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CH. XI. LA BOHEME ET LE FÉDÉRALISME

les nouvelles circonscriptions. L'adresse f:it votée par 119 voix contre 98, et les Alleiiiands, vaincus flans la diète, se voyant d'ailleurs mal en cour pour le moment, se résignèrent à leur sort, non toutefois sans protester.

C.rtte petite révoliilion ne s'était point accomplie sans débats orageux dans la diète, cl sans retentissement au dehors. Le 28 février, des désordres avaient éclaté à Prague parmi les étudiants; dans les environs, des scènes de violences dirigées contre les Juifs avaient obligé les troupes à faire feu sur l'émeute. Kntin, pendant toute la première moitié de mars, Prague, Tabor, Pilsen, Piseek avaient été le théâtre d'excès déplorables. La loi martiale avait été proclamée le 16 mars dans tous les cerc!es, mais l'agitation n'avait pas complètement cessé.

Au lendemain de la guerre et de l'invasion de la Bohême par l'armée Prussienne, ce fut bien autre chose encore. L'effervescence nationale fut bien près de dégénérer en une guerre de race, et le mot sinistre, « /inis Austriœ, » était répété avec joie par toutes les bouches. Pourtant la nomination d'un tchèiiue, le comte Rothkirch. au poste de gouverneur de Bohême, ramena la confiance: Cela parut de bon augure pour le fédéralisme.

Puis le 13 octobre, l'Kmpereur, dans un manifeste à ses peuples déclara que « tous ceux qui, dans ces temps difficiles avaient » fait des sacrifices à l'empire, avaient droit aussi au secours de » l'empire. » Toutefois, le gouvernement impérial \M'. s'engageait ti rien, et l'on ne savait pas au juste s'il persévérerait dans la voie du fédéralisme inauguré avec le ministère Belcredi-Mensdorff. 3Lns tous les partis comprenaient qu'il y avait quelque chose à faire, et dualistes, fédéralistes, unitaires, s'efforçaient d'entraîner la machine gouvernementale, chacun de son côté. Mais leGouvernement restait impénétrable : Le 30 octobre, seulement, au milieu d'un voyage de l'empereur en Bohême, M. de Beust , ancien ministre de Saxe, avait été appelé au ministère des affaires étrangères; et sa nominalion fut bien accueillie des Allemands. Mais comme M. de Belcredi ne cessait pas d'être ministre, on pouvait croire que l'empereur ne procédait pas à une troisième évolution. Aussi les diètes provinciales s'élant réunies au mois de novembre, la diète de Prague, dans son Adresse accentua ses tendances fédéralistes Pendant tout le mois de décembre, le (ioiivei nement garda sa réserve; sans doute M. de Beust voulait se rendre compte de la si-

lu.ition, avant de rien entreprendre. L'altitude de la Hongrie, la nt'cessilé iir}i[enle de mettre le gouvernement d'accord avec les Miidgyars, décida de sa j)oliti(|iie. Le 2 janvier ISG7, iM. de iielcredi se retira, laissant la place libre à M. de Beust el à la solution Dualiste.

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