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LES DEVOIRS ET LES DROITS DU CHIRURGIEV

rigoureuse de l’antisepsie, perfection de l’opération proprement dite et des soins consécutifs, telles sont les exigences qu’a le droit de formuler quiconque réclame d’un chirui^en le secours de son art.

Il n’existe, pour chaque opération, qu’une bonne méthode, celle qui permel de la faire bien et simplement.

Les autres procédés doivent être rejetés au même titre que les pansements sales.

Lister, qui a eu l’immense satisfaction d’assister au triomphe universel et définitif de l’antisepsie, applaudira, nous en sommes sûr, à nos efibrts pour compléter la rénovation de la chirurgie, en la dotant d’un manuel opératoire vraiment digne de sa grande conception.

II!. — LES DEVOIRS ET LES DROITS DU CHIRURGIEN (( Primum non nocere ».

Avant tout, éviter de nuire. Que de devoirs comportent pour le chirurgien ces trois mots : « ne pas nuire » !

Le patient réclame la guérison : le chirurgien doit avant tout se mettre en garde contre toute opération imprudente et hasardeuse.

La pratique de la chirurgie s’est transformée depuis trente ans.

On ne fait presque plus d’amputations.

Par contre, la chirurgie viscérale a tellement empiété sur la médecine qüe chaque jour se rétrécit le cercle des affections non justiciables d’un traitement opératoire.

Cette extension extraordinaire de la chirurgie a eu pour conséquence directe une aggravation de la responsabilité morale qui incombe à tout opérateur.

TECHMQrE CHIRURGICALE-

INTRODUCTION

Le chirurgien doit aujourd’hui posséder, outre ïhahileté manuelle, une éducation clinique approfondie.

Jadis le médecin appelait un chirurgien pour lui faire exécuter telle opération qu’il jugeait urgente.

Le médecin faisait le diagnostic et décidait de l’opportunité de l’intervention.

Le chirurgien, instrument docile, se bornait à agir. Cette époque est passée et son rôle est aujourd’hui tout autre : A mesure que se sont multipliées les indications opératoires pour des affections jadis exclusivement réservées à la thérapeutique médicale, les chirurgiens ont dû s’habituer à aborder le diagnostic différentiel de lésions internes qu’ autrefois ils entrevoyaient à peine.

Leur expérience s’est accrue d’autant mieux que, le plus souvent, ils sont appelés à vérifier, le bistouri à la main, le résultat de leur exploration.

C’est donc aux chirurgiens qu’il appartient aujourd’hui de décider en dernier ressort de l’opportunité d’une intervention.

Toute affection médicale peut, dans une. de ses phases, exiger le secours de la chirurgie.

Les mots « externe et interne » ne pourront donc plus désormais servir à scinder en deux la pathologie.

Beaucoup de maladies internes appartiennent au médecin, le plus généralement, et au chirurgien, dans des cas bien déterminés. Prenons pour exemple la lithiase biliaire : tant que l’affection suit un cours normal, la thérapeutique médicale est seule indiquée. Survient-il une complication grave, le danger est imminent et l’éventualité d’une opération doit être discutée. Le médecin doit en pareil cas appeler sans retard un chirurgien compétent : il éclaire son collègue sur les premières phases de la maladie.

LE CHIRUR&IE.y DOIT ÊTRE EX R05 CLOICIEX.

C’est au chirurgien de déterminer l'indication opératoire et d’agir au moment le plus opportun, suivant sa conscience et d’après ses aptitudes.

Cette union du médecin et du chirurgien est d'autant plus profitable au malade que chacun d’eux se contente de remplir, sans l’outrepasser, le rôle qui lui convient.

Quelques exemples entre mille : une femme de 57 ans, soignée depuis 8 ans, en Autriche, pour une pyélonéphrite gauche d’abord, puis bilatérale, est soumise à notre examen : le rein droit est gros et douloureux. A gauche, dans l’intervalle des crises aiguës, où le rein devient à son tour volumineux et sensible, la douleur maxima siège vers la terminaison de l’uretère. L’examen de la vessie est négatif. Le cathétérisme des uretères est impraticable; les sondes se heurtent à un obstacle qu’il serait dangereux de vouloir forcer. La malade, neigeuse et affaiblie, ne veut subir la narcose que s’il faut opérer.

Nous faisons, d’après le simple palper et les signes rationnels, le diagnostic de pyélite calculeuse droite et d’urétérite calculeuse inférieure gauche.

Ce diagnostic est envoyé par écrit, avec arguments à l’appui, aux médecins traitants de la malade. Ceux-ci s’opposent formellement à toute intervention et répondent qu’il n’existe aucun signe de lithiase rénale ni urétérale. La malade, qui souffre de plus en plus en deux points fixes et bien déterminés, la région rénale droite et l’extrémité pelvienne de l’uretère gauche, accepte, malgré ces avis contraires, l’opération : un calcul est extrait par la taille rénale du bassinet droit.

Le cathétérisme de l’uretère correspondant, pratiqué de haut en bas, refoule vers la vessie d’autres calculs, qui sont perçus par le toucher vaginal et intra-vésical. Le palper abdomino-vaginal permet en outre de reconnaître à gauche, non loin de la vessie, un gros calcul urétéral. La taille urétéro-vaginale est faite sur-lechamp.

INTRODUCTION

La vessie mise à découvert par le cul-de-sac antérieur, nous extrayons à gauche une énorme pierre cylindro-sphérique plus grosse que le pouce et longue de 83 millimètres, puis, à droite, un calcul du diamètre de l’extrémité du petit doigt. Un petit calcul provenant de l’uretère droit sortit seul, quelques jours après, par la plaie vaginale; deux autres furent extraits du même côté dans une seconde séance de narcose, qui eut lieu trois semaines plus tard pour vérifier l’état des uretères. Guérison apyrétique. Fermeture spontanée des plaies lombaire et vaginale.

Cette femme, presque mourante lorsque nous avons été appelé à lui donner nos soins, ne pouvait quitter le lit depuis plusieurs mois. Cinq semaines après l’opération, elle put marcher et sortir en voiture. Actuellement elle est de retour dans sa famille. Peut-on reprocher dans ce cas au chirurgien d’avoir agi sous sa seule responsabilité, et sans prendre en considération les avis contraires de nombreux collègues?

Que de fois le patient ne devra ainsi le salut qu’à l’énergie et à la ténacité d’un opérateur éclairé, certain de son diagnostic et confiant dans ses moyens.

Un autre cas, tout récent, vient également à l’appui de cette manière d’envisager, à propos de la détermination de l’indication opératoire, les devoirs et les droits du chirurgien.

Un homme encore jeune est atteint, à la suite d’une plaie grave de la mâchoire inférieure, d’un phlegmon énorme au niveau de la branche montante du maxillaire gauche, qui se nécrose.

Le séquestre est extrait; quelques jours après survient un peu d’aphasie, le lendemain dé l’agraphie, puis quelques spasmes des muscles du visage à droite. Aucune élévation de température.

Le malade ne paraissait pas très incommodé : il se levait et se plaignait seulement d’une légère céphalalgie. Nous . diagnostiquons, par exclusion, une lésion suppurée intra-crânienne.

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