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RESPIRATION ARTIFICIELLE

quelques injections de sérum de 50 à 200 grammes. La surveillance du rythme respiratoire est d’une importance beaucoup plus grande que la surveillance du pouls, car, à part les cas exceptionnellement graves et le plus souvent irrémédiables de syncope cardiaque, le pouls ne cesse de battre, dans l’intoxication chloroformique simple, que quelque temps après l’arrêt définitif de la respiration.

Celui qui ne surveillerait que le pouls perdrait donc un temps précieux à ce moment critique, où, sans retard, il faut procéder à la respiration artificielle.

Respiration artificielle.

Si la respiration s’arrête, il faut en rétablir immédiatement le rythme.

Le procédé vraiment efficace, le seul que notre expérience nous permette de recommander, est la compression et le soulèvement alternatif de la cage thoracique par la flexion et l’extension des bras. Cette manœuvre se pratique de la manière suivante :

La respiration vient de cesser : vite le patient est détaché et placé la tête déclive, afin de ramener le sang au cerveau; uii tube d’oxygène est introduit dans les narines, la langue légèrement attirée hors de la bouche : s’il s’agit d’une laparotomie, le champ opératoire est recouvert de compresses aseptiques, et l’on referme provisoirement le ventre à l’aide de 3 ou 4 pinces à griffes, appliquées sur les lèvres de l’incision. Le chirurgien saisit les coudes, les rapproche des parties latérales du thorax, qu’il comprime un instant (fig. 40), et les développe, en arrière et en dehors, dans l’axe des fibres les plus longues du grand pectoral (fig. 41), suivant deux plans verticaux passant par chaque aisselle et se joignant à l’ombilic.

Le silence le plus absolu doit être observé. A chaque mouve-

ment d’abatage des bras en arrière, on entend un bruit caractéristique d’inspiration. Un instant d’arrêt : un aide applique l’oreille sur le cœur. Le plus souvent, il perçoit quelques contractions, parfois faibles et espacées.

Quelques percussions rapides sur la région cardiaque et l’ap-

Fig. 40. — Respiration artificielle, l®"" temps ; compression du thorax.

plication sur la région précordiale du marteau de Mayor ou de serviettes imbibées d’eau très chaude sont d’excellents adjuvants.

Mais ne nous attardons pas : la respiration artificielle est le suprême remède. Dès que le sang s’oxygène, la circulation affaiblie se ranime, et bientôt le réflexe vital est définitivement rétabli.

La compression brusque du thorax par les coudes détermine un certain degré d’expiration (fig. 40). La projection, en arrière

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