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SOINS GÉNÉRAUX A DONNER A L’OPÉRÉ

Dès que le patient a repris connaissance et se trouve sorti du sommeil chloroformique, le plus grand calme est de rigueur.

La chambre est maintenue dans une obscurité relative. Une ou deux gardes restent au chevet du malade, pour observer l’état de la respiration et, s’il y a lieu, le degré de faiblesse.

Si le réveil du malade tarde, nous faisons respirer de l’oxygène et nous pratiquons une ou deux injections de sérum artificiel.

Nous avons énuméré, à propos de la narcose, les moyens les plus efficaces que l’on doit employer en pareil cas.

Beaucoup d’opérés, dès qu’ils sont réveillés, souffrent; nous leur faisons une première injection de morphine de 1/4 à 1/2 centigramme.

Notre solution de morphine est préparée à 1/100® avec de l’eau de laurier-cerise, et contient 1/1000® de sulfate d’atropine.

Le degré de soufîrance éprouvé par les opérés, dans les heures qui suivent le réveil chloroformique., est très variable et dépend bien plus de leur susceptibilité individuelle que de l’intervention elle-même. Que de malades avons-nous vus n’éprouver aucune douleur et ne pas réclamer de morphine après une hystérectomie vaginale difficile, avec pinces à demeure, tandis que d’autres se plaignent vivement, après une ovariotomie par exemple, d’une simple suture de la paroi abdominale.

Une surexcitation exagérée survenant dès le réveil chloroformique est d’un mauvais pronostic. L’état du pouls doit être noté

sons POST-OPÉRATOIRES.

la Teille de chaque opération, car son examen donne, les jours suivants, les indications les plus précieuses.

Rarement une élévation de la température rectale à 59" ou 40° se montre d’un pronostic grave si le pouls demeure plein et bat au-dessous de 110 et surtout de 100 fois à la minute.

Les accidents péritonéaux graves se révèlent au contraire par une accélération toute spéciale du pouls radial, qui devient en même temps faible et dépressible.

Ce pouls, dit pouls péritonéal, est un indice précoce d’accidents plus graves et précède souvent de plusieurs jours l’apparition du ballonnement et des vomissements caractéristiques.

Quelques-uns de nos opérés de gastro-entérostomie ou de

Fig. 115.

pylorectomie, très cachectiques, présentent avant l’opération 40 à 60 pulsations seulement. Un de nos opérés de craniectomie, atteint d’encéphalite et de compression cérébrale, subit cette grave intervention inerte, sans chloroforme, et sa radiale, qui ne battait que 45 fois à la seconde, remonta à 80 pulsations dès que le cerveau fut libéré. Une femme, atteinte depuis plusieurs mois, à la suite d’une attaque d’influenza, de tachycardie, et souffrant d’un fibrome utérin, avait au contraire, à l’état normal, 140 pulsations. Sous le chloroforme, le pouls tomba à 80. Dès le réveil, il atteignit de nouveau 140. Cette malade succomba subitement, quelque temps après, à une syncope cardiaque.

Nous avons insisté, à propos des précautions préliminaires de toute opération, sur la nécessité d’administrer antérieurement au moins un purgatif énergique.

Les malades qui ont été bien purgés ont beaucoup moins de tendance que les autres aux nausées et aux vomissements chloroformiques.

Les purgations sont un précieux auxiliaire dans les suites immédiates de l’opération.

Nous n’avons jamais vu succomber, après la laparotomie, les malades chez lesquels on avait pu entretenir la liberté du ventre.

La moindre tendance au ballonnement, n’existerait-il aucune élévation de température, doit être immédiatement combattue.

Nous n’exceptons que les opérations sur le rectum ou l’anus, la constipation étant souvent recherchée en pareil cas par l’administration de pilules d’opium à dose fractionnée.

Si le ventre reste plat, la température normale et le pouls satisfaisant, il est inutile de purger avant le troisième ou le quatrième jour.

Les évacuations alvines empêchent, en dehors de tout accident péri toni tique, la distension gazeuse de l’intestin, si pénible, après certaines opérations péritonéales, par suite des coliques violentes qui accompagnent le déplacement des gaz.

Dans les cas graves, le ballonnement et la paralysie intestinale sont les premiers signes de l’imminence d’une péritonite.

La température atteint alors 38®, 5 ou 39®.

Une large application de vessies de glace sur la suture, que l’on collodionne s’il s’agit d’une laparotomie, l’administration opportune de lavements et d’un purgatif peuvent souvent en pareil cas sauver l’opéré. Le ballonnement, s’il ne cède pas, est le prélude d’une péritonite mortelle.

L’étranglement interne vrai est-il fréquent après les opérations abdominales? Nous en avons observé deux cas typiques, qui tous deux ont guéri par une nouvelle intervention.

Le plus souvent, les cas de mort que l’on met sur le compte d’un étranglement interne sont de simples péritonites septiques à

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