NÉCESSITÉ D'OPÉRER TITE ET RIEN
Exagération de la durée des opérations péritonéales.
La durée des opérations, devenue excessive pour les simples amputations des membres, se prolongea, en chinirgie abdominale, jusqu’à 5, 4, o et même 6 heures (hystérectomie, pylorectomie).
La vulgarisation de la chirurgie péritonéale fut ainsi le point de départ d’une longue période de réaction contre les procédés simples et rapides autrefois en honneur.
Les méthodes d’hésitation et de lenteur, plus accessibles à ceux si nombreux qui, sans être doués d’aptitudes suffisantes, aspiraient à devenir chirurgiens, se propagèrent aussi vite, plus vite même que l’antisepsie, et furent adoptées dans le monde entier.
Combien d’existences humaines inutilement sacrifiées pendant celte période rétrograde!
Habileté opératoire de certains chirurgiens de la période préantiseptique et particulièrement de Maisonneuve.
La conquête de l’antisepsie et l’abord du péritoine comportaient-ils ce bouleversement de la chirurgie antérieure? Assurément non. Mais il eût fallu il y a 50 ans, qu’un des représentants autorisés de la vieille chirurgie, un Maisonneuve, par exemple, fût encore assez jeune et assez ardent pour se mettre à la tête des adeptes de la méthode Listérienne et leur faire conserver des méthodes antérieures ce qu’elles avaient de bien.
Maisonneuve fut, en effet, un des chirurgiens les plus remarquables de la période préantiseptique.
pressure directe, destinés à être laissés à demeure, notamment dans les c-as d’hémorragie des artères intercostales ou méningées et des sinus de la dure-mère.
TECHNIQUE CHiaCRGICAUE.
OTRODUCTIOX.
Opérateur admirable, il étonna ses contemporains par sa hardiesse, sa présence d’esprit, son habileté manuelle.
Dès le début de mes éludes médicales, mon père, le D’’ O.Doye n, professeur d’anatomie à l’École de médecine de Reims, qui avait été son élève, aimait à me dépeindre les prouesses chirurgicales de Maisonneuve et me le donnait pour exemple : « On n’opère plus comme lui », me disait-il, et il me le montrait l’œil vif, le geste précis et rapide, extirpant seul, sans aides, en quelques instants, avec calme et célérité, un maxillaire supérieur. Le sang jaillissait dès l’incision des téguments. Le maître, imperturbable, isolait l’os de trois coups d’une cisaille dont le levier n’avait pas moins d’une coudée, et l’extirpait, comme une énorme molaire, au bout d’un davier. « Ne vous effrayez pas du sang », enseignait-il à ses élèves émerveillés ; « quand l’os tombe, l’hémorrhagie s’arrête. » Homme d’action avant tout, il fallait le voir à l’œuvre.
Il n’était pas orateur et parlait peu, mais ses courtes phrases étaient nettes, précises, et exprimaient admirablement sa' pensée.
Nous insisterons particulièrement sur la manière dont Maisonneuve pratiquait ses opérations sur les os de la face : il ne s’occupait pas de l’hémorrhagie avant d’avoir terminé le temps principal de l’opération, l’ablation de la tumeur. Plus le sang jaillissait et plus il se hâtait. L’os enlevé, il appliquait sur les principaux vaisseaux des pinces à verrou (il en avait toujours six dans sa large trousse), faisait les ligatures et suturait la peau.
Il ne s’attardait à aucune manœuvre inutile et opérait vite et simplement, ne faisant comme hémostase que l’indispensable.
Il pratiquait de même les grandes amputations, car ce n’est que momentanément qu’il tenta de les faire au serre-nœud, après avoir fracturé l’os, entre deux billots, d’un formidable coup de maillet.
Ceux qui l’ont connu se souviennent encore de ces opérations terribles et se rappellent son regard brillant, sa main habile et