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PANSEMENT

Le sérum de Marmoreck, dans les cas d’infection à streptocoques, donne des résultats satisfaisants, à condition d’être injecté à temps et en quantité suffisante.

4“ Traitement des plaies ouvertes par la pulvérisation antiseptique.

L’irrigation continue n’est guère applicable au tronc ni à la racine des membres. Une plaie accidentelle ou chirurgicale vientelle à présenter dans ces régions un aspect inquiétant, par exemple, un volumineux anthrax du dos ou bien, chez un malade faible et antérieurement infecté, une incision de néphrotomie, nous remplaçons l’irrigation continue par la pulvérisation antiseptique.

La pulvérisation est pratiquée, suivant la méthode de Verneuil, plusieurs heures par jour, à l’aide du pulvérisateur à vapeur de J. Championnière (fig. 111 et 112).

Si l’odeur du phénol provoque de la toux, nous substituons à l’eau phéniquée une solution de résorcine à 2 0/0.

La pulvérisation antiseptique est d’une efficacité remarquable : la plaie se déterge en quelques jours, prend un aspect satisfaisant et commence à se fermer. On substitue alors au spray un pansement humide.

5“ Le pansement.

Le pansement doit être simple et aseptique.

Nous n’employons aucune poudre désinfectante. Nous appliquons sur la ligne des sutures, lorsque la plaie est réunie, quelques compresses de gaze aseptique, puis du coton hydrophile stérilisé.

Nous sommes ainsi revenu, quand le champ opératoire est

technique chirurgicale générale.

aseptique, au pansement sec de Guérin, en le combinant h l’antisepsie. Le coton est fixé soit à l’aide d’une bande de

Pulvérisateur à vapeur (petit modèle).

gaze ou de toile, soit n’

Souvent, pouj. ^ serviette ou d’un bandage de corps,

de la hernie in 0-^1 laparatomies, et pour la cure radicale

^ e ou crurale par exemple, nous recouvrons

Fig. H2. — Pulvérisateur à vapeur de lAicas-Chauijiionnièro,

m TECHNIQUE CIimURGICALE GÉNÉRALE.

simplement, suivant la méthode de Kocher, la ligne de réunion d’une couche de collodion élastique.

Dans les cas où la plaie, drainée ou tamponnée, doit donner lieu à un abondant écoulement de sérosité, nous disposons au point le plus déclive, où le coton absorbant doit se trouver en quantité suffisante, une feuille imperméable de gutta-percha laminée.

Le tamponnement humide est réservé aux plaies infectées.

6“ Renouvellement du pansement. Lavage des plaies.

Changement des Drains et des Tampons de gaze.

Lorsque la plaie est réunie sans drainage, le pansement peut à la rigueur ne pas être renouvelé avant le 8® jour. Il nous semble préférable d’examiner dès le 2® ou le 5® jour l’état des sutures et de remplacer, après avoir largement enduit de vaseline toute la ligne de réunion, les compresses profondes, qui sont légèrement maculées de sang. Les crins superficiels sont enlevés entre le 6® et le 10® jour, soit en plusieurs séances, soit en une seule fois, suivant la région et le degré de tension de la suture. Les fils profonds, s’il en existe, doivent être coupés le 2® ou le 3® jour.

Quand la plaie opératoire est drainée ou tamponnée, il se produit pendant les premiers jours un suintement séro-sanguinolent assez abondant. Dans ces cas, la partie absorbante du pansement doit être renouvelée aussi souvent qu’il est nécessaire. Si le suintement est considérable, comme on l’observe dans les cas de vastes kystes rétropéritonéaux, le pansement doit être biquotidien. On peut alors disposer avec avantage à la partie déclive de larges sachets de ouate de bois au sublimé.

Le renouvellement fréquent des couches absorbantes externes est le seul moyen d’éviter l’infection de la plaie, accident qui ne manque pas de se produire dès que les liquides atteignent la surface du pansement, où ils se putréfient.

DRAI>'S ET TAMPOA'S.

C’est ainsi qu’ autrefois nous avons vu mourir, à l’hôpital de Reims, à la suite d’une opération très simple de tumeur du sein, une femme qui contracta tout à coup un érysipèle.

On avait négligé, pendant les trois premiers jours, de renouveler le pansement : les liquides de la plaie avaient coulé dans le dos et s’étalent infectés au contact du matelas, antérieurement contaminé par du pus à streptocoques.

Nous pourrions citer beaucoup de cas analogues.

Lorsque la plaie est drainée, il est généralement inutile, quand on change le premier pansement, de laver les drains, qu’il pourrait être difficile de remettre en place. Ceux-ci doivent être, au contraire, à partir du 3® jour, enlevés à chaque pansement et lavés dans l’eau phéniquée.

Jamais on ne doit pratiquer dans une plaie réunie, avant le 8® ou le 10® jour, d’injection antiseptique dans le trajet des drains. Une injection prématurée compromettrait la réunion profonde.

Au bout de 8 jours, ce qui doit se réunir est cicatrisé. Demeure-t-il quelque trajet fistuleux, les injections de phénol à 2 1/2 ou à 5 0/0 hâtent la cicatrisation en faisant disparâître toute trace de pus.

Quand le champ opératoire s’est trouvé fortuitement infecté, il se produit très vite après l’opération un gonflement local avec fièvre et accidents généraux : le mieux alors est de faire sauter toutes les sutures, et de pratiquer le tamponnement humide ou la pulvérisation antiseptique.

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