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NÉCESSITÉ D’OPÉRER TITE ET BIEN

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La mortalité opératoire réelle est demeurée considérable.

L'antisepsie est un bienfait inappréciable; mais prenons garde que, sous le couvert de la méthode antiseptique, les imperfections du manuel opératoire ne viennent largement contrebalancer, en décuplant le nombre des insuccès, les bienfaits de l’œuvre de Lister.

Un examen approfondi des faits prouve en effet que, contrairement à l’opinion généralement admise dans le public, la mortalité réelle des opérations demeure considérable, pour des interventions même réputées bien à tort inoffensives.

La plupart de ces insuccès sont uniquement imputables à l’inhabileté de beaucoup d’opérateurs, des malades trop confiants et qui, mieux avisés, auraient guéri presque sans exception, venant trouver la mort entre ces mains inexpérimentées.

La chirurgie doit demeurer un art et les chirurgiens doivent être de véritables artistes.

La chirurgie est un art : trop de gens en ont fait un métier. Les opérations étaient, au commencement du siècle, l’apanage d’un petit nombre. Les chirurgiens tenaient à honneur d’être de brillants opérateurs et savaient abattre sur les champs de bataille, sans anesthésie, bras et jambes.

Les méthodes rapides, qui sont définitivement tombées dans l’oubli depuis Maisonneuve, n’auraient-elles pu s’allier à l’antisepsie naissante?

La crainte de l’hémorragie en chirurgie péritonéale était naturelle pour les premiers ovariotomistes.

Nous comprenons que la crainte du sang ait préoccupé les premiers ovariotomistes. L’hémorragie, dans le péritoine.

INTRODUCTIO.N

était mortelle. Ces novateurs, qui pratiquaient instinctivement l’asepsie, réussirent parce qu’ils opéraient avec une extrême prudence.

Ils cautérisaient les moindres vaisseaux et évitaient l’issue des intestins, qu’un aide maintenait à l’aide de serviettes chaudes.

On s’abstenait autant que possible de toute manoeuvre intrapéritonéale quelque peu profonde, et les adhérences étaient redoutées comme une grave complication. Le pédicule, étreint par un serre-nœud, était üxé à l’angle inférieur de la plaie et le ventre recousu à l’aide de fils métalliques. Aucun corps étranger, aucune ligature n’étaient laissés dans la séreuse.

Les hésitations de cette période de début, loin de faire place à des méthodes plus simples et plus sûres à la fois, s’exagérèrent petit à petit, et les chirurgiens devinrent d’une prudence désespérante.

La crainte du sang fut poussée à ce point que, communément et jusque dans ces dernières années, des ovariotomistes de valeur perdaient 15 ou 20 minutes, avant l’ouverture du péritoine, à pratiquer l’hémostase méthodique des artérioles et des veinules de la couche sous-cutanée.

Les autres temps, l’ouverture de la séreuse, la ponction et l’évacuation du kyste, l’extraction de la poche, la ligature du pédicule, la fermeture du ventre, étaient conduits avec la même lenteur et la même circonspection.

Spencer Wells et Kœherlé opéraient avec plus de simplicité que leurs imitateurs, qui ont abusé de l’hémostase.

Spencer Wells et Kœherlé opéraient plus vite et avec plus d’habileté. Ils n’employaient, en général, pour l’ovariotomie, que 10 pinces hémostatiques et 10 éponges, qui étaient comptées avec soin avant et après l’opération.

Leurs imitateurs, de plus en plus oublieux des méthodes bril-

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