés bohèmes, Riéger et klaudi en tête, déclarèrent qu'ils s'abstiendraient de siéger à la chambre, et motivèrent leur abstention sur la conduite de l'assemblée, qui outre-passait ses pouvoirs. Invités formellement à venir occuper leur place, sur leur refus, ils furent déclarés démissionnaires.

Cette absence des orateurs les plus influents du parti laissa beau jeu aux Allemands. Dans la discussion du projet d'adresse, en réponse au discours du trône, on ne manqua pas de tomber sur les Tchèques; on les accusa « de se plaindre d'être lésés dans leur nationalité et de se prendre en même temps d'enthousiasme pour leczarisme et la barbarie asiatique! » Tout cela, parce que Palaçky, dans une lettre, restée célèbre, s'était montré l'adversaire de l'insurrection polonaise. Palaçky, en effet, se rappelant le préjudice funeste que les émeutes de Prague, en juin 1848, avaient causé à son pays, avait exprimé son regret profond de voir les Polonais recourir à la révolte pour secouer le joug moscovite, et, considérant cette insurrection comme une grande faute politique, il avait vivement déconseillé à ses compatriotes de l'encourager. Sans conicster la légitimité de certaines revendications, il ne reconnaissait pas, en droit, aux Polonais, leur préieniiim de réiablr leur suprématie sur des provinces où ils ne formaient <|u'uiie minorité : il allait même jusqu'à prédire l'échec de l'insurrection, et, dans tous les cas, démontrait, que

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victorieuse et affranchie, la Pologne ne pourrait pas vivre par elle-même.

Ce sont là des faits qu'il importe de bien établir ; car ils ont ét4 faussés ;\ plaisir par la mauvaise foi allemande ou l'ignorance inconsciente des autres peuples. La presse germanique, toujours h l'airûl de tout ce qui peut déconsidérer les slaves de Bohême, s'empressa décrier au panslavisme el de dénoncer Palaçky comme un agent russe. On prit texte des paroles rapportées plus haut au sein du Reichsrath, el, la falsification aidant, on fit croire sans peine, que les Tchèques n'étaient (jue des Russes déguisés ; alors que, fidèle au principe de toute sa vie, fidèle surtout à la politique traditionnelle de son pays, Palaçky n'avait fait que parler au nom du droit et de la justice.

Le calme qui avait signalé l'année 1863 ne fit que s'accentuer pendant tout lecours de 1864. Les discussionsviolentes, qui avaient marqué la session de la diète provinciale, en Bohême, ne se reproduisirent même plus. Le parti national se recueillait. Dans une seule occasion, il releva la tête, et l'incident suffit à prouver que, pour vivre en silence, il était loin de s'effacer. Le 12 mai, quand il s'agit de remplir les places vacantes des onze députés au Reichsrath , déclarés démissionnaires, le comte Léo de Thun et Riéger soutinrent qu'il n'y avait pas lieu de procéder à de nouvelles élections, puisqu'aucune démission n'avait été donnée. Ils perdirent leur cause à 1 1 7 voix do majorité, mais ils triomphèrent d'un autre côté, car leurs remplaçants furent des Tchèques, et leur échec se tourna ainsi en une nouvelle manifestation de leur nationalité.

D'ailleurs, les esprits n'étaient point aussi tranquilles au dehors. Un fait caractéristique atteste combien leur excitation était grande. Un enfant de 14 ans, Charles kober avait formé à Vienne une société secrète avec trois de ses camarades pour assassiner l'empereur. Saisi par la police autrichienne, et interrogé sur les motifs de cette conspiration puérile, il répondit qu'il voulait tuer dans l'empereur, l'oppresseur de la nationalité Slave. On eut le courage de le condamner à cinq ans de carcere duro, mais il fut gracié plus tard.

Le Reiclisraih reprit ses séances le 14 novembre 1 864, toujours en l'absence des députés hongrois et bohèmes, en majeure partie.

La constitution de février continua à être violée : Le Reichsralh

restreint lit œuvre de Hoichsrath intégral.

L'intervention (leiWnlriche dans la question des duchés, intervention qui avait occasionné, en Bohême, une grande sensation, l'Autriche invoquant coatre le Danemark le droit même des nationaliti\s, fournil aux quelques députés tchèques de l'assemblée un prétexte pour prolester contre la politique ailerùande de l'Autriche et .ses tendances à ressaisir l'hégémonie des puissances allemandes. « Si l'Autriche se liait vis-à-vis de l'Allemagne, dit » M. Sadil, député de Bohême, elle pourrait se trouver dans le » cas d'ohéir à la majorité fédérale. Or, ceci ne serait pas ad- » missible pour les populations non allemandes de l'empire. »

L'échec que le ministiire Schmerling éprouva devant le Reichsralh pour sa politique extérieure en Allemagne, le mauvais accueil fait à ses propositions financières, la nécessité de donner une solution à la question hongroise et de réconcilier les Tchèques avec le gouvernement, toutes ces raisons entraînèrent un changement de ministère et une nouvelle évolution de l'empire. Désabusé sur ses essais de centralisme constitutionnel, François- Joseph sembla vouloir voguer celte fois vers le fédéralisme. Le 27 juin, le ministère Schmerling donna sa démission; le 29 juillet, la nomination des nouveaux ministres fut officiellement publiée. M. de Belcredi était appelé au ministère d'état, et le comte de Mensdorf à la présidence du conseil. L'Autriche entrait dans une phase nouvelle; elle allait essayer du système fédéraliste, mais à contre-cœur, et non sans arrière-pensée: Elle n'avait encore rien rabattu de ses projets d'uniticatiou, et c'était seulement à la rude école de l'adversité, sous le coup d'un désastre, qu'elle devait revenir à une notion plus juste, quoique encore imparfaite, de sa véritable situation.

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