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MORCELLEMENT

Lorsque rextirpation de la tumeur ne peut être extemporanée et si le sang s’écoule en quelque abondance, nous lions du côté du cœur et nous plaçons une pince du côté de la tumeur.

C’est ainsi que, dans l’hystérectomie abdominale, l’application de pinces sur le bord supérieur du ligament large, que nous rejetons comme inutile, lorsque la tumeur est facilement extraite hors du ventre, nous a toujours semblé au contraire indispensable quand l’utérus, bridé en ce point, ne peut être un extrait de la cavité pelvienne sans section préalable de la sangle musculeuse qui s’oppose à son élévation au-dessus du pubis.

Mais ces exceptions se rapportent à des cas bien déterminés et ne peuvent que corroborer notre méthode générale. L’objectif du chirurgien n’est-il pas avant tout la guérison du patient?

Toute opération doit être faite vite et simplement, mais sous la condition expresse que les moindres détails, et particulièrement l’hémostase définitive, soient d’une exécution sûre et parfaite.

2° Le morcellement.

Découverte du morcellement par Amussat en 1840.

Le morcellement est en chirurgie ce que sont en obstétrique la céphalotripsie et l’embryotomie.

La découverte du morcellement des tumeurs difficilement accessibles remonte à Amussat qui le premier, en 1840, eut l’audace de tenter l’ablation vaginale de fibromes utérins interstitiels et d’un volume considérable.

L’abus qui a été fait depuis de cette méthode, tant en gynécologie qu’en chirurgie générale par Péan, son application irrationnelle à l’extirpation des tumeurs largement accessibles et faciles à énucléer d’une seule pièce, nous ont engagé à remonter aux opérations d’Amussat et à préciser l’historique de cette intéressante question.

La première opération d’Amussat remonte au H juin 1840.

Amussat, dans un cas de volumineux fibrome interstitiel de r utérus, imagina d’aborder la tumeur par la voie vaginale après incision libératrice du col, et de l’extraire par une série de manœuvres, conçues et réglées à l’avance, et qu’il modifia suivant les indications qui se présentèrent au cours de l’intervention.

La technique de l’opération est très remarquable et dénote chez Amussat une présence d’esprit, une hardiesse étonnantes.

Nous décrirons la méthode Amussat d’après ses deux mémoires, publiés en 1840^ et 1842L

Amussat plaçait la patiente dans la position de la taille périnéale, les jambes fléchies sur les cuisses et les cuisses sur le ventre. Il reconnaissait la tumeur, incisait le col, puis le tissu utérin qui voilait le' fibrome et saisissait ce dernier avec des pinces de Museux. 11 débridait le champ opératoire autant qu’il semblait nécessaire, puis détachait petit à petit la tumeur, avec ses doigts, de ses connexions utérines.

Lorsqu’elle n’était pas trop volumineuse et pouvait être extraite d’un seul bloc, il pratiquait une manœuvre spéciale, qui consistait à combiner aux tractions directes sur le point le plus saillant ou pôle du néoplasme des tractions indirectes en saisissant, le plus près possible de l’équateur, un de ses méridiens. La tumeur tournait, basculait peu à peu et apparaissait à la vulve.

La bascule ou a rotation » de la tumeur « peut, dit Amussat, être pratiquée dans quatre sens. Le sens antérieur est le meilleur. Cette manœuvre abrège l’opération et empêche le renversement de l’utérus ».

« Si la tumeur est trop grosse pour être extraite en entier par

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