PINCES HÉMOSTATIQUES
et d'en limiter l’application aux cas où Uétroitesse du champ opératoire ne permettait pas l’engagement dn grand diamètre de la tumeur.
Cette conception si exacte du morcellement par Amussat est une des plus belles conquêtes de la chirurgie française.
Le morcellement est, au même titre que l’hémostase préventive, une manœuvre d’exception en chirurgie manœuvre aussi précieuse, lorsqu’elle est réellement indiquée, qu’elle se trouve déplorable quand elle n’est pas indispensable.
Le morcellement, lorsque le champ opératoire est étroit et profond, simplifie et accélère l’opération, tout en la rendant plus sûre et en augmentant pour la patiente les chances de salut. Son application méthodique et générale à la chirurgie est au contraire une pratique mauvaise et défectueuse qui aggrave et prolonge à la fois, au grand détriment des malades, des opérations simples et rapides par la méthode de l’énucléation extemporanée.
Quelques nouveaux modèles de pinces hémostatiques.
Pinces à mors élastiques.
Pinces à mors courts. — Pinces Clamp à pression progressive.
Le matériel instrumental destiné à l’hémostase est probablement loin d’être tout à fait déterminé.
Les premières pinces hémostatiques à anneaux employées par Péan n’étaient autres, comme nous l’avons signalé plus haut, qu’un modèle légèrement réduit de l’ancienne pince à pansements à arrêt de Charrière. Ces pinces à anneaux étaient de simples appareils de préhension, où la substitntion d’un levier du 1" genre à un levier du 5®, jointe à certaines facilités dans le maniement, constituait les améliorations principales sur les anciennes pinces à verrou.
La substitution, pour des modèles plus puissants, de mors allongés aux mors ovalaires du l®" type, loin d’augmenter l’effet produit, rendit ces instruments d’autant moins efficaces que l’élasticité de leurs branches ne permettait d’exercer au niveau des anneaux qu’un effort limité, tandis que la rigidité des mors occasionnait, à mesure qu’on serrait plus fort à leur partie moyenne un objet de quelque épaisseur, un écart sensible de leurs extrémités.
C’est ainsi que se trouvaient construites sans exception toutes les pinces hémostatiques à mors longs au commencement de l’année 1887.
Si l’on serrait, par exemple, entre les mors d’une de ces pinces, droite ou courbe, dites de Péan, de Terrier ou de Richelot, et sur toute leur longueur, un mouchoir plié de manière à présenter une épaisseur de 5 à 6 millimètres, plus on engrenait la crémaillère et moins les extrémités de la pince exerçaient de constriction sur le tissu interposé. Elles finissaient même par s’écarter légèrement et la partie correspondante du mouchoir devenait libre, tandis que celle voisine de l’articulation se trouvait de plus en plus vigoureusement écrasée.
Cette particularité me parut tellement évidente que, frappé des inconvénients graves de ces instruments pour la forcipressure des larges pédicules vasculaires, tels que les ligaments utérins, je priai immédiatement M. Collin de me construire des pinces spéciales, basées sur ce principe nouveau, que l’élasticité devrait siéger non plus dans les branches, mais au niveau de leur mors, qui recevraient à cet effet une trempe moins dure et présenteraient une forme concave.
Les avantages de cette disposition nouvelle sont très évidents sur les planches XXIV et XXV, qui représentent 3 pinces, 1 pince longue de Péan d’un modèle antérieur à 1887, la pince à ligaments larges de Richelot, telle qu’il l’employait en mars 1887, et notre modèle de pinces à mors élastiques, serrées toutes trois