MANUEL OPÉRATOIRE NÉCESSITÉ D’OPÉRER VITE ET BIEN
Agir vile, s’abstenir de toute manœuvre inutile, tel est le moyen de faire bien, puisque le temps consacré à l’opération est ainsi intégralement employé dans l’intérêt du patient.
On nous a reproché à tort d’opérer avec trop de célérité. Nous opérons sans nous hâter et le peu de durée de nos opérations dépend à la fois de la simplicité de nos méthodes et de la suppression de toute manœuvre, de tout instrument non indispensables.
Incision de la peau. — L’incision des téguments doit être faite hardiment et d’un seul coup, mais avec une légèreté de main suffisante pour ne pas blesser les tissus sous-jacents. Une incision trop hardie pourrait, au niveau de la ligne blanche, blesser maladroitement l’intestin ou la vessie.
Les incisions en T sont défectueuses et doivent être excep-
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Pour la néphrectomie, pour l’ablation du goitre, une incision droite ou legerement curviligne nous suffit amplement.
Decouverte et extraction de la tumeur. - La découverte de la tumeur doit être immédiate. 11 ne faut pas s’arrêter à ces
che adin?® de la peau ou de la cou-
assurerî’hTm compresses suffisent à en
emostase et les vaisseaux qui saignent d’une manière
É>'UCLÉATIO^ RAPIDE DES TUllECRS. 145
réellement appréciable sont seuls saisis entre les mors de quelques pinces hémostatiques. Le néoplasme — c’est le cas que nous supposons, car les mêmes préceptes s’appliquent aux opérations les plus variées — est abordé rapidement et reconnu du
Fig. 62. — Incision transversale curviligne sus-sternale, par laquelle vient d’être extirpé un goitre exophtalmique.
doigt qui sans retard le contourne, en explore les rapports, et le détache de ses connexions.
Ce temps de l’opération est tellement bref, dans la plupart des cas, qu’il nous est arrivé de voir sauter à plusieurs mètres, tellement l’énucléation en était rapide, un fibrome du pharynx ou meme une tumeur thyroïdienne.
TECHSIQCE CHIRCRGICtLE. 10
U6 TECnNIQUE CHIRURGICALE GÉNÉRALE.
Si l’isolement de la masse morbide est fait avec toute l’habilelé et la célérité requises, le néoplasme est extrait en effet avant que les gros sinus veineux qui le sillonnent n’aient eu le temps de donner une notable quantité de sang.
Une artère de gros calibre est-elle blessée, vite une pince, ou, s’il faut se bâter, une simple compresse, maintenue par la main de l’assistant.
L’abord du péritoine exige un peu plus de circonspection, surtout dans les cas de diagnostic incertain, où l’intestin et la vessie pourraient se présenter sous l’instrument tranchant.
Quelles que soient ces particularités, le champ opératoire doit être découvert sans retard. Il est alors exploré avec soin; parfois il est utile de pratiquer une ponction exploratrice, suivie ou non d’un examen bactériologique immédiat, fait dans le laboratoire adjoint à la salle d’opérations.
Plusieurs minutes se sont écoulées : la tumeur est à nu. 11 faut agir. Plus le cas est anormal, et plus se montrent indispensables cette présence d’esprit et cette juste appréciation de la résistance de l’opéré, sans lesquelles un chirurgien n’est pas digne de ce nom. Les cas difficiles exigent une rapidité de décision d’autant plus grande que la moindre hésitation peut être fatale.
C’est surtout dans l’ablation des gros néoplasmes solides souspéritonéaux que la situation peut se trouver réellement périlleuse : la paroi est incisée et la tumeur devient apparente ; le malade est faible et le chirurgien a fait la promesse de ne pas aller trop loin. La famille préfère, dans le cas où, Ip ventre ouvert, l’opération semblerait trop grave, voir laisser l’intervention incomplète plutôt que de faire courir au patient un risque trop .considérable. De telles opérations se présentent assez souvent. Ces malades ont en général consulté inutilement de nombreux médecins et s’adressent finalement, en désespérés, à celui qu’ils avaient d’abord redouté le plus.
!Sous avons opéré ainsi, particulièrement chez l’homme, des